LE JAROIX DES PLANTES
Quand un petil pirçon a été bien sage, quïl a bien appris ses l^ons, il dit à ses parents :
— Maman, j'ai rte bien gentil... on me mènera voir les ours. Alors la tendre mère répond en caressant le menton de son fils :
— C'est juste, mon ami, lu as bien fait tes devoirs... tu as rente sans te tromper la fable des Animaux malades de lu peste... tu mérites daller voir les ours; ton père t'y conduira.
I«e papa croise ses jambes, secoue la téïc, prend un air grave. m* caresse les tibias* et répond, en pesant ses paroles :
— Est-ce que vraiment Guguste sait parfaitement sa fable des Animait* malades de la peste'/...
— Oui , mon papa , je ne me suis trompé qu'une seule fois ; tiens, veux-tu que je te la récite, mon petil papa... de mémoire?
-Je le veux bien, Guguste; mais fais attention... si tu fais plus «le trois fautes, lu ne verras pas les ours!
210 I.K MltlUN DKS CI-ANTIS.
Cela dit, le papa se renverse d'un air grave dans son fauteuil à la Voltaire, où il se figure qu'il doit avoir un faux air du grand poète; le petit gamin commence par fourrer un de ses doigts dans son nez, peut-être pour y chercher sa fable, et il récite enfin d'une voix aiguë.
— Un mal qui répand la terreur}... la terreur... dans sa fureur... sa fureur... la terreur... la terreur!
Le papa commence à froncer le sourcil en voyant que son fils ne sort pas de sa terreur; mais le petit garçon reprend d'un air décidé :
— Tiens, mon papa, je ne sais pas absolument ma fable par cœur, mot à mot : mon cousin dit que ce sont les jierroquets qui apprennent comme cela, et je ne veux pas étudier |>our ressembler à un perroquet; mais, si tu veux, je vais te faire l'histoire de ma fable?...
— Cesl le résumé que tu veux dire, sans doute?
— Oui, enfin je vais te l'expliquer, pour te prouver que je l'ai bien comprise.
Kli bien, soit, j'y consens encore. Voyons, Gugustc, votre analyse des Animaux malades de la peste !
— Mon papa, il y a la peste dans un pays... c'est une vilaine maladie... on a mal au ventre, on est jaune, et on se tortille, n'esl- « e pas ?
— Je ne puis pas affirmer que fou se tortille... je demanderai cela au docteur; mais va toujours.
Les animaux ne se soucient pas d'avoir la peste... comme nous autres nous n'aimons pas à avoir du !>obo?
— Très bien ; poursuis.
— Il y a les plus loris animaux qui disent : Il faut que quelqu'un se sacrifie pour la peste... c'est connue quand lu dis a maman : Qui est-ce qui va a la cave aujourd'hui?
— Parfait î < onthme.
I nlin les plu* malins disent qu'ils n'ont pas fait de sollises pour