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CHAPITRE X

LES SUPPLIANTES d'eSCHYLE.

Tiens! regarde d'abord comme le monde moderne diffère de celui d'autrefois. Cela te donne raison contre le calque qu'ont fait les modernes de la tragédie antique. Tu trouveras ici ample matière pour confirmer la thèse que tu as soutenue dans la Préface de ton Cromwellj et sur laquelle tu as voulu élever en France un autre théâtre que celui de Corneille, de Racine, et de Voltaire : un théâtre où l'on verrait le laid mêlé au beau, le bouffon au tragique, le grotesque à côté du sublime, la comédie partout avec la tragédie ; en un mot, au lieu de la simplicité antique , le drame tel qu'il a été conçu par Shakspeare, le drame moderne.

Seulement, permets-moi de te le dire, c'était la thèse de Diderot et de tous les dramaturges du dernier siècle ; pourquoi ne pas les citer ?

Et puis , parce que Shakspeare existe, pourquoi dédaigner Corneille , et mépriser Racine, même Voltaire, qui, tout en s'emprisonnant dans les formes du passé , ont eu leur nouveauté et leur originalité très-réelles ?

Mais le fond du système est vrai.

Quelle preuve à l'appui de ce système que celle que nous fournissons !

Est-ce que notre situation d'exilés n'est pas comparable à celle des exilés d'autrefois? Eh bien, rappelle-toi

|f6 LA GREVE DE SAMAREZ.

les Suppliantes d'Esehyle ; veux-tu que je te retrace la pièce en quelques mots :

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