‹ La Grappe de raisonChapitre 120 sur 196 · IMPRECATION · texte numérisé non relu

IMPRECATION

O nuit d'hiver, ô nuit qui n'as jamais aimé, Et du crâne d'un mort creuse obscurité vide, De ta myrrhe longtemps je me tins embaumé, Quand j'étais un vieillard amoureux de ses rides.

Mais j'aime, je renais, je clame le printemps, Et loin de mes amours, qu'a l'ombre emprisonnées, Je me consume en vain, des lèvres déchirant Un pain quotidien fait de feuilles séchées.

ECLAIRC1E

L'eau t'appelle son lys et le lys sa colombe, La colombe sa neige et la fleur des pommiers, Quand tu déclos ta porte, aux mains du soir retombe Pour entraver ta marche et combler les sentiers.

Cependant que le fantôme du dieu jaloux

Se lève du néant pour te mieux décrier

Et que je cherche, ayant de pleurs couvert ta joue,

Entre tes jeunes seins le vieil espoir d'aimer.

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