‹ La grande ville (volume 2)Chapitre 80 sur 135 · S LES ARTISTES · texte numérisé non relu

S LES ARTISTES

la silhouette avec du papier et une paire de ciseaux; des artistes qui jouent de la clarinette dans la rue, d'autres qui chantent, d'autres qui dansent! C'est à n'en plus finir. Tous ces gens-là se disent artistes.

Souvent au coin d'une rue un homme qui porte un habit râpé et un chapeau crasseux, s'approchera de vous en murmurant à votre oreille :

— Veuillez obliger un pauvre artiste sans ouvrage... (pie le malheur poursuit. v. et qui en sera bien reconnaissant.

Tout en fouillant à votre gousset, vous dites à cet homme :

— Vous êtes artiste... et dans quel genre?

— Monsieur, yàiCècrit plusieurs ouvrages pour des théâtres que je leur zy ai offert et que les cabales m'ont repoussé.

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Vous n'en demandez pas davantage, et vous laissez ià cet artiste après lui avoir fait l'aumône.

Une autre fois, c'est un monsieur qui se présentera chez vous, en se disant artiste-peintre; il vous propose de faire votre portrait en une heure pour la modique somme de dix francs; il vous garantit la ressemblance ; il vous fera à l'huile ou à l'eau, comme il vous sera agréable; quant à lui, vous vous apercevez qu'il est déjà au vin.

Vous n'avez pas besoin de votre portrait, mais ce monsieur vous fait entendre qu'il a une famille, beaucoup d'enfants et très peu de pain à leur donner. C'est une chose fatale à Paris que ces gens qui n'ont que très peu de pain , aient toujours une grande quantité d'enfants. Vous vous laissez attendrir; vous demandez à cet artiste à voir quelques uns de ses portraits; mais il n'en a jamais sur lui, et pour cause.

Vous consenti1/, à prêter votre visage; l'artiste se met à l'œuvre; il vous a demandé une heure, il y est depuis plus de quatre; vous

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