ACTE III ROLLET. — A la vôtre ! ils trinquent
Le paysan. — Alors, comme ça, les choses tournent point bien?
RoLLET. — Ça tourne mal?... Heu... Heu... Moi, vous savez, je n'en sais rien...
Le paysan. — Sans vous commander, quel est votre avis ? Lequel qu'a raison ?
RoLLET. — Mon Dieu, je sais point. Le gouvernement a tort. Les ouvriers n'ont pas raison, non plus... faut être juste. Et puis, dans ce pays, on ne sait pas tout, alors on ne peut pas dire si Pierre...
Le paysan. — Et votre journal, qu'est-ce qu'il en pense ?
Rollet. — H cogne sur les ouvriers...
Le paysan. — Ah! voyez-vous...
Rollet. — Cela n'engage à rien; il est payé par le gouvernement pour ne dire que ce que le gouvernement veut.
Le paysan. — De façon que...
Rollet. — On ne sait rien, rien du tout.
Le paysan. — Par le fait... Et puis tout ça c'est des micmacs quin'nous regardiont point... Pourvu qu'on vende notre blé, nous autres de la campagne, on n'en demande pas plus. Ah, ils peuvent se tuer
à Paris... pour sûr que oui. Deux ouvriers traversent la place en causant devant la porte. Et leur grève, c'est fini?
Rollet. — H y a déjà deux jours...
Jean Hugues. — la Grèce
Le paysan. — C'était forcé... Qu'est-ce qu'on peut faire contre les riches, rien monsieur Rollet, rien du tout... Il faut qu'il y ait des riches et des pauvres.
Rollet. — Il y en a toujours eu...
Le paysan. — Y en aura toujours... Gomme vous dites. On ne peut changer ça... Et quel profit ontils retiré de ce beau coup, sans vous commander?
Rollet. — Rien, M. Parisol a renvoyé Lantier, celui pour lequel on chômait. Il a gardé les autres parce qu'il en avait besoin. Mais... ii s'arrête.
Le paysan. — Mais...
Rollet. — Mais rien... rien.
Le paysan. — Ils sont bien avancés.... Ils ont perdu des sous et les voilà comme devant... Entrent
Bontemps et le père Mautard; ils s'asseoient près de la rampe.
Bontemps, frappant sur la table. — Une bouteille de rouge, par ici.
Rollet. — Tout de suite, messieurs, ii les sert.
quitte son client, essuie les tables pour se donner une contenance ; le paysan écoute.
Le père Mautard. — Oui, ils n'en finissent plus.
Bontemps. — Mais, mon vieux, ils ne veulent pas finir, ils ne peuvent pas finir... Ils l'exploitent cette affaire des Vols Rhodaniens. — Au fond la même comédie continue sous d'autres noms. C'est