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Nous avons vu que bien qu’un nombre presque constant de cellules mononucléaires du sang portent cette granulation et que celle-ci ne se trouve que dans les cellules à un seul noyau, sa présence n’est liée en aucune façon à la structure histologique de la cellule ni à son degré de développement, comme il arrive pour la cellule polynucléaire avec ces granulations neutrophiles,ampho-oxyphilesoumono-oxyphiles. D’autrepart, une cellule mononucléaire développée, qui à certains moments ne présente pas de granulation azurophile, peut plus tard en présenter ; nous avons vu également que la cellule mononucléaire dans son premier état de développement peut présenter la granulation azurophile, tandis que la granulation neutrophile, la granulati onmono-oxyphile, apparaissent après certains états de l’évolution de ces cellules qui vont se définir définitivement comme cellules polynucléaires. La granulation azurophile ne peut pas non plus nous indiquer l’évolution morphologique de la cellule où elle se présente, elle ne peut pas nous indiquer non plus, si la cellule mononucléaire d’orioine, lymphoiïdocyte, où elle se trouve parfois, sera plus tard cellule microlymphocytaire ou monocytaire, avec granulation azurophile ou non.
Dans les organes hématopoïétiques on peut bien se rendre compte jusqu’à un certain point des cellules qui vont devenir cellules polynucléairesneutrophilesoumono-oxyphilesetmême basophiles, cela n'arrive pas avec les cellules qui contiennent la granulation azurophile ; dans la prolifération de ces organes nous savons aussi qu'il y aura une augmentation de cellules neutrophiles où oxyphiles dans le sang, mäis nous ne savons absolument pas s’il va y avoir une augmentation de cellules à granulation azurophile, puisque nous savons bien que la présence de la granulation azurophile n'est pas liée à cet état fonctionnel de la moelle, même s'il doit se produire une prolifération du côté des cellules mononucléaires.
De cette facon d’abord, il est bien net que la granulation
azurophile ne peut pas êlre considérée comme une granulation vraie identique aux granulations des cellules polynucléaires. Par conséquent, la cellule mononucléairé à granulation azurophile, si elle est d’abord une cellule qui ne diffère pas dans son origine des autres cellules sanguines, dans un degré plus avancé de leur évolution, diffère nettement des cellules polynucléaires, aussi bien par ces granulations, donc, la cellule à granulation azurophile n’est pas un granulocyte au sens propre du mot.
Nous allons voir maintenant si elle diffère de autres cel- Jules mononucléaires de la même série qui ne portent pas celte granulation, ou si elle diffère d'après son origine lymphatique ou myéloïde.
Les opinions émises par différents hématologistes à propos de la cellule à granulation azurophile ou particulièrement de cette granulation, ont été nombreuses et assez intéressantes. Pour Pappenheim et ses élèves la granulation grossière rouge violet semble appartenir aux cellules myélocytaires, les granulations azurophiles rouge vif aux cellules lymphocytaires et aussi aux lymphoïdocytes. Pour les partisans de la doctrine dualiste, la granulation azurophile serait propre seulement aux cellules Iymphocytaires et l’autre granulation monocytaire serait une granulation neutrophile ou une granulation spéciale propre à ces cellules, elle sera azurophile facultativement, mais non spécifiquement. Dans ces deux opinions on voit la préoccupation d'avoir une base pour appuyer l'origine et l’évolution qu'on a voulu attribuer à la cellule sanguine, suivant que l’auteur est uniciste ou dualiste
Avec une technique appropriée qui puisse permettre d'établir une différence purement histologique de la cellule sanguine, nous avons pu nous convaincre que la granulation azurophile n’est pas propre n1 visible exclusivement dans les cellules Iymphocytaires, ni dans les cellules monocytaires, qu'il s'agisse du développement dans le sens lym-
phatique ou myloïde; nous avons pu constater qu'elle se voit aussi bien dans unlymphocyte que dans un vrai monocyte du sang normal ou anormal et que toutes ces cellules peuvent présenter déjà une granulation rouge vif comme une granulation violet rouge mat, indistinctement. La granulation azurophile nous avons pu la constäter et nous n'avons pas pu établir de différence, aussi bien dans les lymphocytes que dans les monocytes de la rate, de la moelle osseuse et des ganglions lymphatiques et non seulement dans ces cellules, mais aussi dans d'autres tissus où on ne pourra pas penser qu'elles vont évoluer dans un sens lymphocytaire ou myélocytaire.
Si nous avons trouvé que la granulation azurophile n'est pas propre exclusivement à une espèce cellulaire quelconque, mononucléaire, nous avons trouvé aussi qu’elle n'est pas spéciale ou propre à une variété quelconque de lymphocytes ou de monocytes appartenant aux cellules lymphoïdes ou myéloïdes. Nous avons eu soin dans nôtre étude de faire la classification morphologique la plus stricte possible, d'après tous les détails morphologiques et structuraux du noyau et du cytoplasme, el on peut voir par nos tableaux et d’après notre classification, qu'aussi bien dans l'une ou l’autre variété cellulaire, la granulation azurophile peut être visible.
