‹ La greffe et la taille des rosiers: remontants, non remontants et grimpantsChapitre 13 sur 17 · ROSIERS A FORCER · texte numérisé non relu

ROSIERS A FORCER

Nous ayons parlé des Rosiers destinés auxforceries. Voici un choix de variétés affectées à cet usage ; la plupart ont été recommandées par le Congrès de la Société française des Rosiéristes.

Hybrides.

Anna de Diesbach.

Baronne Adolphe de Rothschild.

Captain Ghrisly.

Frau Karl Druschki.

Général Jacqueniinot.

Gloire de Margot! in.

Hor Majesty.

Jules Margottin.

Louis Van Houtte.

Madame Boll.

Madame Gabriel Luizet.

Madame Lacharme.

Gélina Dubos.

Belle Lyonnaise, Gloire de Dijon.

Madame Falcot.

Maman Cochet.

Madame Plantier [Alha].

Madame Victor Verdier.

Magna Charta.

Marie Baumann.

Mistress John Laing.

Paul Neyron.

Président Carnol.

Rose do la Reine.

Souvenir de la reine d'Angleterre.

Triomphe de l'Exposition.

Ulrich Brûnner.

Porlland.

I Rose du Roi.

Thé.

Marie Van Houtte.

Niphetos.

Reine Marie-Henriette.

Safraho."

ROSIËKS A FORGER. 69

Hybrides de Thé.

Belle Siebrecht.

Gloire Lyonnaise.

La France.

Liberiv.

Madame Abel Clialenay.

Madame Caroline Tes tout.

Madame Ferdinand Jamin.

Souvenir du Président Carnut.

Noisette.

Lamarquc. | William Allen Richardson.

lle-Boui'bon.

Mistress Bosanquet. . I Souvenir de la Malmaison.

Mousseuses.

Mousseuse ordinaire (rose). I Salet.

Cent feuilles.

Centfeuilles ordinaire. | Gentfeuilles Pompon,

Ces variétés greffées sur Églantier, Manetti ou Multiflore ont fait leurs preuves dans les forceries de notre région tempérée et au marché aux fleurs.

Il en est d'autres, également recherchées au forçage, élevées par bouture et qui, soumises au chauffage, se ramifient et fleurissent abondamment.

f.es Hybrides remontantes Général Jacqueminot, Jules Margottin, Madame Gabriel Lui set ^ Paul yeyron^ Ulrich Brunner, sont de ce nombre, ainsi que les Hybrides de Thé Gruss au Teplitz^ La France^ Souvenir du Président Carnof, le Thé Safrano, Par racine et rejets, les Centfeuilles.

Les Ile-Bourbon Souvenir de la Malmaison, Hermosa (ou Bengale...?), toute la tribu des Bengale, toute la série des Polyantha minuscules.

A Chicago, une plantation de 189000 Rosiers pour le forçage et la vente de la fleur coupée comprenait

70 SOINS A DONNE» AUX ROSIEKS

au premier rang American Beauty (I), puis Madame AhelChatenay et Liberty, ensuite The Bride, Golden Gâte, Bridesmaid, suivis par Sunrise, Perle des Jardins, Kaiser in Augusta Victoria, la France.

SOINS A DONNER AUX ROSIERS

Opérations d*été. — Les Rosiers étant tuteurés en le te, les soins de culture se borneront au labour des carrés de Rosiers en pleine terre, au sarclage des groupes en pot, à l'arrosage et au paillis.

Si la sécheresse devient persistante, le paillis et Tarrosage s'étendront aux champs de pleine terre. Les herbages, le fumier consumé, les raclures d'étable composent une litière sérieuse, et l'arrosage en est le complément. De pareils soins sont indispensables aux plantations récentes d'Églantiers ou autres.

Ajoiiter à l'eau du purin, des tourteaux ou du sulfate de fer s'il y avait menace de jaunisse au feuillage.

Taillée à deux ou trois yeux, la jeune greffe sortie l'année précédente, à œil poussant, se ramifie.

Édrageonner sévèrement. Ébourgeonner et élaguer les jets du sauvageon qui naissent sur la tige du sujet et autour de Técusson, ainsi qu'à la base des greffes par rameau. Ceux qui émergent au dessus de l'écusson d'abord pinces au cœur — surtout aux tiges faibles — seront supprimés à mesure que la greffe s'allongera. Aurait-elle une tendance à rester paresseuse que, par

(1) D'après la Somenclalure de tous les noms de Roses par Léon Simon et Pierre Cochet, le Rosier American Beauly (Honderson, 1886) serait une synonymie de Afarfawe Ferdmand Jamin (Lcdôchaux, 187a), hybride deThé.

