‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 22 sur 77 · IV. LES METHODES NOUVELLES · texte numérisé non relu

IV. LES METHODES NOUVELLES

« Vaincre ces différences, influencer Les caractères différentiels, atténuer Les opposilions et les contras-

les : voilà Le problème central de la

grefle. »

PETTINARI.

]. La greffe bréphoplastique (l).

C'est à R. M. May que revient le mérite d'avoir fait connaître cette méthode, de l'avoir mise au point et exploitée expérimentalement.

Décrivons en d’abord les bases, Ja technique et les résultats. Nous verrons ensuite comment ses succès peuvent se comprendre en faisant [à encore appel aux lois de la génétique.

À. Les bases de la méthode.

Les cellules embryonnaires possèdent un énorme potentiel de croissance et de prolifération. I suffit pour s'en convaincre de tirer du règne animal, aussi bien que du règne végétal, quelques exemples fra ppants.

(1) D'après R. M. May.

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1°) Des siècles d'expériences ont prouvé aux horticulteurs qu il n'est de orefle véritable que si le greffon est porteur de cellules embryonnaires. C'est par l'œil ou bouton ou bourgeon, formé uniquement de cellules de cet ordre que se fait la soudure entre les deux organismes. Jamais la transplantation d'organes complètement développés, de vieilles branches sans bourgeon na donné de résultats.

2°) Dans la série animale, le succès de l’homocrefle est étroitement lié à l'état plus où moins embryonnaire, plus ou moins différencié de l'organisme. Les cellules des invertébrés inférieurs, tels que les vers plats, sont à l'état adulte dans un état proche de celui qu'elles avaient chez l'embryon. Elles n'ont pas d'individualité marquée. Elles sont toujours prêétes à régénérer, Chez eux, les homogrelles sont parfaitement tolérées, ne déterminent aucune réaction de défense de la part de l'hôte. Déjà chez les vertébrés inférieurs —- poissons, batraciens, reptiles — l'état adulte procède d'une différenciation beaucoup plus poussée, et la transplantation d'un individu à un autre est souvent mal tolérée. Elle ne l’est plus du tout, nous l'avons vu, chez les mammifères et chez l'homme.

5°) La connaissance de ces faits devait logiquement conduire les chercheurs à s'adresser chez les vertébrés supérieurs, non plus à du tissu adulte, mais à des tissus embryonnaires où très jeunes. L'expérience a vérifié le bien-fondé de l'hypothèse.

B. Les résultats.

Nous ne donnerons ici que les grandes lignes concernant les olandes endocrines, renvoyant pour plus de détails aux travaux de R. M. May et aux pages concernant la crefe brephoplastique d'hypophyse.

Voici l'essentiel :

1°) La crefle brephoplastique de tissu endocrinien est une crelle durable et fonctionnelle.

a) Durable : placé en un lieu approprié de l'hôte, le greffon « peu après se vascularise, se développe et se différencie comme il F'aurait fait chez l'animal auquel il a été emprunté. De plus un fait qui semble être général pour toutes les grelles bréphoplastiques est celui-ci : si le sreflon peut affronter avec SUCCèS les premiers jours qui suivent son implantation, il ne semble plus après cela sujet à une réaction tardive. Il semble que ce soient les premières heures qui suivent l'implantation qui sont déterminantes : si le oréffon trouve à ce moment des conditions mécaniques favorables, s'il ne meurt pas, il acquiert dans les jours qui suivent sa structure et sa vascularisation définitives. :

En effet, les greffons qui ont duré 18 jours à 5% semaines ont un aspect qui est en tous points semblable à celui de greffons beaucoup plus âgés (6 mois). Tout porte à croire qu'un greffon bréphoplastique qui a persisté trois semaines n'a pas à craindre de résorption secondaire. »

rennes

Toutes les glandes endocrines : thyroïdes et parathyroïdes, ovaires, testicules, surrénales, thymus, pancréas, enfin hypophyse ont été successivement étudiées par MAY avec un égal succès. Le pourcentage de réussite est variable avec le siège (50 à 60 pour cent).

b) Fonctionnelle : la preuve formelle de sa valeur physiologique de suppléance a été donnée par May dans sa thèse pour l'ovaire, par CoLLARD et par TURNER pour le testicule (spermatogenèse active 15 mois après l'implantation), par May pour l'hypophyse (voir page 117).

2° La oreffe bréphoplastique ne provoque de la part de l'hôte aucune réaction de défense analogue à celle des homogrelles adultes : afflux leucocytaire, envahissement progressif par des fibroblastes. réactions qui, nous le savons, sont considérées par Læœb comme un critère de l'existence d'un différentiel d'organisme.

Ainsi il apparaît nettement que l'homogrefle bréphoplastique constitue un progrès considérable. Pour la première fois, nous avons affaire à des crefles homoplastiques dont la prise complète est scientifiquement prouvée, dont le succès régulier n'est plus discuté comme l'était celui des homogrelles thyroïdiennes à la CRISTIANI par exemple, dont la valeur enfin s'affirme pour toutes les crefles endocrines.

D'où vient cette singulière aptitude des tissus embryonnaires ou très jeunes à s'intégrer sans difficulté dans un organisme homozoïque fe Pourquoi ne possèdent-ils pas de différentiel d'individus ?

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C. Interprétation des faits.

1° Voici l'explication donnée par R. M. May : « Si l'on se reporte aux conditions qui suivent immédiatement l'implantation d'un greffon dans l'œil ou sous Ja peau, on se rend très bien compte que seuls les tissus composés de cellules embryonnaires peuvent les affronter. Uniquement des tissus dont le métabolisme est extrêmement ralenti, des tissus dormants, pour employer le terme des horticulteurs, peuvent, arrachés brutalement à leur vascularisation se satisfaire d'une assimilation par imbibition au début, et ne sont pas intoxiqués par les produits de leur faible désassimilation avant qu une vascularisation néoformée puisse les emporter. Nous pouvons admettre que la fonction spécifique d'un organe composé de cellules embryonnaires, quoique positive, ne l'est que très faiblement par rapport à ce même organe chez l'adulte où ses besoins et ses déchets sont par

conséquent beaucoup plus grands. »

2°) Nous pensons quil est permis, en faisant appel aux notions développées plus haut, à propos de l'individualité, de pousser plus loin l'analyse £

à) Les tissus embryonnaires ne portent pas encore la « marque » de tous les facteurs qui contribuent à créer ce que nous avons appelé l'individualité acquise ; leur personnalité humorale n'existe pour ainsi dire pas « Le sang du nouveau-né contient peu de substances immunisantes. »

b) Mais l'individualité génétique, dira-t-on, existe fort bien chez l'embryon et le nouveau-né et même

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