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suivant nos résultats et nous les analyserons ensuite.
Nous voyons clairement par les exemples qui précèdent, que les cellules à granulations azurophiles ont en réalité une sensibilité chimiotactique négative indiscutable vis-à-vis de la morphine, et peut-être plus accusée que d’autres cellules sanguines. Dans le premier exemple, nous voyons que,. même que la narcose de l'animal fut profonde, la diapédèse ou la translation de ces cellules sanguines étant presque abolie, on trouvait seulement dans le sang 1.976 par millimètre cube, tandis qu'avant l'expérience on trouvait 3.29, c'est-à-dire que le tiers à peu près avait disparu de la circulation. Mais la question n’est pas là : les cellules à granulations azurophiles sont-elles les seules disparues ? Dans cette période nous pouvons constater que la diminution de ces cellules a été accompagnée par la diminution d’autres cel-lules sanguines, ainsi les polynucléaires ampho-oxyphiles ont disparu dans la même proportion et relativement le pourcentage de l’une et de l’autre est diminué à peu près de 1,42 p. 100; par rapport à 100 cellules mononucléaires, de 3 p.100, pour les azurophiles: cela veut dire qu’il existe à peu. près les mêmes proportions de cellules mononucléaires à granulations azurophiles. Maintenant, 3 heures après l'injection, lorsque le maximun de la narcose était atteint, nous constatâmes un fait très net et d'autre part le contraire de ce qui: a été constaté par quelques auteurs. Les cellules, polynucléaires ampho-oxyphiles avaient augmenté jusqu’à atteindre un nombre plus que du double du nombre avant l'injection, tandis que les cellules mononucléaires contenant la granula-tion azurophile avaient diminué effectivement, aussi bien par millimètre cube de sang que dans leurs proportions relatives, . diminution de 1.081; pour 100 cellules mononucléaires de 10 p. 100 et par rapport à 100 globules blancs de plus de 17 p. 100. Si nous interprétons ce fait, nous pourrions penser que l’action du narcotique avait déjà cessé complètement ou.
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que la dose injectée avait produit un effet contraire, en causant une irritation des organes hématopoiétiques ou une vaso-dilatation, mais cela n’a rien à voir avec le fait que les cellules à granulations azurophiles avaient diminué dans le tissu sanguin; pour ces cellules le chimiotactisme fut certain, elles furent plus sensibles à l'action de l'agent. On pourrait penser que les cellules à granulations ampho-oxyphiles plus actives ou plus résistantes ne furent pas atteintes aussi profondément, mais la question qu’en se produisant une considérable prolifération des cellules polynucléaires, les organes leucopoiétiques furent capables de produire cette seule espèce de cellules, pendant que les autres restaient un nombre inférieur ; tout de même, le nombre de cellules à granulations azurophiles était inférieur, à la normale, ce qui prouvait la sensibilité de ces cellules en présence d’un agent non propre à sa vie ou à ses fonctions. D'autre part, on peut voir que ce ne sont, pas seulement les cellules à granulations azurophiles qui sont en nombre inférieur, mais aussi les cellules mononucléaires sans cette granulation. Peu nous importe cette diminution totale, mais le fait qui doit retenir notre attention est, qu’au lieu d’avoir sur 100 cellules mononucléaires, 38 avec la granulation azurophile, comme à l'état normal, il y en avait à ce moment seulement 28. On peut voir aussi qu'une demi-heure après l'injection, les cellules mononucléaires sans granulations azurophiles n'avaient pas diminué de la même façon que celles qui contenaient la granulation.
Dans le second exemple nous trouvons encore plus nettement l’action de l'agent narcotique et nous voyons que le résultat était à peu près le même, seulement ici on constate que les cellules mononucléaires sans granulations azurophiles ont suivi à peu près les mêmes variations numériques que les cellules à granulations ampho-oxyphiles, presque de même les cellules à granulations mono-oxyphiles. Pourtant on voit
que les cellules à granulations azurophiles par millimètre cube, 2? heures 3/4 après l'injection, lorsque l'animal a été dans son maximum de narcotisation, avaient diminué de moitié et relativement par rapport à 100 cellules mononucléaires de 12 p. 100.
Dans le troisième exemple ce résultat est encore plus prononcé, et nous aurions pu donner d'autres exemples de ce que nous avons obtenu dans d’autres expériences, mais ces trois nous ont paru suffisants, puisque tous les autres sont superposables. AE |
D'autre part, qu'est-ce qui s’est passé dans la cavité péritonéale? Tout à fait les mêmes résultats que dans la circulaton périphérique, c’est-à-dire, la diminution du nombre des cellules à granulalions azurophiles exclusivement, pendant que les autres cellules restaient dans les mêmes proportions à peu près.
