PAMPHILE, ISIDORE
Isidore, a pan.
11 me semble pourtant qu'elle m'a regardé d'une manière prouoncée.
Pamphile , qui a regardé sortir Thérèse.
Hein , Isidore ! est-elle gentille ?
ISIDOnE.
Oh! oui... et honnête!..
PAMPHILE
Que trop !.. et qu’on aimerait ?
ISIDORE
Oh! ferme!., hélas!
PAMPHILE, s’approchant et le reganlautsons te nez.' De quoi ? de quoi ? tu as dit ; hélas !
ISIDORE
Ah! tu penses bien que je n’ai pas un camr de bronze florentin , ni de plaqué , ou autre métal !..
PAMPHILE
Elle mien !.. mon ami!., le mien, il est en gomme élastique, en caout-chouc, ra prête ça prête !..
ISIDORE , le poussant vers la gauche.
Au : Mes yeux dilatent lot* le contraire.
Je suis plus * plaindre que toi t
PAUPIIILP., étonné.
Quelle confidence imprévue 1
ISIDORE . avec feu.
J'aime Thérèse!..
Est-ce vrai ? quoi !.. •
ISIDORE
Depuis le jour où Je l'ai vue I Id, pourquoi, m'as tu logé?
PAMPHILE
Pasque la chambre était moins chère.,.
ISIDORE
Quand nous avons emménagé...
Ma lélc a fait tout le contraire !
PAMPHILE
Quoi ta tête a déménagé.
Quand nousavons fait le contraire?
Eh ben , mais t’es-tu déclaré ?
ISIDORE
Hier soir, quand je suis rentré, clic était seule... je me suis enfin risqué... j’ai osé lui avouer mes senti mens!
Pamphile , se frottant les mains.
Ah! ch bien? eh bicu?
ISIDORE
» Eh bien ! je n’en ai rien pu obtenir.., elle a
LA GBISET1E AOM ANTIQUE.
répondu qu'elle ne me connaissait pas assez., qu’elle n’avait jamais songé, avant moi, à aimer... qu'elle n'aurait jamais un amant, qui ne serait pas un prétendu... liais enfin, tn'aimerez-vous, un jour ?.. lui disais-je : si j’avais cet es|toir , j'écrirais à mon père.
PAMPHILE
Oui!., les malins promettent toujours d'écrire à lents pareils !.. et ça n’a rien fait ?
isiDom:.
Je ne puis pas vous répondre, disait-elle, je ne le puis pas... sortez, Monsieur!., sortez!
I tristement.) Et je suis sorti!..
PAVIP1IILK.
C'était bien la peine d’entrer!.. Iioni !.. veuvtti que je le dise , ta Thérèse... c'est une petite carafe d'orgeat !..
istnonc , descendant la scfxie à droite.
Tu crois! je suis bien malheureux!., oit ! les femmes !..
PAMPHILE, remontant a gauche.
Les feinir.es!.. les femmes!.. Tiers, tu n'as ciré qu'une de nos liottes... ah ! tu es bien bas , mon pauvre ami !
ISIDORE; passant A gauche.
Je ne sais plus ce que je fais... Comment, dire que nous ne trouverons pas deux femmes qui nous aiment !..
PlMPHII.E . prenant la droite.
Deux femmes ! diable ! comme tu y vas , toi ! certainement , ça vaudrait mieux !.. tuais tu sais beu que nos moi eus ne nous le permettent pas. J'en voudrais une seulement !.. ah! si je pouvais retrouver celle qui...
ISIDORE
Comment , celle qui ?
PAMPHILE
Écoute , mon jeune et innocent ami... si j'osais t'avouer , Je te (lirais que j'ai fait une rencontre...
ISIDORE
En vérité? toi?.. (Vivement.) Et qui ça?
PAMPHILE
Ab ! je ne sais pas !
IsinonE, vivement.
Comment l'appcllcs-tu? où demeure-t-elle?
P.VVIPÎIII.E.
Ah ! ça , je n'en sais rien ! c'est une aventure bien mystérieuse, qui a eu lieu devant seize personnes et doux enfans, dans un omnibus... figure-toi que la semaine dernière, j'ai rencontré, non uncjrune fille, mais une femme pleine de grâce, et qui l’était assez... tenant le juste milieu cuire le jeune veuve et la première demoiselle de magasin... une séduisante inconnue, enfin! elle avait un tablier vert, et des veux bleus ! et j’ai eu le bonheur de lui rendre un grand service.
Est-il heureux!
PAMPHILE
Au montent de payer sa place , cette beauté anonyme n'avait sur elle , à ce qu'elle disait , qu’un billet de banque de 1 ,000 francs et 20 centimes de monnaie... elle était troublée, émue, et je lui ai prêté deux sons pour compléter son omnibus et satisfaire la rapacité du conducteur, &
• ISIDORE, avec humeur.
Bien î bien ! il parait que tu manges notre argent avec les femmes.
PAMPHILE
Que veux-tu?., c’est mon premier sacrifice à la beauté ; il ne faut pas me le reprocher.
ISIDORE
Elle ne t'a pas dit où tu pourrais la revoir...
PAMPHILE
Non... mais elle m’a conté qu’elle allait souvent chez Musard et chez Valentino. où la mélodie et le cornet à piston lui procurent des extases î Aussi , j'ai un projet...
1SIDOIIE.
L’u projet?
PAMPHILE
Allons ce soir à sa recherche , nous tâcherons de la faire venir par iri, tu auras l’air de lui faire la cour... Thérèse la verra, la jalousie la piquera , et la rendra plus sensible pour toi.
ISIDORE
Tu crois! oui, c’est une bonne id^e... nous le ferons. (Ou entend dans l'escalier.)
TRi rill.T, en dehors.
M’sieur Isidore Miuard et Pamphile Truchet, s’il vous plaît?., encore deux étages, merci!
ISIDORE , près de la rampe de l'escalier.
Tiens! l’ami Truchet... et nous n’avons rien de préparé.
PAMPHILE
C'est vrai... appelle noire, chef!
ISIDORE, à crtté dr la chambre.
M" Pauissol... vite! vite!