SOINS A DONNER AUX ROSIERS

un coup de s<$cateur, nous réduirions de moitié le rameau écussonné, déjà taillé à O'^jlO.

Lorsqu*une seule greffe manifeste sa pousse sur les deux ou trois prévues, on pourra ménager un nouveau bourgeon en face de la greffe et Técussonner à œil poussant, sans lui laisser prendre, trop de force avant le greffage. . "

Écimer assez tôt les rameaux des espèces non remontantes ; la ramification qui en résultera, n'étant pas taillée au printemps, donnera des fleurs.

Palisser au petit jonc les jeunes greffes ; pincer la sommité des brins qui s'allongetit aux dépens de leur ramification. Conserver intactes les belles pousses des Rosiers sarmenteux destinés au palissage et les dresser sur de longues baguettes.

Les pépinières commerciales n'hésitent pas à sacrifier une rose couronnant lé brin greffé - il en résulte une tète branchue qui se défendra contre le vent et plaira à la clientèle. Combien d'idolâtres de la rose ont perdu la tête... du Rosier pour l'amour exagéré d'une fleur éphémère!

Délainer avec attention les greffes qui auraient conservé tout ou partie dé leur ligature. Les greffes par rameau seront visitées plus tard, sauf exigence particulière. Le lien de coton sera retiré à profit.

Écussonner ou greffer par rameau lôs sujets ms^n-

jf. 31. — Écussonnage auv tige, sous branche.

72 SOINS A DONNER AUX ROSIERS

qués au greffage. Dans ce cas, adopter l'œil poussaol si la provision de rameaux-greffons le permet.

Inoculer les écussons sur tige immédiatement audessous de rameaux vigoureux, en pleine sève (Og. 3i).

Ébourgeonner et tuteurer conformément à nos instructions précédentes.

Maladies et insectes. — Au début de la feuillaison et à la suite de pluies chaudes apparaît le Blanc [Ei^ysiphe ou Sphœrotheca pannosa). Devancer son arrivée par la projection au pulvérisateur de nuages de soufre sublimé ou de soufre précipité à la nicotine sur les jeunes pousses ; renouveler l'opération à chaque menace d'envahissement, avec une préparation sulfureuse ou de l'eau salée.

Les variétés apparentées de Cardinal Pairissi^ Empereur du Maroc, Eugène Appert, Géant des Batailles^ Madame Eugénie Frémy, Prince Camille de Rohan, Heine Marie-Henriette, y sont particulièrement exposées.

La Bouille (Phragmidium rosarum ou subcorticium), conséquence des excès de sécheresse, se traite par une solution cuprique et chaux éteinte,

La Jaunisse est combattue par des arrosages au purin additionné de sulfate de fer.

Contre le Kermès [Diaspsis rosœ), frictionner l'écorce atteinte avec nicotine et savon gras.

Aussitôt l'apparition des pucerons verts ou bruns, écraser les colonies d'aphidiens avec une main gantée, puis laver les parties infestées. Les rameaux Ûexibles pourront baigner, à la main, dans un récipient plat contenant une dissolution de plantes fortes où de savon noir et de jus de ^abac. Un soufflet spécial est

apte à projeter ce liquide sur les rameaux puceroniiés, ou de la poudre de pyrèlhre, par uii beau soleil.

Faire une chasse sans pitié aux colimaçons et à toute une théorie d'insectes ailés ou non, cétoines, hannetons, noctuelles, papillons, tentlirèdes, etc.

Ouvrir les agglomérations de feuillage et les simples feuilles roulées ou collées, et tuer la larve qui s'y trouve cachée.

Au cas de ver blanc, planter des laitues ou des fraisiers autour des Rosiers. Dès que la plante fane, un coup de bêche la soulève, et la destruction de l'insecte attelé à sa racine suit immédiatement.

Un cordon ou un semis de cristaux de sulfate de cuivre arrête l'envahissement des colimaçons.

Semer en même temps, sans enfouir, des nitrates de soude et de potasse qui stimuleront la végétation, ainsi que l'a constaté notre collègue Cochet-Cochet dans ses expériences comparées.

Rusticité des tribus . — L'hivernage ou cachage des Rosiers pendant la saison des frimas est indispensable sous un climat où le thermomètre descend au moins à — 5**. De tous les palliatifs étudiés, un lit de terre, tant mince soitril, offre le plus de sécurité.

