‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 146 sur 436 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Il ne te reste plus, continuai-je, qu'à m'attaquer sous le rapport du caractère, de la loyauté, de la grandeur d'âme...

Mais quoi! voici une sombre lueur qui me passe dans Tesprit

Répète-moi donc ces vers que tu me récitais tout à

l'heure, au tnilieu d'autres que j'admirais... Ah! ils me reviennent en mémoire :

Puisque toute âme est affaiblie^ Puisqu'on rampe, puisqu'on oublie . Le vrai, le pur, le grand, le beau, Les yeuj[ indignés de Thistoire, L'honneur, la loi, le droit, la gloire, Fa ceux qui êont dans le tombeau....

Dis-moi, cette formule : On oublie ceux qui sont dans le tombeau, te revient biensouvent!

Elle t'est revenue à propos de moi. Tu me reproches iVoublier les morts, tu me fais fouler aux pieds les tombeaux, tu prétends que toi seul penses à ceux qui ne sont plus !

Ou tout cela n'est que délire de poète, ou tout cela a un sens.

Voilà donc ce que tu veux me dire! Tu ne prétends pas sans doute que je rampe, mais tu prétends que j'ai Vâme affaiblie, que j'oublie le vrai, le pur, le grand , le beau ; et voilà pourquoi, dans la forêt, je te parais une ombre.

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