‹ La grèveChapitre 20 sur 35 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Les Amis

MAUTARD, L'ORATEUR, LATOUR, LANTIER, LE PARISIEN, LE CORNEC, seuls

Le père MauTARI), regardant autour de lui. — Maintenant que nous ne sommes plus que des hommes, nous pouvons causer sans crainte de dépasser le but. Eux, montrant la porte, faut les conduire comme des enfants, jusqu'au jour où ils comprendront...

Latour. — Peut-être bien qu'ils ne comprendront jamais...

L'orateur. — Mais si, mais si, mais on ne bâtit

Jean Hugues. — la Grèce

pas une maison en un jour; laissez faire, ils seront bientôt plus enragés que les autres.

Le père Mautard. — Ça n'est pas difficile. Aujourd'hui, c'est étonnant, ce sont les meilleurs qui sont les plus froids. Voyons, toi, le Parisien, qu'estce que tu dis? T'es muet comme une poutre, sauf ton respect, toi qu'es plus bavard qu'un moulin.

Le Parisien. — Moi? J'ai besoin de rien dire, je

dis rien. Pause. Tous paraissent réfléchir profondément.

Le Parisien, à l'orateur. — Qu'est-ce que vous pensez de notre pays?

L'orateur. — Eh mais, ils marchent!

Latour. — Croyez-vous qu'on réussira?

L'orateur, en souriant. — Mon ami, je vous répondrai dans quelques jours.

Le Parisien. — Voyez-vous la réponse du Normand ! On rit.

Le père Mautard. — C'est juste quand même. On rit. Je m'entends... Je les connais, vous savez, ceux d'ici. Ils vont suivre pendant deux jours, puis après, bernique... Ils vont rappliquera l'abattoir comme des moutons.

L'orateur. — Savoir. Je les connais aussi les ouvriers, et depuis longtemps. Malgré cela, il m'est toujours difficile de prévoir l'issue d'une grève. C'est une affaire si compliquée... question d'argent... question de femmes... question d'éducation...

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