11 s'agit, bien entendu, des espèces sensibles au froid, des tribus Bengale, Thé, Noisette, Musquée, à Bractées, de Banks, de Wichura dont les plus délicates variétés sont touchées à — 6°, généralement à — 10°.

La section Ile-Bourbon, classée dernière, comprend dea variétés résistantes, à — 16°..

74 UIVËRNAGE DES ROSIERS.

Les Hybrides, Portland, Provins, Mousseuses, Luiea, Pernetiana supporteront jusqu'à — 25**. Toutes les variétés de ces tribus ne sont pas également indemnes ou sensibles.

En effet, plusieurs Hybrides à rameaux délicats ne sont pas suffisamment réfractaires à la gelée.

Pendant le grand hiver, les Thés Louise de Savoie et Sombreuil ont atteint — 15° ; Gloire de Dijon, — 1 7*> ; la Noisette Aimée Viberl^ — W. Les Ile-Bourbon Par.on Gonella^ Robusta, Louise Odier^ Madame Doré^ Paxton ont bravé le froid à — iS'^.

Parmi les sujets porte-greffes, Multiflora eiManelti sont demi-sensibles ; Polyantha Testdavantage ; Indica et Wichuraiana pis encore ; au contraire, Rugosa et Cinnamomea résistent.

Quant à l'Églantier, de nombreuses plantes de race plus ou moins pure résistent à — 23^*, d'autres à — 20*» ou l'atteignent difficilement. Les sous-variétés de VOural^ de Frœbel comptent parmi les robustes.

Pendant l'hiver terrible de 1830, tandis que l'auteur de cette étude ouvrait les yeux pour la première fois, les soixante-seize jours de gelée détruisaient tous les Rosiers de la Champagne, de la Brie et de zones plus étendues.

Les mères d'Églantiers, gravement atteintes en pleine forêt, ont pu cependant se reconstituer, grâce à leurs organes souterrains abrités par des débris de mousse, herbages et feuilles couvrant la terre et le collet des souches.

Cinquante ans plus tard, la couche de neige ajoutait un argument indiscutable à la couverture préservatrice.

La durée de la période de froid et certaines causes

HIVERNAGE DES KOSIBRS. 75

météorologiques et géologiques sont des facteurs qui aggravent ou atténuent les conséquences de la gelée (1).

Les Rosiers à floraison remontante n'étant pas connus lors des grands hivers de 1709 et 1789, et les espèces indigènes étant acclimatées, les Roseraies de Tépoque ont moins souffert, tandis que 1830 a été une rude leçon pour tous, renouv,elée en 1871 et 1879-1880. Donc, toutes les précautions sont utiles à prendre:

Rosiers en pot. — Les Rosiers en pot sont rentrés à couvert, les nains sous les tablettes de la serre froide ou dans Torangerie, Tenir les grands sujets couchés ou debout, dans un local semblable, fermé, non chauffé, la poterie enterrée.

Les superbes collections de Rosiers tige en fleurs, le charme de nos Floralies annuelles, ont eo partie passé l'hiver dehors, couchés à terre, la poterie recou^ verte de terre et de litière. A l'arrivée des froids, un châssis double capitonné les recouvre avec addition de paillassons sur les vitres, surtout aux espèceç gélisses.

Rosiers en plein air. — En plein air, nous cachons même les yeux dormants, surtout chez les variétés délicates, quoique la ligature non détachée puisse déjà les préserver du froid.

Si Ton possédait un enduit onctueux, ni corrosif, ni durcissant, ni coulant, on pourrait l'appliquer à l'automne et le liquéfier au printemps. Voilà un sujet d'étude sur la branche... pour les chercheurs.

Les Rosiers à basse tige, en pleine terre, seront

(1) De l'action du froid sur les végétaux^ etc., pendant rhivcr 187î)-18vS0, par CHAnLES Baltet. Librairie Masson et G'". boulevard Saint-Germain, 120, à Paris.

buttés au-dessus de la greffe avec de la terre légère et sableuse. Au cas de recrudescence * de froid, une litière en couverture supplémentaire doublerait les chances de préservation.

Au préalable, des feuilles sèches de Hêtre, d'Érable, de Platane, de Chêne, etc., placées au pied de Tarbuste, recevraient l'apport déterre, préservant de la cassure les jeunes rameaux de la greffe.

Si le champ de Rosiers est destiné à la vente immédiate, il serait plus simple d'arracher les Rosiers et de les rentrer dans un silo, une cave, un souterrain quelconque, mis en plate-bande, rangés par ordre et étiquetés; quelques arrosages renouvelés empêcheront leur dessèchement.