D’après tout cela on peut conclure que morphologiquement les cellules à granulation azurophile ne diffèrent pas des autres cellules mononucléaires : on ne peut pas dire que c'est une cellule jeune ou âgée, d'après la granulation, ou que c'est une cellule d’origine lymphatique ou myéloïde, et pas davantage si elle appartient à tel ou tel tissu de l’organisme. |
Pourquoi alors des cellules de même origine ‘et de même forme, tout à fait identiques, portent-elles les unes la granulation et les autres pas? Si nous devons attribuer certaines formes et struclures cellulaires à certains états fonctionnels
de la cellule, ce qui est à notre avis {rès plausible, d’après les diverses opinions d’éminents physiologistes, il paraîtra que la granulation azurophile est plutôt propre à un de ces états fonctionnels, c'est-à-dire à ces états morphologiques de la cellule dans certain degré d'activité fonctionnelle. Mais même ainsi, nous voyons que d'après la morphologie nucléaire et cytoplasmique, on ne peut pas comprendre comment il y a des cellules qui ne portent pas cette granulation. Aucune technique ne nous a permis de mettre en évidence des différènces morphologiques ou structurales plus intimes du noyau ou du cytoplasme; peut-être de cette façon aurait-on pu trouver une différence, mais si nous nous rapportons aux faits physiologiques et à la façon dont se produit la granulation azurophile, nous serons obligés d'accepter que ces cellules qui ne portent pas les granulations, tout en étant identiques morphologiquement et parfois physiologiquement à celles qui les portent, ou l'ont portée et sont dans un état d'inhibr” tion passagère.
Plus hypothétiquement, la formation de la granulation azurophile est peut-être fonction de la nécessité pour l'organisme de maintenir uh équilibre molléculaire fixe de certains éléments, ou peut-être cette formation obéit-elle à une loi constante de sécrétion cellulaire. En tous cas la cellule mononuceléaire qui porte la granulation azurophile n’est pas morphologiquement différente des autres cellules mononucléaires: elle est seulement physiologiquement différente parce qu'elle est dans un état d'activité fonctionnelle secrétoire, probablement, ou fonctionnelle azurophile spéciale.
Il nous faut ajouter toutefois un mot sur la cellule qu'on trouve dans le sang au cours de la leucémie myéloïde chronique et qui porte une granulation azurophile grossière, abondante et presque noirâtre. Cette granulation est la seule propre à ces cellules ou à ces élats leucémiques et nous n'avons trouvé pareilles granulations dans les cellules de la
même espèce (promyélocytes) dans la moelle osseuse. Nous.
n'avons pas trouvé dans d'autre sang anormal ces promyélocyles avec celle granulation et c’est pour cela que nous avons considéré cette granulation comme une granulation atypiqueet exclusivement propre aux promyélocytes qu'on voit dans. le sang de la leucémie myéloïde. Peut-être s'agit-il, dans ce cas, d’une activité croissante de la cellule promyélocytaire qui doit remplir la fonction azurophile et sa transformation
ou son évolution vers la cellule neutrophile, en tous cas.
cela ne se constate que dans ces états leucémiques. Nous. avons pensé d'autre part, que puisque nous ne trouvons ni chez l’homme ni chez les animaux que nous avons utilisés dans. nos expériences, à l’état normal ou anormal, ni dans le sang, ni dans les organes hématopoiétiques, ou dans d’autres tissus, des cellules promyélocytaires avec celte granulation, que peutêtre il s'agirait dans la leucémie myéloïde, en plus des rai- Sons que nous avons données, de la production d'une plus grande quantilé de substance azurophile.
Entin il nous paraît que la nature de la cellule à granulation azurophile est la même en apparence que celle des autres. cellules mononucléaires de la même morphologie ; que la granulation azurophile ne parait pas servir à distinguer l’origine ou l'espèce de la cellule qui la contient et qu’elle ne peut pas: non plus nous dire l’évolution finale de la cellule Jeune mononucléaire, non plus que son âge; il nous semble enfin: qu'au lieu d'appeler ces cellules à granulations azurophiles, elles devaient être appelées cellules à fonction azurophile.
Origine et nature de la granulation azurophile. — Trois questions se posent d’abord dans cette étude : 1° A quelle époque de la vie commence à se présenter la granulation azurophile; 2° Dans quels organes se présente-t-elle d’abord à et 3° Dans quelle partie de la cellule prend-elle origine. Dans. le noyau ou dans le cytoplasme? Quelle est sa constitution. intime ? |
Si quelques auteurs nous ont parlé de l'origine cellulaire de la granulation azurophile, ils ne nous ont pas dit à quel moment de la vie elle apparaît ou dans quel tissu en premier lieu. Dans toutes les études de la cellule à granulation azurophile nous trouvons qu'elle se présente dans les cellules originaires ou primordiales, lymphoïlocytes de Pappenheim, déjà dans le sang ou dans les organes hématopoïétiques ; nous avons voulu chercher si dans l’origine plus élémentaire de ces cellules, celle de la granulation peut s'y produire, tout cela sans dire d'ailleurs l’origine embryologique de la cellule. |
Pendant la période embryonnaire, où existent déjà les cellules qui vont se différencier d'après Maximow, Ferrata, et Pappenheim, dans le sens hémoglobique ou leucocytaire, on pourra penser que la granulation azurophile peut se trouver dans ces cellules puisqu'elle se trouve déjà à une période du développement fœtal dans les, cellules primitives sanguines.
