‹ La grisette de Bordeaux, vaudeville en un acteChapitre 2 sur 28 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

BLANGEAC, M- SAINT-JULES.

BLANr.EAC, i lul-mime.

Qui dirait, à nous voir ainsi, bJillant chacun de notre côté, que c’est par amour pour cette femme que, moi, Jules Blangeac, demi-millionnaire de la fille de Bordeaux , je suis à peu prés miné.

U-" BXIMT-JtJLES, de mCme.

Pas de jour qae je ne reçoive du jeune homme d’en face une letü'e des plus passionnées! il m’aime, c’est certain... oni ; mais le plus clair de son affaire, c’est qu'il est clerc de notaire.

BLAItCEAC, de même.

L’amour est sans doute un doux trésor ; mais je commence à croire que ceux que j’ai perdus valaient encore mieux.

U-' SAINT- JULES, de même.

Ah! siH. Blangeac ne me fascinait pas, avec cet éclat qui sMuit et entraîne, surtoui, s’il n’avait pas promis que les liens de l'hyménée... [A Dlangeac.) A quoi pensei-rous donc , mon ami?

BLANGEAC.

Oh! je devise avec moi-méme; ne faites pas attention, mon cœur, (A lul méme.) Cette même femme qui vient de m’interrompre , valait beaucoup mieux, aussi... quand, simple grlsette de Bordeaux, elle faisait rorocnient d'un ateUer de brodeuses... Ab! les méiamorphows cofltent borribiemcul cher ! J’en ai fait une belle dame ,

qui ne rit plus , qui ne m’amuse plus... et je suis ruiné ! c’est cher !

M-* SAINT-JULES

Mais, M. Blangeac, savez-vous que vous m'eunuyex, à la lin, avec votre soliloque.

BLANGEAC , de même.

Soliloque ! elle ne se serait jamais servi d’un mot semblable , autrefois... du mot technique... elle aurait dit tout bonnement : Vos bouderies , vos rêvasseries ! Soliloque me coOtc un peu cher!

U-* SAINT-JULES

Daignerez-vous me répondre ?

BLANGEAC.

Mais , ma chère , vous troublez mes méditations; j'élabore iin plan de réforme.

M“* SAINT-JULES

Monsieur sc range ?

BLANGEAC.

Oui , Saint-Jules ; après une existence qui tenait de l'Orientale et de l’Aiidalouse , il m'a pris tout-à-coup le désir des rhoscs simples ; je suis un être fantasque, inexplicable , j'échappe à l'analyse.

M" SAINT-JULES, à pirL

Ilesttoqné!

ni.ANCEAC.

J’en reviens aux gofits de l’âge d'or... au laitage, et aux plaisirs des champs.

J1-* SAINT-JULES

• Je ne TOUS ai jamais vu si pastoral.

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