Il n'en sera pas ainsi à l'égard des Rosiers à tige qui doivent être livrés à la clientèle dans un court délai. Rentrés sous un hangar fermé et calfeutré, mis en jauge avec ordre numérique ou nominatif, ils passeront l'hiver sans danger. L'arrosage au cas de sécheresse etl'aération aux journées de soleil — sans abus — les entretiendrontaussibien que les souterrains-glacières de l'Europe du Nord où la lumière et une chaleur tiède permettent au personnel la préparation des commandes, les emballages, les. greffages, lesempotages...

Mais le carré de Rosiers n'est pas toujours destiné à la déblave entière ; alors deux systèmes sont admis. L'enterrage complet du Rosier dans une tranchée ouverte à ses pieds, oti tige et tète vont être installées et buttées de terre. L'autre système, suffisant aux climats moins durs, se borne à faire courber le sujet et à placer son branchage dans un trou ouvert à sa portée, et aussitôt recouvert de terre.

Une équipe de deux hommes expérimentés peut suffire. L[un, avec attention, imprime une courbure à Ic^ tige et introduit la, tête dans le trou que son compagnon vient d'ouvrir et qu'il comble aussitôt. Au eus de besoin, un manœuvre amène de la terre à proximité des travailleurs.

Un étalage de grande paille sur les tiges arquées sera d'une bonne précaution contre les hivers rudes ou de longue durée.

N'oublions pas qirune tige courbée distend ses tissus, ouvre ses pores et les expose à la pénétration du givre, d'où les mesures de préservation à leur égard, d'autant plus que ce sont les tiges jeunes et flexibles qui ont reçu le greffage des variétés gélisses.

Il est prudent de raccourcir au sécateur les rameaux trop allongés pour les dimensions du trou, et de placer des étiquettes visibles en dehors de la tranchée.

Dans les carrés d'yeux dormants, nous marquons d'un osier les sujets portant une greffe poussée ; c'est un guide lors des arrachages avant le relèvement général du carré.

Décachage. — Une fois le danger passé, il conviendra de sortir les sujets enfermés, les plaçant encore à l'abri ou à l'ombrage d'arbustes ou de constructions, en attendant leur abandon au grand air.

Les petits Rosiers qui ont hiverné sous châssis (fig. 32) réclameront de l'air, de la lumière, successivement et non brusquement, et recevront une mouillure au réveil de la sève, quand même la sécheresse de la terre en aurait réclamé et obtenu plus tôt.

Quant aux Rosiers couchés dehors, ils seront déterrés à l'aide d'une fourche et avec beaucoup de soins.

Ici encore, un groupe d'ouvriers est indispensable. Opérant par un temps couvert ou pluvieux, le dessèchement immédiat est évité, et la pluie lavera les branchages salis de terre.

Redresser les tiges courbées ; ensuite délai ner les yeux dormants et réduire au sécateur la longueur des

■ijif. 3i. — Chrissis à «lonlilo versant.

branches écussonnées, soit à 0'",10 si l'œil écusson estvif, àO™,Oos'il estdouteux, et complètement au talon s'il est mort. Un autre rameau viendra prendre sa place à la pousse nouvelle et sera écussonné à son tour, à moins que le sujet ne soit soumis, dès le réveil de la sève, au greffage par rameau.

S'il est impossible de greffer la même variété dans le rang, la nouvelle venue devra présenter, à première vue, des caractères absolument distincts.

Et pendant cette morte-saison qui paralyse la vie des roses dans les jardins du Nord et de Paris, la Côte d'Azur tout ensoleillée, paréo de ses beaux atours.

organise des batailles de fleurs — cueillies dans les champs de la région niçoise — et inonde les quatre coins de l'Europe d'avalanches de Roses et d'Œillets-

Conseils aux amateurs et aux planteurs.

L'amateur qui voudrait organiser une Roseraie scientifique ou de plus modestes plantations groupées ou isolées comme nous Favons dit, et même tout autrement (fîg. 33), à l'exemple de la célèbre Roseraie de THay (1) que les deux mondes nous envient, doit préparer son terrain et le rendre digne de recevoir la Reine des fleurs.

Défoncement du sol. — Suivant sa nature, le terrain sera remué, ouvert, défoncé, transformé à 0",40 de profondeur, un peu plus s'il est mal constitué ou en friche, ou garni de racines, pierrailles et lierbages; un peu moins si la terre est douce, meuble, bien composée, en bon état de culture, et non fatiguée par des emblavures antérieures.

