‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 44 sur 77 · C. L'homogreffe de la pituitaire · texte numérisé non relu

C. L'homogreffe de la pituitaire

développée in vitro.

Dans la première partie de notre travail, nous indiquions le principe de la méthode, ce qu'elle avait déjà donné, ce que nous pensions de son avenir. Appliquée à la greffe hypophysaire, il faut reconnaître que si elle a fourni chez l'animal des résultats appréciables, ils sont encore insuffisants pour que l'on songe à la mettre en pratique chez l'homme. Mais tout n'est pas dit, loin de [à. Un seul travail est encore paru sur la question, et son analyse va nous donner les raisons de son insuccès relatif.

HAYMAKER et ANDERSON prélèvent les hypophyses de rats âgés de 1 à 65 jours, isolent le [lobe antérieur sous un microscope à dissection, le coupent en fragments de o mm. 5 de surface qu'ils placent immédiatement dans des flacons de Carrell. Le milieu de culture est composé de plasma et de sérum du futur hôte, obtenu 4 à 10 jours avant la transplantation par ponction du cœur, d’une solution saline isotonique et d'extrait embryonnaire de rat. Le tout maintenu à un Ph de 7,4 et à une température de

Lorsque l'hypophyse provient de donneurs jeunes (7 jours ou moins), très vite, 6 à 8 heures après le début, des couches épithéliales commencent à croître et sont déjà abondantes au bout de 36 heures. Lorsque l'hypophyse provient de donneurs plus âgés, la

AA

, croissance est moins rapide el ne commence qu apres

deux ou trois repiquages (1).

Au bout de cinq jours de culture, les fragments sont orellés dans le tissu aréolaire de l'aisselle ou de l’aine de rats mâles de 3 MOIS, hypophysectomisés. Au bout de 45 à 109 jours d'observation, les animaux sont sacriliés et les testicules, la thyroïde et les surrénales examinés et comparés avec ceux d'ani-

maux hypophysectomisés et non crelés.

Les résultats sont assez variables. En négligeant les détails, on peut dire qu'après transplantation les rats maigrissent moins que les témoins. L'un d'eux maintint son poids de transplantation, puis le dépassa même un peu. Quatre autres ne perdirent que 5tà 0%, alors que les témoins perdaient 20 %.

Du côté des glandes vassales, dans trois cas il y eut restauration des tubes séminifères et formation de spermatozoïdes; dans 8 eas, le cortex surrénalien offrait des marques notables de réparation. Dans

aucun cas, on ne trouva de signes nets de régénération thyroïdienne. +:

Comme on le voit, le bilan est maigre d'une expé-

rimentation qui porlait sur un groupe de 89 rats, et ! i

(1) Pourtant Excëz et WERGER disent avoir obtenu de très belles croissances avec les hypophyses’ de rats adultes élevées dans du plasma de lapin et de poule à parties égales, une solution de thyroïde et de l'extrait d'embryon de lapin. Déjà, après 48 heures, ils observent une belle Croissance épithéliale. En huit jours, le nouveau tissu arrive à couvrir tout un flacon.

la méthode telle qu a été utilisée ici n'a pas fait ses preuves.

Il n est cependant pas permis, selon nous, de porter en se basant sur ces résultats, un jugement définitif, car à deux points de vue les auteurs se sont placés dans des conditions franchement défavora-

bles :

a) Le siège, tout d'abord, ne nous paraît pas propice : M4y n'a-t:il pas essuyé avec la grefle bréphoplastique, pourtant si maniable, 80 % d'échecs lorsqu il utilise le tissu cellulaire sous-cutané ? La capsule du rein, la moelle osseuse ou la chambre antérieure de l'œil restent les sites de choix.

b) La quantité de tissu pituitaire réellement greffée a été minime : 1 à 2 % de la masse totale d'un lobe antérieur. Or, nous savons (SmrrH) que le minimum efficace oscille aux alentours de 30%. On est donc en droit de s'étonner des résultats même partiels de Haymaker et ANDERSON. Il y aurait lieu de reprendre ces expériences avec des quantités plus considérables de tissu cultivé in vitro.

Ces considérations nous invitent à conserver jusqu à plus ample informer, toute notre confiance au principe même de la méthode, Attendons pour juger que d’autres travaux soient venus apporter leur pierre à l'édifice. Tant de facteurs — en dehors des deux dont nous venons de parler — peuvent avoir [eur incidence sur le succès.

GAILLARD nous en donne une idée qui met en présence dans le même milieu de culture une hypo-

physe antérieure d'un lapin de 5 mois et un groupe de cellules ostéogénétiques de l'os frontal d'un embryon ‘de lapin, alin d'éprouver l'action des, cellules du lobe antérieur sur la croissance osseuse.' Lorsque la culture a lieu dans un extrait embryonnaire de lapin, les tissus, aussi bien hypophysaires qu osseux sont comme sidérés dans leur croissance et meurent: lorsqu'au contraire, on opère avec du plasma de lapin adulte, l'hypophyse se développe bien et le tissu osseux croît deux à trois lois plus vite que norma-

lement (1 1€

Les conditions oplima de croissance in vitro de

l'hypophyse sont donc loin d'être fixées.

(1) Signalons, en passant, qu'au début les trois lignées pu de \hrponhee sont présentes dans la res mais au bout d'une vinglaine de jours, seules subsi dans l'expérience de GaïLLARD, A ne à Cependant la croissance osseuse se poursuit. Phénemene qui permet, semble-t-il, d'imputer à ces cellules — dites classiquement cellules de repos — un certain rôle dan [ ostéogénèse, :

Cdi

D. La greffe bréphoplastique de l'hypophyse.

Ici l'application de la méthode a répondu de façon remarquable aux conceptions qui l'avaient fait naître. Les patientes recherches de R.-M. May ont, une à une, mise au point les conditions du succès. Et s'il est encore prémaiuré de fixer sa valeur en clinique, on ne peut se défendre d’avoir foi en son avenir. Les expériences de May, pratiquées sur les deux sexes, semblent le garantir.

Page 1