‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 81 sur 436 · CHAPITRE LVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIIL

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Savez-vous quelque chose sur ce William Prynne? demandai-je au faiseur de collection .

— « Non, me répondit-il. Mais voyez les Actes des Jugements. )» Et il me montra d'énormes in-folio. Je cherchai, et je finis par trouver quelques vestiges de cet honnme perdu dans l'oubli.

La Chambre Étoilée de Charles 1", cette chambre qui rendait ses jugements sous un plafond parsemé d'étoiles, lui fit couper d'abord une oreille pour son Fouet des flwtrions. (On prétendait qu'il avait offensé la Reine, une

princesse qui tenait de son père, Henri IV, du vert galant^ et qui aimait beaucoup les spectacles et les histrions.) Puis la même chambre, toujours juste et miséricordieuse, lui fît couper l'autre oreille pour avoir écrit contre Tarchevêque Laud ; et afin de Tempêcher de s'exposer encore à se faire couper une oreille, n'en ayant plus, elle le condamna à une prison perpétuelle. On l'envoya donc à Jersey, dans ce château de Mont-Orgueil, si pittoresque ment -perché au bord de la mer, et où il y a de si jolis cachots.

Ainsi, deux siècles avant que Hugo méditât ses Conlemplations snr ce rivage, un prisonnier écrivait ses Médilatwns en contemplant du haut d'un donjon les rochers, les mers, et les jardins. Les Révolutions de France et d'Angleterre se rencontrent.

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