‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 58 sur 436 · LAMENNAIS · texte numérisé non relu

LAMENNAIS

toi à qui la Nalare donna un si grand esprit dans un si petit corps; toi si peu retenu dans les liens de la chair; amaigri en outre par tant de macérations, par tant de prières; toi qui fus quelque temps, aux yeux de l'Église, un S. Augustin et un S. Jérôme; toi qu'un pape fit cardinal in petto, et qui aurais été pape si tu n'avais pas été sincère :

Je ne te demande pas pourquoi cette loi que je viens de te montrer est dans la Création. Il est trop évident qu'elle y est, et que la Création ne serait pas sans elle.

Mais dis-moi si dans la Création cette loi était le Mal, et comment, si elle n'était pas le Mal dans la Création, elle est devenue le Mal.

Alors j'entendis Lamennais me répondre en moi-même ce qu'il m'avait répondu me parlant pendant sa vie :

c( Les maux qui affligent la terre ne viennent pas de « Dieu; car Dieu est amour, et tout ce qu'il a (ait est bon. « Ils viennent de Satan , que Dieu a maudit , et des « hommes, qui ont Satan pour père et pour maître. »

Et je lui répliquai : il y a donc deux principes! car je vois qu'en maudissant Satan, Dieu a tout maudit, puisque la Mort est partout.

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