ACTE TROISIÈME
GROG
Dès nies plus jeunes années, ma famille m’a desliné à la diplomatie... Alors, on m’a appris à avoir l’air froid... quand j’étais tout petit...
LA GftANÜE-DlICHESSE, souriant.
Il y a longtemps...
GROG
Oui, il y a longtemps... Quand j'étais tout petit, toutes les fois que l’on m’attrapait à ne pas avoir l’air froid, on me flanquait des coups.
Pauvre enfant I... Voulez-vous me permettre de vous donner un conseil?
GROG
Avec plaisir.
Tout à l’heure, quand le moment sera venu, quand il faudra taper sur le général Fritz, ne vous mettez pas en avant... vous seriez capable d’attraper une balafre qui vous défigurerait.
GROG
Ah I bien !
Tenez-vous derrière les autres ... quand le coup sera fait et qu’il n’y aura plus qu’à recevoir les récompenses, je ferai passer les autres derrière VOUS... (Grog fait nn petit mouvement des lèvres.) Qu'est-ce que vous avez ?... Vos lèvres viennent de faire un petit mouvement... comme ça. (Elle t’imite) Chez un autre, ça ne serait rien... mais chez vous ça doit être un éclat de rire.
GROG
Juste I
Comme je vous connais déjà ! Qu’est-ce qui vous fait rire autant que ça, dites-moi ?
GROG
Je ne peux pas.
Pas mon ami, alors ?
GROG
Si fait.
Eh bien ?
GROG
Il y a une heure, vous trembliez pour la figure du général Fritz... maintenant, vous tremblez pour ma figure, à moi...
LA GRANDE-DUCHESSE, louriant, à part.
C’est vrai pourtant.
GROG
Si l'on était avantageux, si l’on voulait tirer des conséquences...
Chut!,,, faut pas!...
GROG
Non.
Ne parlons pas de ça.
GROG
Si nous parlions de mon princô ?...
LA GBAND E-DUCHESSE.
Tout à l’heure. — Qu'est ce que vous êtes là-bas... là-basà la cour de votre maître ? — Chambellan ?
GROG
J’ai aussi le grade de colonel, au palais seulement.