II
“Mon Premier Livre” a été approuvé parce:
qu'il couvre la inatière de première année et qu'il inaugure, pour nous, une nouvelle forme de disposition · de matière, dite forme concentrique. Est-ce à dire que le livre soit parfait ? À ce compte aucun livre ne serait approuvé.
Cet ouvrage est le sujet de bien des remarques, plus ou moins favorables,
- Matériellement, “Mon Premier Livre“ an-
once un gouvernement pauvre, très pauvre, Pauvre en effet cette reliure de “n’y touchez as“; pauvre ce grand format aux mains de si —— enfants; pauvres ces cartes géographiphes illisibles pour des enfants ; pauvres ces gravures dont plusieurs sont propres à dépraver le goût et à faire frissonner les artistes, On demandera des arbres, des fleurs, autour de l'école, et on souffrira dans l'école, sous les yeux des élèves, hiver comme été, des dessins d'aussi mauvais goût. Plusieurs de ces gravures sont incomplètes duns ce qu'elles énoncent (L 44, 49 ; 11. 84.)
Beaucoup de questions se présentent ici à notre esprit. Pourquoi l'emploi exclusif de l'écriture droite ? Pourquoi dès le principe, tant de formes typographiques ? Les formes mauuscrites sont-elles bien à leur pluce dès les premières pug-s ? N'est ce pas aller beaucoup trop vite en besogne ? L'enfant est il assez fort pour faire sitôt la comparaison de la manuscrite à la non manuscrite? La beso teillée pour une semaine, sur les sons, articulations ou syllabes, n'est-elle pas de beaucoup trop considérable ? Pourquoi des exercises si longe et par suite si fatigants, de la page 37 à la page 51, eto? Pourquoi dès les premières leçons des mots si peu en usage, comme :
Kabyle, hélice, rixe, etc? Que penser de l'utilité pratique des procédés illu p. p. 36, 49, 64, 55? Veut-on réellement . „en
essai de lecture, des exercices sur l'arithméti. que? Comment l'enfant s'entendra-t.il à lire, 2, II. que Jacques-Cartier s’'embarquait à Nint. lia en 1534, lui qui ne sait encore compter que jusqu'à 207 Les not- G lag giques, qui ne regardent que le maître, sont. : elles assez séparées du texte pour ne poiut tromper l'élève ? Pourquoi des noms de villes dans la carte des provinces ? Pourquui le Maine dans la carte de Ma Patrie ? Pourquoi.
tant de personnages caundiens avec détuils indifférents à la première éducation, on trop élevés pour de jeunes enfants ? A qui bon tant de sujets di: rates ? Le petit enfant ne dost-il pas s’instruire de préference sur les personnes qui l'entourent et sur les devoirs qu'il doit immédiatement pratiquer:f N'est. : ce pas trop tôt matérialiser sa petite âme, âme pure si capable Ge saisir le côté moral et niêine surnaturel des choses ? Plusienrs leçons d’histoire sainte et plusieurs leçons de choses ne manquent-elles pas de simplicité et n'exigent. elles pas trop d'explications ? Pourquoi mêler toutes les matières, et ne pas mettre ensemble les leçons d'histoire, ensemble les leçons de raphie, ete ? Cette interruption perpétuelle, cette matière qui commence et ne finit jamais, ce va-et-vient, en un mot, n'est-il pas contre la nature des choses ? Le jeune enfant surtout ne retient il pas l'unité de lieu, unité
qui lui re la place des choses et leur
e en EP Ali. dons Je. 28 AR: |
contre le principe “da connu à l'inconnu”?
Puisqu 'on voulait mêler ainsi les
rq ne pas avoir donné une table des matières ?
A plusieurs Questions, on répondra : “C'est
trique qui le veut ainsi. Il un peu, dans le cas où un élève sortirait après un an d'école.”
Nous répondons qu'un programme de cours élémentaires ne se fuit pas par rapport aux exceptions qui sortent en 1ère année : ce serait subordonner le genérul au particulier. Cette
le rédacteur de la “Patrie”: c'est fâcheux, un si doux agneau ! I] s'écrie en effet (“ Patrie” du 10 septembre) : “Ce qui est clair et compris, c'est qu'il est matériellement impossible Pour ua jeune enfant qui entre à l'école de Parcourir et d'approfondir. la matière de deux manuels in octavo de plus de 100 pages chacun...” Ce témoignage, bien qu'exagéré (il y à 60 pages de gravures) dit cependaïst quelq chose. M. Langlois a voulu conclure que le livre était fait pour 3 ans de cours : ga n'a pes mordu !
groupe sérieux d'instituteurs, Pour eux, comme pour nous, “Mon Premier Livre” n'est
un livre réussi, en dépit du talent incontestable de MM. Magnan et Abern.
Le Gouvernement ne pouvait leur donner ce qu'il n'a pas, la grâce d'état, Une application beaucoup trop large de la forme concentrique, à des élèves de première année de cours explique aussi cet insuccès.