Au lieu de superposer les couches de terre, nous conseillons de les mélanger, de les croiser, en ouvrant la tranchée et en y projetant la terre qui va la combler.

|1) Nous avons visité la Roseraie de l'Hay, en compagnie tie nos collègues Abel Cliatenay et Georges Boucher, sous In (.'onduite de son propriétaire fondateur, M. Jules Gravereaux : nous en sommes revenus enchantés. C'est un véritable Muséum (les Roses^ suivant l'heureuse expression de M. le président Viger.

Le catalogue est divisé en deux parties :

ïo Collection botani([ue : 15 sections, 73 espèctes types, et près de 900 variétés.

2° Collection horticole : 15 sections divisées par espè(;es, races et groupes comprenant plus de o 000 variétés.

Depuis l'année l!)02, ces deux séries se sont augmentées de types rares de tous pays, et de toutt^s les nouveautés parues.

Il sufGra de placer la terre, de biais, sur le talus de la tranchée, et ainsi de suite à chaque pelletée.

En jetant au fond toute la couche superficielle, on court le risque d'éloigner des racines une terre boni-

fiée par les influences atmosphériques. Donc, le mélange est obligatoire ; les racines trouveront ainsi différents éléments nutritifs à leur convenance.

Ce travail préparatoire gagne à être fait, d'abord à la journée, non à la tâche, ensuite quelques mois avant la plantation, par exemple en septembre pour l'automne, en décembre-janvier pour le printemps.

Engrais et amendements. — Entre le défoncement et la plantation, il y a lieu d'amender le soi quand sa composition le réclame.

La pénétration des amendements dans le sol nécessitera un bêchage de 0",25 (fig. 34) ou un fourchetage (fig. 35). A cette occasion, extirper encore les pierres, racines, herbes oubliées lors du défoncement, ainsi que les larves de hannetons, les nids de courtilières, les refuges de taupes ou d'autres rongeurs, et briser les grosses mottes de terre.

Une bonne terre franche, avons-nous dit, convient au Rosier. L'amélioration de la pépinière d'élevage est indiquée page 21.

Au jardin, où le Rosier doit vivre plus longtemps et s'étendre davantage, il faut le considérer comme un autre arbuste puisant sa vigueur dans les principes azotés, tandis que les éléments potassiques et phosphatés actionnent ses tissus ligneux et par suite ses organes floraux.

Au moment du labour qui rectifie les inégalités du Baltet. — Grelï'e ot Taille des rosiers. 6

Kig. 34.

Bêche.

Fourche .

défoncementet bonifie la terre sous l'influence de Tair, du soleil, du vent, de la pluie, même de la gelée, ces divers éléments se trouvent ainsi introduits dans le sol. S'il y a lieu, recourir à l'intermédiaire du fumier d'étable combiné préalablement avec des composts : tourteaux oléagineux, cornes et os concassés, sang desséché, laine, terreau de feuilles, gazons, terre de route, etc., à décomposition lente.

Certains engrais chimiques, sulfate de potasse, nitrate de soude, pourraient s'y associer, mais prudemment — suivant les circonstances. Les eaux de purin ou de lessive ne seraient-elles pas préférables? N'est-ce pas l'avis de nos confrères des régions rosicoles parisienne, angevine, lyonnaise et provençale?

En tout cas, c'est affaire d'expérience.

Déplantation à la pépinière. — La bonne saison de planter est à l'automne, quand la sève s'arrête et lorsqu'il ne gèle pas. Éviter également les journées de chaleur ou de hâle.

Les Rosiers à prendre à la pépinière étant désignés, il convient de leur supprimer — la veille ou le matin de l'arrachage — les feuilles avec des ciseaux, et au sécateur les sommités feuillées, trop longues, les tribus gélives conservant leur feuillage assez longtemps.

Avec une terre sèche ou compacte, on facilitera l'arrachage du Rosier en l'arrosant une heure avant sa déplantation ; et cette opération sera pratiquée la veille ou le matin même de la plantation.

Alors, dégager la terre autour du collet, éviter de couper les racines avec la bêche ou la pioche, ou encore de les éclater par un tirage trop brusque, violent ou saccadé.

Étiqueter chaque sujet déplanté.

Placer à Tabri du soleil et de la gelée les Rosiers choisis, et couvrir la racine. Si la plantation devait tarder, la mise en jauge est ce qu'il y a de mieux à faire.

Enterrer suffisamment et arroser la jauge.

Nous parlons en ce moment aux personnes qui ont une pépinière ; mais supposons qu'elles n'en possèdent pas ; alors, elles s'adresseront à une maison sérieuse et de confiance qui livre des sujets de choix, correctement étiquetés.

