TRAITEMENT
Les recherches bactériologiques sur la nature de l’agent pathogène de la grippe n’ont pas encore abouti à l’heure actuelle, à des conclusions thérapeutiques. Il n'existe pas de traitement spécifique de la grippe^ Le traitement sera donc symptomatique : une médication anti-infectieuse générale, des médications variables avec les diverses localisations, telles sont les ressources thérapeutiques à mettre en œuvre contre la grippe.
Au point de vue thérapeutique* comme au point de vue clinique, il est nécessaire de séparer la grippe simple et la grippe avec complications pulmonaires.
Mais on peut, auparavant, poser quelques principes généraux applicables à tous les malades.
Tout sujet qui ressent des prodromes de la grippe, doit immédiatement s’aliter, loi absolue qui ne saurait souffrir aucune exception; on combattra la manière de voir de certains malades qui, trop confiants dans leur résistance antérieure, essayent de lutter contre la maladie, prennent quelques heures de repos, étendus tout habillés sur leur lit ou sur une chaise-longue, ou passent une ou deux journées dans un fauteuil au coin du feu. L’alitement est nécessaire; il doit être prolongé au moins quarante-huit heures après la disparition définitive de la fièvre.
La chambre du grippé sera aérée jour et nuit; on fera du feu si la température extérieure s’abaisse : l 5 à l6“ représentent la température optima ; il est avantageux de faire dans la chambre des fumigations (feuilles d’eucalyptus) qui ont souvent une action favorable sur les quintes de toux. Le lit ne sera jamais surchargé de couvertures ou d’édredons, pratique trop fréquente, dans les campagnes surtout, où le spectre des accidents pulmonaires invite l’entourage à supprimer tout apport d’air pur au malheureux grippé. Le malade ne conservera qu’une chemise ; ici encore, il sera souvent difficile de lutter contre les préjugés familiaux^ et, de faire disparaître les tricots, chandails, ceintures de flanelle qui gênent les fonctions cutanées et exposent le malade à des transpirations abondantes suivies de brusques refroidissements.
Ce sont là des notions bien banales; elles n’en ont pas moins leur importance, et d’ailleurs leur stricte observation procure au malade un tel bien-être qu’il serait réellement cruel de les négliger.
Le régime alimentaire des grippés doit être réglé minutieusement. Au début l’anorexie est telle que le malade refuse toute nourriture. A ce stade, l’alimentation sera liquide (bouillon, infusions, tisanes, café, thé aromatisé de quelques gouttes de rhum, grogs); si le malade l’accepte et
le tolère, on lui donnera du lait chaud ou froid ( un litre et demi à deux litres par jour). Aussitôt l’appétit revenu, et les signes d’embarras gastro-intestinal disparus, le malade prendra une alimentation plus substantielle; potages au lait, bouillies de farine, purée de légumes, confitures et assez rapidement une petite quantité de viande.
Cette alimentation précoce, lorsqu’elle est surveillée, lorsqu’on évite la constipation, a le grand avantage d’abréger la durée de la convalescence.
En dehors de ces considérations d’hygiène générale, le traitement varie suivant qu’il s’agit de grippe simple ou de grippe à forme pulmonaire.