SCÈNE VI
MANT EL, puis ISABELLE.
MANUEL, teul. Oli I oui, j’ai hîte départir, de quitter Aladrid, maiulenautque le doute ne m'est plus permis, maintenant (juc toute espérance m’est interdite! car c’éiait bien elle, elle que j’ai vue sortir fmtivcinent la niiil de la maison de sa mère. Le désespoir m’a fait errer sous ses fenêtres, et ce n’est qu’au jour que je l'ai vue rentrer. . . J 'ai dû éviter le bruit, lé scandale, qui auraient tué ma pauvre tante! Alais je veux partir, m’eloigner au jdusviie...
iSAiiELl.E, à la cantonade. Oui, maman; attendez-moi Ih.
MANUEL. Cette voix!...
ISABELLE. Je vais savoir si son excellence peut nous recevoir.
manuel*. Isabelle !
ISABELLE, cn/ranf. Alon cousin!... Vous aviez, connue nous, une audience ; mais d’où vienlqiie nous nevous avons pas vu ce matin ? d'où vient que vous ne nous avez pas accompagnées?
MANUEL Vous voulez l’apprendre, Isabelle?
ISABELLE. Oui, monsieur; et je veux savoir aussi pourquoi vous me lépoiidez à peine, jwurquoi vos regards évitent les miens, pourquoi enfin vous éles si pâle!...
MANUEL. Parce que j’ignore encore oàvous avez paosé la soirée d’hier!
ISABELLE, à part. Grand Dieu !
* libelle. Manuel.
LA GRTSETTE
MA5ÜE1.. Quand je sais revenn chez vonsi le cœur plein d'espoir, pour vous apporter cette lettre d’audience, je suis entré dans ttotre chambre. .. elle était déserte !
ISABELLE, à part. Que lui dire?
aiANUEL. Tour UC pas tuer votre mère, je loi ai caché la véritÀ.. je lui ai dit ; Elle dort! Mais vous étiez sortie... sortie jKtur ne rentrer qu’ï la Gn de la nuit! sortie... seule, en secret... A votre tour, (tariez, Isabelle; pourquoi ne me répondez-vous pas î (wurquoi vos regards évitent-ils les miens? pourquoi êtes-vous si pâle?,..
ISABELLE, à part. .Mon Dieu, je ne puis pourtant pas lui avouer... ( Uaut et eeHorçant d'étre gaie. ) Eli ! quoi , mon cousin , voila ce qui vous tourmente, ce qui vous donne cet air sombre et boudeur 7
MAMJEL. Ce calme, cette assurance...
ISABELLE. Vous étonnent... car vous pensiez parler à une coupable...
MANUEL. Mais si vous ne l’êtes pas, expliquez-vous...
ISABELLE. Maintenant c'est impossibre, et
pourtant. „
Au du 3fouh'n. (Roi d’Ytetot.
De cette froideur Mod àrne e«t blessée;
De ce ton grondeur Je «ut)i offensée.
Je veux qu’un époux Croie à ma tcndreMe,
Mais 6 du jaloux Qui tremble »ans cesse!
Si nous vous passons Plus d'une folie,
Janaais les soupçons On ne le^ oublie.
Messieurs les maris,
Pour être chéris.
Confiance entière !
Croycï qu'à regroi.
Le cœur est discret.
Confiance emièrel Du bonheur sur terre Voilà le secret.
MANUEL. Mais pourquoi refnscr de m’apprendre?...
tSADELLE. Attendez seulement que nous ayons vu le ministre; oui, lorsque nos biens nous serons rendus, vous saurez tout... (A part.) Car alors il sera riclie, et je pourrai, sans blesser sa fierté, lui dire que cet argent Ini venait de mon travail.
MANUEL. Je ne comprends pas...
ISABELLE, eouriant. Si vous me compreniez, monsieur, où serait le mérite? [Ârec duuceur. ) Allons , Manuel , un peu de patience... je ne vous demande votre confiance que pendant une heure peut-être. Croyei-
TOUS que ce soit trop pour moi , qui tous aime depuis si longtemps?
MANUEL, itiiu. Isabelle!