Payez plus cher s'il le faut, vous y gagnerez sous tous rapports.

Recommandez l'arrachage, l'emballage et l'étiquetage.

N'oubliez pas de témoigner — avant la lettre — votre reconnaissance au personnel chargé de la préparation des commandes. Vous serez bien servi... et considéré.

En formulant votre «ordre», si vous spécifiez la forme ou la hauteur du sujet et le nom de la variété, il est prudent, surtout en fin de saison, de donner un peu de latitude au fournisseur par une liste supplémentaire de variétés ou un écart de la forme ou de la hauteur.

Aussitôt l'arrivée des Rosiers, la plantation doit suivre; sinon, une mise enterre provisoire, à l'ombre, est un acte de prudence ; les plants, peu serrés, seront arrosés, et, s'il s'agit de quelques jours d'attente, le dépôt à la cave suffira ; mais, si le froid s'accentue et persiste, conservez les colis à la cave sans les déballer, jusqu'au jour de la plantation.

Au cas de fatigue du voyage ou d'un séjour prolongé hors terre, n'hésitez pas à praliner les racines

dans une boue argileuse délayée au purin ou analogue (fig. 36), au moment de la mise en terre provisoire ou définitive, et après édrageonnage. Cette précaution n'est jamais superflue .

Plantation des Rosiers. — Le terrain étant préparé, la place des Rosiers à planter indiquée par une baguette, les trous peuvent être ouverts à l'avance ou seulement à la plantation, s'il s'agit de groupes. Opérer par un beau temps plutôt calme, plus sombre que vif.

Tandis qu'un homme prend le Rosier et lui fait sa toilette : suppression des onglets et brindilles du porte-greffes, écimage des rameaux longs ou déjetés, et surtout nettoyage des racines où pullulent quelques bourgeons menaçants, un second ouvrier ouvre le trou et amène dans une brouette du terreau pur ou mélangé de sable de rivière ou d'humus tourbeux, de raclures prises sous les massifs d'arbustes ou à la surface du potager.

Le premier place le Rosier dans le trou et le maintient verticalement, alors que le second y jette la terre amendée et recouvre avec la terre du jardin. Secouer le Rosier en le soulevant par secousses, de manière que la terre pénètre bien dans la racine et que le sujet soit peu profond — tel qu'il était à la pépinière.

Presser légèrement, avec le pied, le sol au collet du sujet.

Arroser au canon, en soutenant l'arbuste pour l'empêcher de s'enfoncer dans le trou, attiré par la chute d'eau.

Continuer ainsi la plantation. Tuteurer les tiges avant de quitter le massif; tuteur propre, de moyenne grosseur, arrivant sous la tête branchue, et attaché au Rosier avec de l'osier fin.

Couvrir d'un mastic froid ou tiède les coupes et plaies exposées à l'air.

86 CONSEas AUX AMATEURS ET AUX PLANTEURS.

Tuleurer et attacher de même les sujets d'espèces gélisses. Aa moment de l'hivernage, ils seront, détachés et cachés sous terre. Le tuteur restera, marquant la place.

Le tuteur en bois sulfaté offre des garanties quant à la durée et à la répulsion des colimaçons et autres ennemis.

Donner un coup de griffe ou de fourche sur le terrain piétiné.

Le paillis composé de fumier court, consumé, fond découche, débâche ou d'étable, etc., sera étendu de suite aux plantations tardives, et deux ou trois semaines après les plantations d'automne.

Surveiller l'étiquetage ou le numérotage et prendre note sur un registre des variétés plantées, dans leur ordre d'installation.

Les Rosiers nains gagnent à avoir la greffe enterrée de quelques centimètres ; leur affranchissement les fortifle, et la greffe se trouve à l'abri de la gelée.

Les Rosiers élevés en pot seront dépotés pour être mis en place, la terre non conservée et les racines sévèrement vérifiées, quant au drageonnage.

Précautions utiles. — Quelques Rosi ers mis en pot permettront de remplacer au jardin ou au « haras » de sujets étalons^ ici nos Rosiers de collection, là. lés Églantiers plantés à leur place définitive, ayant manqué à la greffe et ceux qui meurent en plein été.

Les praticiens Victor Verdier et Jamin (Jean-Lau* rent) recommandaient avec raison la replantation triennale des Rosiers, par séries partielles, ce qui permet de nettoyer les racines, de rectifier les branchages égarés et de bonifier la terre à la replantation.

La santé des Rosiers en pot est maintenue au

Fig. ^{7. — Guirlandes et festons de roses.

moyen de scories de déphosphoration et de tourteaux oléagineux mélangés à une bonne terre de jardin.

