CHANTIER DE BOIS A BRULER
achalandés de la capitale; une grande partie des habitants de Paris
Taisaient le voyage de l'île Louvier, croyant y avoir du bois meilleur et à un prix moins élevé que dans les autres chantiers de Paris.
Mais l'île Louvier subit la loi du temps : elle change de locataire, de physionomie, d'aspect. On comble la petite rivière du Mail, afin de réunir l'île Louvier au continent ; on y bâtit force maisons ; c'est un nouveau quartier qui s'élève là où étaient tous ces chantiers fameux!... Je n'ai pas besoin de vous dire que les bûches ont déménagé... Il en viendra d'autres peut-être... C'est ce que nous ne savons pas.
Mais entrons dans un chantier de belle apparence... le premier venu... Nous n'aurons que l'embarras du choix.
Voilà une petite dame assez mignonne qui veut faire sa provision de bois, et qui croit qu'il n'y a rien de si simple, après avoir choisi, et être convenu de prix , que de se faire mesurer les trois ou quatre voies de bois qu'elle vient acheter. Un moment : l'action va commencer.
La mesure de la voie est placée ; le cordeur s'avance , la dame ne manque pas de lui dire :
— Cordez-moi bien, je vous donnerai pour boire.
On lui répond : « Soyez tranquille , ma petite dame! je vas vous « soigner. »
Voilà notre homme qui se met à la besogne. Jl prend les bûches , les place dans la voie avec une telle vivacité , que la pratique n'y voit que du feu. Cependant le cordeur qui doit soigner cette dame glisse dans son bois des tortillards, qui font ce qu'on appelle des chambres à louer.
La petite dame, qui aperçoit beaucoup de creux dans sa voie, veut s'approcher de son cordeur pour se plaindre. . . Mais patatras !. . . un bruit effrayant retentit à ses oreilles... Ce sont des bûches que l'on fait rouler du haut en bas d'une énorme pile... La petite dame est toute troublée par le bruit , ces bûches ont l'air de vouloir rouler