‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 313 sur 436 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

SUITE

Tiens! puisque tu m'as mis sur ce chapitre, laisse-moi ^e dire une autre histoire faisant encore partie de ma ^i^onfession personnelle. C'est pour te rassurer, et afin que %u aimes de nouveau Shelley , que je te conte ces histoires.

Il s'agit toujours de mon adolescence. J'avais ruminé ^ans ma tête un grand poème où j'exposerais , comme un wiouveau Lucrèce, l'Épicuréisme moderne, très-ressem- I)lant d'ailleurs à l'Épicuréisme ancien. Mais j'étais né ^«omme Malebranche; impossible à moi de rimer.

Mon poème débutait par ce vers :

Le Ciel n'est qu'an peu d'air que le soleil colore.

C'est ce que j'appelle mon vers athée. Le malheur^ c'est que je ne trouvai pas de rime qui me satisfit , bien que les terminaisons en ore soient nombreuses. Shelley, au contraire , rime avec une facilité et une richesse que n'eut

11 to

Zn LA GREVE D£ SAMAREZ.

jamais, au même degré, aucun autre poète Anglais; il manie la belle strophe rimée de Spenser aussi admira* blement que le vers blanc de Shakespear et de Milton. C'est peut-être pour cela qu'il fut plus Athée que moi.

Page 1