Le 14 avril 1901, nous adressions la lettre suivante à M. Louis Tillier, professeur d'arboriculture de la Ville de Paris, directeur de In Chronique horticole :

Mon cher Tiluer,

Vous me demandez un article pour le numéro de ce jour ; mais, en ce moment, nous sommes débordés par la besogne. Préparation du sol, plantation, taille, greffe, expédition des commandes, car elles abondent à la suite d'un hiver tardif, froid, humide. Mais je laisse ce soin à Lucien. — Et moi... je taille nos Rosiers; déjà nos sujets de collection, plus lard les sujets de pépinière, une fois la saison de vente passée.

Qui s'y frotte s'y pique !

Par un mouvement d'inattention, je me suis laissé piquer par... une Rose mousseuse — ou moussue — et les poètes

Fig. 38. — Taille normale du Rosier.

Les sommités en traits ponctués sont tombées h la taille.

prétendent que la rose mousseuse est l'emblème de la volupté... la Poésie ! comme elle sait couvrir de fleurs, même les choses les plus agréables déjà...

lin petit pansement anodin m'autorise à troquer un instant le sécateur contre la plume, et je vous réponds.

Taille longue et taille courte. — Comment doit-on tailleries Rosiers? Long ou court? Oui et non. Cela dépend de la variété et de la vigueur de la plante.

En tout cas mon système est une taWle combinée. D'après

mon opinion, c'est le meilleur, et je la partage, dirait Joseph Prudhomme.

Deux de nos chefs de culture — que vous connaissez — me répètent souvent en me voyant opérer.

Asaelin. — Patron, vous taillez trop long.

liuelle. — Patron, vous taillez trop court.

Notez que ces gaillards-là, qui ont plus de quarante années de services à la maison, s'y connaissent.

Mais alors, on peut donc appliquer à la Rose le mot familier à la Vigne : « C'est une bonne fille qui se laisse manier par tout le monde ».

Oui, les deux procédés sont bons. Une taille longue provoque des fleurs plus tôt et en plus grand nombre; une

Fig. 39. — Taille combinée du Rosier.

Le rameau a, taillé long, est abaissé en n' et sera supprimé après sa floraison, comme l'est en ce moment la branche h de l'année précédente : ropendant ses ramules pourraient être Iwuturées.

taille courte les donne plus tard et souvent plus belles. Utilisons les deux moyens, sur le même arbuste, si possible ; allongeons les rameaux forts, de façon à dessiner une forme évasée, aplatie ou pyramidale au branchage; tenons court les rameaux de moyenne grosseur, d'intérieur ou faisant confusion. Supprimons les parties fatiguées par la maladie ou les rigueurs de l'hiver, par Tàge, par l'excès de floraison ou la pauvreté de sève. Un bon œil ou bourgeon conservé à la base poui'ra peut-être renouveler la partie tranchée mieux qu'une brindille « amuse-sève ».

Rajeunissons la plante, stimulons chez elle le renouveau de la santé printanière et de la fleuraison perpétuelle.

Quelques beaux brins bien placés suffisent à la restauration d'un branchage diffus.

On sait que la taille longue laisse au rameau de 5 à 10 yeux, — même davantage s'il est tenu en arc ou en serpentin, — et la taille courte se contente de 2 à 4 yeux, en constitution normale.

L'absence de taille ne saurait maintenir une forme avantageuse à la plante — sauf palissage, ainsi que cela se pratique auxRosiers grimpants. Par contre, une opérât ion trop radicale, la taille en hérisson ou à la Titus, finit par appauvrir le sujet et ne lui donne pas un aspect séduisant, tout en forçant la pousse des rejels souterrains.

11 y a là une question de coup d'œil, d'appréciation que l'observateur résout facilement — l'expérience aidant.

On peut toujours partir de ce principe, que la taille courte est en raison de la floribondité de la variété, tandis que sa paresse à fleurir réclame davantage d'éléments ligneux conservés, c'est-à-dire une taille longue.

L'alternance d'une année à l'autre a du bon ; nous lui préférons la combinaison sus-indiquée.

On comprend qu'il s'agit ici de Rosiers remontants, c'està-dire à floraison renouvelée.

Rosiers remontants. — Les Rosiers remontants, dont il est question, ne doivent pas échapper au traitement d'été : pincement des rameaux à végétation exubérante, suppression des corolles défleuries jusqu'à l'œil le plus voisin, les yeux du sommet étant mieux disposés à produire un nouvel épanouissement floral.

