‹ La Grappe de raisonChapitre 107 sur 196 · CONSENTEMENT · texte numérisé non relu

CONSENTEMENT

Du haut du perron sombre ainsi qu'un soir d'automne

On domine le lac, et on songe à mourir.

Le souffle doré du soleil vous environne

Un temps, et voici la nuit qui vous vient chérir.

Voici la nuit qu'un cygne au fil de l'eau précède, Un cygne, dont le sillage va prolongeant A l'infini les ailes en deux lignes tièdes Dont la molle douceur rassérène les sens.

PEAGE

La rivière est quasi desséchée sur qui croule Ce pont, qu'à chaque bout défend un noir portail ; Ses balustres sont las des branches qu'y déroule Une glycine enlaçant leurs bras de corail.

Un cavalier parfois descend de sa monture, Comme ce soir je l'ai fait, et négligemment Jetant à bas manteau, chausses, gants et coiffure, Du haut de ce vieux pont plonge dans l'eau d'argent.

GIBOULEE

Au départir du mois d'Avril aimer la pluie, A l'hiver méconnu consacrer un grand feu Dans l'âtre glacial et recouvert de suie, Prêter l'oreille aux voix du concert ténébreux

Qu'unit la bûche ardente au trille de l'averse, Songer qu'un maigre cœur dans les pleurs et les cris Se satisfait, qu'en peu de cendre il se disperse Comme un tison chenu, de souvenirs transi

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