‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 224 sur 436 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

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a Si ce n'est pas Shelley, » se dit Moore, toujours disposé à croire que Byron prenait ses inspirations hors de lui-même^ n il faut que ce soient les lectures qu'il a faites. Oui, ce sont ces maudites lectures qui l'auront rendu si scandaleux pour notre monde » (le beau monde que Moore et Byron fréquentaient ensemble à Londres, et dont Moore avait eu garde de s'éloigner).

Et là-dessus il lui écrit :

a Je ne vous identifie pas plus avec les blasphèmes de Caîn que

i< je ne m'identifie avec les impiétés de mon Mokànna. Tout ce que « je désire et implore, c'est que, vous qui êtes un si puissant artisan « de ces foudres, vous ne choisissiez pas les sujets qui vous met- « teat dans la nécessité de les lancer. En second lieu, fussiez-vous « décidément athée, je ne pourrais vous blâmer, si ce n'est peut- « être pour le ton décidé, qui n'est pas toujours sage. Je ne pource rais qu'avoir pitié de vous, sachant par expérience quels doutes <r affreux obscurcissent parfois l'avenir brillant et poétique que je <c suis disposé à donner au Genre Humain et à ses destinées. »

Thomas Moore, aimable poète, qui m*as toujours semblé frisé , comme si tu mettais chaque soir des papillotes ; — espèce d*Anacréon pygmée, quand tu ne chantes pas ta verte Erin ; — véritable Anglais , du reste ! car, comme tes compatriotes, tu as dans ton cerveau une foule de cases différentes, divisées par d'épaisses et impénétrables cloisons, pour y loger séparément dans Tune ce que tu penses sur la religion, dans une autre ce que tu penses en philosophie; dans une ta morale en théorie, dans une autre ta morale en pratique.... charmant Moore, tu me paraistm nain auprès de celui que tu prétendais diriger! Va ! les impiétés de ton Mokanna te sont pardonnées.

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