L'examen d'un embryon de cobaye de, 4 à 6 millimètres n'est pas facile (ne serait-ce que par la difficulté d’avoir des embryons à cette période). Nous avons pu examiner une seule fois les cellules primitives de cet embryon et nous n'avons jamais pu constater aucune trace de granulation azurophile.
Ces cellules à cytoplasme fortement basophile, à noyau clair, pauvre en chromatine, grandes, tantôt avec un cytoplasme large, tantôt avec un cytoplasme étroit, ne laissent pas voir une granulation quelconque. Nous ne croyons pas que la visibilité de la granulation azurophile soit masquée par la forte basophilie du cytoplasme, parce que dans des cellules primitives originaires de la moelle osseuse, après la naissance ou même à une période proche de la naissance, avec une forte basophilie, nous avons pu constater la granulation azurophile et la seule différence morphologique que nous ayons trouvée entre ces cellules dans ces différents
moments, a été dans les noyaux; dans les cas où les noyaux étaient très pauvres en chromatine et étaient contenus dans un cytoplasme fortement basophile, très exceptionnellement nous avons trouvé la granulation azurophile; à notre avis ces cellules seraient des cellules qui se développeraient dans le sens hémoglobique.
De cette façon done, dans ces phases que Ferrata considère en ce qui concerne la formation des cellules sanguines comme phases promégaloblastiques, la granulation azurophile n’est pas encore constituée, d’après nos observations. Dans les périodes embryonnaires suivantes, il nous a été impossible de faire des observations,, nous ne savons pas si pendant ces périodes la granulation azurophile a commencé à être visible; toutefois il est possible qu'on puisse en trouver dans ces périodes embryonnaires, dans une phase hématopoiétique, où on rencontre des cellules semblables à celles qu'on voit à une période antérieure et d'autres plus différenciées dans le sens érytoblastique, déja lorsque le tissu hépatique a commencé à prendre des fonctions hématopoiétiques, puisque déjà des cellules avec des granulations basophiles commencent à apparaître.
Les examens embryologiques qui ont été plus difficiles à réaliser dans notre étude, nous ont décidé à chercher à une période pré-fœtale, c’est-à-dire la dernière de la vie embryonnaire. Sur des embryons de cobaye de plus de 3 centimètres (qui correspondent d'après Retterer à une vie intra-utérine de plus de 30 jours) nous avons fait nos examens sur des cellules du tissu du pli inguinal et sur des cellules des tissus hépatiques et splénique, où on trouve déjà de vraies cellules lymphatiques. Nous avons pu constater les cellules décrites par Retterer, cellules unicléaires à protoplasme achromophile où se distingue nettement un hyloplasme achromophile qui est compris dans un réticule coloré. Dans ce tissu réliculé où se trouvent des cellules lymphocytaires, ou
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1 Tapgts
plutôt lymphoïdocytaires primitives, nous avons trouvé, dans une seule cellule, une granulation azurophile. Dans d’autres
cellules à protoplasme plus large avec forte basophilie, les
granulations azurophiles étaient plus facilement trouvables. C'étaient des granulations de la même forme et de la même teinte que les autres granulations trouvées après la naissance. Dans les cellules du tissu hépatique nous n'avons trouvé aucune granulation azurophile, même dans la rate, où commencent à paraître des cellules qui semblent se différencier dans le sens des cellules oxyphiles, nous n'avons trouvé que très rarement une ou deux granulations. |
À une période plus avancée, déjà fœtale définie, où sont constituées presque définitivement tous les tissus organiques, deux jours avant la naissance, nous avons trouvé la granulation azurophile (voir notre étude histologique). Nous répétons ici que cette granulation a été trouvée très facilement dans les cellules du tissu splénique, lymphocytes et monocytes, plus abondamment que dans d’autres tissus. Nous n'avons rencontré ni la forme ni l'abondance de la granulation azurophile trouvée par Negreires Rinaldi dans les magacaryocytes de la vie fœtale, nous avons toujours trouvé deux ou trois granulations dans ces cellules, identiques à toutes les autres granulations azurophiles. D'après les résultats de nos recherches nous ne pouvons pas fixer avec précision la période où commence à paraître la granulation azurophile, mais il nous semble que son apparition commence dès la formation de la cellule blanche leucocytairé, avant même le premier moment où nous l'avons trouvée.
La seconde question : dans quels organes se présente d'abord la granulation azurophile, nous a été également impossible à résoudre; on peut supposer seulement d'après son abondance dans le tissu splénique du fœtus, qu'elle apparaît en premier lieu dans la rate.
Il nous reste maintenant la question plus intéressante à