Dans ces exemples il y a encore un fait à constater : les cellules à granulations mono-oxyphiles dans les trois cas se comportaient presque identiquement comme les cellules à granulations azurophiles; deux heures et demie à trois heures après l'injection, toutes ces cellules avaient disparu ou diminué, ou n'étaient pas augmentées. D'autre part, nous voyons en ce qui concerne chaque forme de cellules mononucléaires, que dans les deux premiers exemples où la réaction cellulaire $’était produite trois heures après l'injection, ou avait, disparu l’action du narcotique sur les cellules polynucléaires, qu'en réalité les organes hématopoiétiques étaient intervenus, puisque dans le sang il y avait des cellules jeunes, cellules leucoblastiques à granulations azurophiles dans le premier cas, et dans le troisième cas sans cette granulation.
Nous voyons d’autre part que dans les trois exemples, aussi bien les cellules microlymphocytaires et monocytaires, celles qui portaient la granulation azurophile avaient diminué pro-
portionnellement et sans préférence pour les cellules lymphocytaires ou monocytaires.
Si nous admettons avec Cantacuzène (comme il l'a établi dans ses expériences) que le chimiotactisme négatif apparaissait d'abord en arrêtant la diapédèse, le tagmotactisme ou toute autre sensibilité demeurant intacte et ne disparaissant
ave plus tard, nous devons convenir, d'° après nos expériences, -qu'en réalité 3/4 d'heure après l'injection, le chimiotactisme négatif existait, mais pour les cellules à granulations azurophiles il n'y avait déjà plus de mobilité au bout de 2 heures 3/4, le contraire pour les autres cellules. Aussi avons-nous le droit de conclure que les cellules à granulations azurophiles ont été les plus sensibles d’une façon, mais aussi les moins actives pour réapparaître dans la circulation, ainsi que dans la cavité péritonéale.
En continuant nos recherches pour voir si en réalité ces cellules avaient passé dans un autre organe, nous avons trouvé ce qui suit : dans le tissu splénique et dans le tissu de la moelle osseuse, les cellules à granulations azurophiles étaient plus abondantes qu'à l’état normal, dans l’épiplon également, mais dans les cellules de l’endothelium vasculaire et dans le tissu ganglionnaire, leur absence était complète. Cela nous montre que les cellules à granulations azurophiles étaient réfugiées dans les organes précités et qu’au dernier moment elles ne furent plus suffisamment mobiles pour pâsser dans la circulation périphérique. En tous cas, un autre phénomène a dû se passer dans ces cellules, phénomène que nous tâcherons d'étudier dans la suite.
Prenons maintenant un autre agent capable d'exercer un chimiotactisme négatif sur la cellule sanguine, par exemple, la quinine. Les travaux de Metchnikoff, de Binz, de Gabretschewsky, comme nous l’avons déjà dit, ont démontré que la quinine à certaines doses repoussait généralement les globüles blancs, ce fait étant plus ou moins net suivant le
degré de concentration de la substance {Grunspan et Wilson). Les expériences de Vincent ont confirmé ces faits, ainsi que celles de Binz, Schawenbroich qui, avec 3 grammes de quinine absorbés par un sujet de 60 kilos, abaissait d’un quart la proportion des cellules sanguines, abaissement qui dura plusieurs heures. Dans le même ordre d'idées, chez la grenouille, une dose égale à 1 par 5.000 de son poids, produisait la paralysie des globules blancs qui arrêtait la diapédèse, fait” confirmé par Zahn et Kohler, Jerusalemski, Maurel et contesté par Hayem. Vincent constate aussi avec une injection de 60 centigrammes, au bout de 20 à 30 minutes un abaisse- ment de 3 à 5.000 globules blancs, une heure après, 3 à 4.000, 7 heures après 1.000, et 24 heures après, le chiffre revenait à la normale ou un peu plus élevé.
Maurel constata qu'une concentration de 1 p. 100 de bromhydrate de quinine immobilisait les globules blancs du sang, la dose de 27 cenligrammes p. 100 les tuait; Binz, Dusselhorst, en arrosant le mésentère de la grenouille avec une solution de quinine, immobilisaient seulement les globules blancs et ils virent la diapédèse de ces globules blancs s’arrêter; tous ces phénomènes étaient expliqués par Metchnikoff comme étant la conséquence d’un chimiotactisme négatif.
En présence de ces faits, nous avons procédé comme avec la morphine, et partant des données précédentes, nous avons fait absorber à différents sujets une dose de 30 à 35 centigrammes de chlorhydrate de quinine; nous avons aussi injecté à des cobayes, par la voie intra-péritonéale, une dose variant de 8 centigrammes par kilo jusqu'à 14 ou 15 cenligrammes. Le prélèvement de sang a été effectué à différentes périodes, c’est-à-dire lorsque l’élimination de la substance commençait, lorsqu'elle atteignait son maximum et lorsqu'elle avait été éliminée complètement.
