ACTE II
la trouille, fichez-moi le camp... Latour se tait et s'écarte un peu.
Le Parisien, pour changer d'idées. — Allons ! allons ! c'est un bon gars au fond, faut pas vous fâcher, venez-vous boire un verre?
L'orateur. — Oui, un verre d'eau... Je ne bois que de l'eau... ou du lait.
GuÉRiN, à Latour. — Ah ! Ah ! Vois-tu mon vieux ?
L'orateur, souriant. — Je vous demande pardon de...
Quelques voix. — Mais non... mais non.
L'orateur. — Je vois d'où notre énervement vient, nous sommes trop pressés. Allons nous coucher, cela vaudra mieux. Nous avons besoin de toutes nos forces pour les jours suivants. Souriant : Pour la grande guerre, il faut de bons soldats... Ému. malgré lui. Mais avant de partir, saluons cette salle qui a vu votre première révolte et qui en. verra d'autres.
Le père Mautard. — Espérons-le...
L'orateur, de sa voix ordinaire, mais très ému. — Vivent
les travailleurs courageux !
Le père Mautard, très fort, partageant la même émoUon. — Vive la grève ! Ce mot réveille leur gaieté, un même frisson les émeut, leur visage est transfiguré.
Rideau