En même temps, on peut raccourcir, après la première floraison, les rameaux laissés à longue taille («, 6, fig. 39), et qui finiraient par accaparer toute la force du sujet. Aussi, a-t-on dû les arquer, les contourner, afin d'exciter tous les yeux à sortir, ceux de la base étant paresseux.

11 va sans dire que les Rosiers plantés récemment seront (aillés plutôt court, mais sur des yeux vifs.

Quant à l'époque d'opérer, il ne faut pas commencer trop tôt. 11 pourrait en résulter un bourgeonnement précoce des yeux conservés, donnant pâture aux premières gelées. En tardant, les yeux à supprimer auront seuls bourgeonné

LA TAILLE DES ROSIERS. 9i

et pourront disparaître alors que les réserves seront indemnes et se prêteront à la taille.

La seconde quinzaine de mars est 1 époque moyenne de notre région. Cette année, la température Ta reculée de quinze jours au moins.

Rosiers non remontants. — Les types non remontants se contentent d'une toilette au printemps, avec taille très longue, voire absence de taille ; mais, aussitôt la floraison terminée et même avant que toutes les fleurs aient jonché la terre, un coup de sécateur tiendra « plus court les rameaux fleurissants, plus long les autres ». Et quand viendra l'été, les jeunes pousses qui se développent à outrance seront pincées ou écimées; il en résultera une ramification qui se couvrira de (leui's au printemps suivant.

Édrageonnons en tout temps; ne ménageons pas les nuages insecticides contre les pucerons, évitons par des bouillies cupriques préventives le blanc des rameaux, la rouille des feuilles, et soyons sans pitié à la chasse aux larves qui s'enroulent dans les jeunes feuilles et croquent les boutons à fleur.

Les inflnîment petits, voilà l'ennemi !

Sur ce, mon cher ïillier, je reprends l'outil et me dirige vers les Hybrides, Ile-Bourbon, Thé, Noisette, Bengale, Polyantha et Portiand — sans oublier les Mousseuses?...

Charles Baltet.

Nous n'ajoutons et ne retranchons rien à cette lettre. Encore une fois, rexpérience sera le meilleur guide, à la condition que Ton observe les résultats et qu'il en soit tenu compte dans Tavenir.

Rosiers sarmenteux, grimpants et rampants.

— Les Rosiers sarmenteux et grimpants, enlacés ou accrochés dans les mailles du treillage qu'ils ont escaladé (fig. 40), habillant le fût des grands arbres on rampant sur les pierres et les talus, ont droit aux soins

d'entretien et de toilette autant qu'il sera permis de les approcher, même avec des échelles ou des échenilloirs.

Supprimer les branches mortes, ou malades, ou fatiguées, ou superflues, faisant confusion dans l'ensemble et difficiles à travailler. Laisser retomber çà et là des brindilles qui maintiendront feuillage et fleurs sur les points exposés à se dégarnir, par exemple à la base des branches et tiges montant verticalement.

Allonger, étendre en éventail ou queue de paon les rameaux capables d'en dessiner l'ossature, en leur imprimant quelques sinuosités favorables à la floraison et à la garniture de leur aire d'action. Plus tard, l'instinct dirigera la main de l'amateur ou du jardinier chargé de la roseraie.

Enrouler en spirale, sans confusion, les rameaux ménagés aux Rosiers appelés à enrober la tige des grands arbres. Choisir à cet efTel des espèces à branches flexibles et se ramifiant naturellement, par exemple la Jaune de IJan/is, la blanche Félirité-Perpétue, la rose Madame Sancy de Parahèrey la pourpre Bobusta, celle-ci remontante.

Le palissage ne doit pas donner un air guindé à la plante. Il lui faut beaucoup de libre allure et prendre des formes pittoresques, comme on le voit au jardin du Luxembourg, ou laisser « pleurer » ses rameaux élevés au-dessus des eaux ou des pelouses. Question d'initiative et de bon goût. Jusqu'aux espèces à rameaux traînants ou rampants qui peuvent produire des gazons fleuris, des talus de roses, des rochers en fête.

Dans ces conditions, le Rosier de Wichura admet le

94 CHOIX Des PLUS JOLIKS ROSES.

recepage partiel, de printemps ou d'été, de son braachage couché, à longue traîne ou inciiué.

Le chapitre des Rosiers à grande envergure comporte des espèces à floraison remontante ou non remontante. Ceux-ci, non fatigués par une expansion florale renouvelée, s'élèveront davantage. Cependant le Midi nous a fait voir des vastes surfaces murales tapissées par les Rosiers Noisette Aimée Viberi et Bengale Cramoisi supérieur.

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