LES ENFANTS TROUVÉS SONT PERDUS
« La ville de Paris récoite tous les ans quatre mille enfants, qui ne sont fils de « personne.
« Il fut un temps où les jeunes femmes qui avaient le bonheur d'être mères, « s'empressaient d'aller déposer leurs enfants sur la neige, au coin d'une borne, « et saint Vincent de Paule faisait sa plus douce occupation de les y ramasser. « Beaucoup de devants de cheminées sont là pour attester cette touchante anec- « dote. On était, dans ce temps-là, fils de saint Vincent de Paule qui se trouva <c bientôt à la tète d'une famille florissante. Ces enfants, aguerris aux rhumes de « cerveau, prospéraient d'autant plus qu'on ne savait où les mettre, ils croissaient « et multipliaient avec une indiscrétion désolante. On leur bâtit alors un établis- « sèment où ils furent logés, nourris comme les enfants de la maison. Pour épar- « gner aux mères scrupuleuses, le soin de loger leurs fils dans la neige et autres « lieux insalubres, on ouvrit jour et nuit un bureau pour déposer les nouveau- « nés II n'y eût plus alors de raison, pour préférer la neige au tour. Mais les abus « s'en mêlèrent , et depuis saint Vincent de Paule, le chiffre des enfants n'a fait « que croître et embellir. On ne déposait pas seulement des enfants dans le « Tour, on y glissait des petites vieilles atroces. Les ivrognes , en revenant de « la barrière, essayaient d'y insérer des camarades trop indisposés pour aller plus « loin. L'administration des hospices a tenu conseil et a statué ceci :
« Le tour est supprimé.
« Mais considérant que le secret et la trop grande facilité accordée aux mères est la « cause du grand nombre d'enfants abandonnés, et que ce grand nombre occasionne « des dépenses auxquelles V administration ne peut suffire;
« Que, d'autre part, la moindre atteinte portée à ce secret, peut engager les mères à « remettre leurs enfants dans la neige ;
« L'administration promet que le secret sera fidèlement gardé aux femmes qui dé- « sirent abandonner leurs enfants; seulement, pour qu'une trop grande facilité ne « multiplie pas les abandons outre mesure, les filles ou femmes seront tenues d'aller « faire leur déclaration au commissaire de police. De là, deux agents les conduiront « à l'hospice, et quatre fusiliers les reconduiront chez leurs parents.
« On parle de joindre à ce cortège la musique de la loterie qui se trouve sans « emploi.
« Ces mesures ont produit le plus heureux résultat. Dès le lendemain de l'ar- « rêté, l'abandon a cessé. On a seulement trouvé beaucoup d'enfants sous les gout- « tières, on les jette dans les boîtes aux lettres ; on les expédie par la diligence ; « on les envoie aux directeurs des hospices sous forme de bourriches ; on les dé- « livre aux portiers par les vasistas.
« Nous espérons que ces légers abus ouvriront les yeux au conseil des hospices.»
Le roi de Hollande abdique-t-il? on annonce ainsi son abdication : « Le roi Guillaume se retire desaffaires aveccent vingt petits millions. Pauvre « sire! il a distribué, dit-on, à ses ex-sujets ses bénédictions. »
MONOGRAPHIE 1)1. LA PRESSE l'ARlSIUISNE. 1!)7
Si l'eau jaillit au puits de Grenelle, on l'accueille par des plaisanteries de ce genre qui se trouvent tous les matins à propos des événements de chaque jour :
« Les curieux qui viennent goûter l'eau du puits de Grenelle sont prévenus de « ne pas apporter de vases, car l'eau en contient suffisamment. »
Si Victor Hugo présente un nouveau drame à quelque théâtre , on en donne toujours la première scène par une charge comme celle-ci :
LANDRY
Mais, causons un peu, Monseigneur. — Il me semble Qu'avant tout, lorsqu'on va signer un pacte ensemble, Il faut, — c'est mon avis, — et je le juge bon, S'entendre sur tout point ; car, de cette façon On évite le bruit, on prévient le scandale.