‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 16 sur 436 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Cest un excellent manger pour l'homme que le homard, ajoutent-ils, donc le homard a été cféé polirétre mangé par rhomme. Mais on leur répond : Les homards à leur tour mangent les pêcheurs, quand la mer leur en fournit Toccasion; donc, c'est pour cela que la Providence a donné aux crustacés mastic^Ueurs une paire de mandibules, en outre d'une ou de deux paires de mâchoires proprement dit^s, sa&s compter plusieurs paires de mâchoires auxiliaires ou pattes-mâchoires » qui servent principalement à la préhension des aliments.

Se retrancberout^ils à dire, avec Horace, que la mer* n'était pas faite pour être traversée par des vaisseaux :

Non tangenda rtUes trmuUiwU «oda.

Diront-ils de ces deux pauvres misérables dont j'ai vu les cadavres dauB ce creux de rocher : « Qu'allaientHils faire dans cette galère ? »

Mais on leur réplique par les lions et les ligres. Que dé griffes, en effet, sur la terre ferme, toutes prêtes â happer l'homme et à le servir tout sanglant à des mâchoires et à des dents également toutes prêtes à le dévorer ! Je lisais hier dans un journal qu'au Penjab, en trois années, de i85i à 1854, les bêtes féroces ont donné la mort à 743 personnes et en ont ble3sé 137; ce sont là les nombres, je crois. Durant ce même laps de temps, 918 loups, si je me souviens bien, 90 léopards, et 14 ours, ont été abattus par les chasseurs. C'est-À-dire que la perte des bêtes féroces n'a été, pour chaque anuée» que de deux ou trois pour cent plus forte que celle des hommes.

LsL Gazette de Lahore espère bien qu'il n'en sera pas toujours ainsi, et je l'espère comme elle.

â2 LA GREVE DE SAMAREZ.

xMais pourquoi la loi de tous les êtres est-elle de se dévorer les uns les autres ?

Page 1