Dans le tableau XVIII nous donnons les résultats obtenus sur quelques sujets; ils peuvent servir comme exemples.
Les conclusions données pour le premier tableau peuvent se donner aussi, à peu près, pour le second, mais il ya quelques détails qu'il nous faut retenir. Nous voyons chez le premier, le deuxième et le quatrième sujet, le nombre total des globules blancs rester presque invariable, le nombre des cellules à granulations neutrophiles ainsi que les cellules monooxyphiles, aussi bien 3/4 d'heure après l’ingestion que 5 heures après, tandis que les cellules à granulations azurophiles restaient dans une proportion (par rapport à 100 globules blancs et par millimètre cube) presque invariables 3/4 d'heure après; 9 heures après, la diminution était assez sehsible ; les cellules mononucléaires sans granulations azurophiles, au contraire, se montraient indifférentes à l’action de la quinine elles restaient dans le sang circulant, puisque leur nombre ne diminuait pas par millimètre cube. Dans le troisième exemple nous constatâmes que s'il y avait chimiotaciisme pour les cellules à granulations mono-oxyphiles et neutrophiles, les cellules à granulations azurophiles restaient dans une quantité par millimètre cube presque pareille, mais il faut observer que sur 100 cellules mononucléaires il y en avait 8 de moins avec cette granulation et que seules les cellules mononucléaires sans granulations azurophiles restaient dans un même nombre. Naturellement, cette invariabilité de ces cellules à été due à la diminution des cellules neutrophiles et mono-oxyphiles et en tous cas on voit qu'ont disparu quelques cellules à granulations azurophiles.
Si nous passons maintenant au 9° exemple, nous trouverons un fait tout à fait différent 5 heures après l'ingestion de la quinine : les cellules à granulations neutrophiles, soit relativement ou totalement, au lieu de diminuer, avaient augmenté de 19 p. 100 à-peu près, c'est-à-dire qu'il ny a pas eu pour ces cellules un chimiotactisme négatif, tandis que pour les cellules à granulations azurophiles ce chimiotactisme a été net; on peut constater la diminution de ces
POURCENTAGE RAPPORTÉ A 100 MONONUCLÉAIRES
M. 32 ans avant l'expérience. 7 3/4 heure après ingestion de quinine 5 T5 ve
5 jours l —
M. 64 ans avant l'expérience . DL après
M. 39 ans avant l'expérience 3/4 heure après 5 ae
5 jours => {
Mile 23 ans avan l'expérience de heure après
à jours — »
Mlle 26 ans avant l'expérience 3/4 heure après 5 pur
5 jours —
M, 44 ans avant expérience Le heure après 37°5 (temp.) — 3805 (temp) n jours —
Cobaye 720 gr. avant l'expérience [4 h. après inj. 0.08 c. quinine
‘Cobaye 630 gr. avant l'expérience 3/4 heure après
MICROLYM- MÉSOLYM- MONOCYTES PHOCYTES PHOCGYTES CE UC ES D D $!
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cellules de 8 p. 100 et par millimètre cube, de près de 400.
Dans le 6° cas, il y a -un autre fait intéressant à observer : on voit que toutes les cellules restent indifférentes à l’action de la quinine et que leur nombre dans le sang circulant demeure le même par millimètre cube et dans les mêmes proportions. Ce fait nous prouve que la cellule à granulations azurophiles peut, aussi bien que les cellules avec d’autres granulations, rester indifférente à l’action d’une substance capable dans d’autres circonstances de produire un chimiotactisme négatif.
Ce fait avait déjà été observé par quelques chercheurs, que la quinine pouvait dans certains cas produire un chimiotactisme contraire ou ne rien produire, et nous l'avons nettement constaté. Peut-être cela tient-il à une plus ou moins grande sensibilité du sujet à l’action de cette substance, ou peut-être y avait-il une autre cause que nous pourrons expliquer ulté-
rieurement : le sujet en question commençait à avoir une
réaction fébrile.
D'après les expériences sur le cobaye on peut constater exactement les mêmes faits, c'est-à-dire, tandis que les cellules à granulations azurophiles ont montré 5 heures après l'injection de quinine une sensibilité accusée pour s'éloigner de cette substance, les cellules à granulations ampho-oxyphiles sont restées presque indifférentes parfois; d’autres fois elles ont suivi les cellules à granulations azurophiles.
Nous allons voir si, en nous servant d’autres agents capables de produire une chimiotaxie des cellules polynucléaires neutrophiles et mono-oxyphiles principalement, les cellules à
* granulations azurophiles manifestent une sensibilité tactique à l'égard de ces agents.
Nous avons déjà parlé de l'influence du chloroforme sur les globules blancs ; les travaux de Massart et de Bordet ont confirmé que la chimiotaxie est suspendue par l’absorption du cloroforme ; Maurel, Benasi aussi, ont confirmé cette