EXPOSÉ DU PLAN DE CE TRAVAIL
$ 1er. — Les premières observations sur les grossesses extra-membraneuses ont été faites d’abord par Tarnier et ensuite, un peu plus tard, par Bar.
Une première observation a été rapportée dans les Annales du Congrès de Bordeaux en 1895, concernant un cas de Tarnier; et Bar, en 1898, a fait la communication d’un cas
de grand intérêt, à la Société d’Obstétrique de Paris. Un:
peu plus tard Maygrier fait une nouvelle communication, en 1899.
C’est au travail de Glaize en 1899 que nous devons la première étude d’ensemble de la question et la dénomination de l’anomalie, qualifiée par lui de «grossesse extramembraneuse ». Depuis un certain nombre d’observations ont vu le jour, dont l’ensemble ne dépasse pas la cinquantaine jusqu’à nos jours.
Ce chiffre indique d’une façon claire que l’anomalie que nous nous proposons d'étudier est très rare, mais certainement non moins intéressante.
Nous citons ici même quelques auteurs qui se sont occupés de la question, tout en nous réservant au cours de notre exposé de revenir sur le point que chacun d’eux a particulièrement étudié.
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Ainsi nous retrouvons une observation de Garipa et Berny en 1909, une étude de Brouha en 1918. Ensuite les observations et études de Gonnet (1914), Lyon et Derman (1921), Beghin (1927), Le Lorier (1928). Nous citons en outre Ribemont et Holzapfel. Nous retrouverons dans La ‘pratique de l'Art des Accouchements (A. Brindeau), l'étude résumée de la question. Enfin nous citons encore ici les observations de M. Brindeau, dans les leçons du jeudi soir à Ja Clinique Tarnier (1927).
Nous n’insistons pas davantage dans ce chapitre sur ce point. De crainte de nous répéter, nous mentionnerons les noms des divers auteurs qui se sont occupés de la question au fur et à mesure de notre exposé et suivant le point qu'ils ont particulièrement étudié sur les grossesses extra-membraneuses.
$2. — Il s’agit habituellement des jeunes femmes, le plus souvent mullipares, qui présentent vers le 4e ou 5€ mois de
Ja grossesse, sans cause appréciable, une rupture prématurée
des membranes avec hydrorrhée amniotique à caractères particuliers et persistante. L’avortement ou l'accouchement prématuré menacent de se faire d’un jour à l’autre, comme cela s’observe dans la rupture ordinaire des membranes, dans les vingt-quatre à quarante-huit heures qui font suite. Grâce au repos absolu et aux: calmants habituels, nous savons actuellement retarder l'apparition du travail ou l’enrayer tout à fait à son début, jusqu'à une certaine limite; ce qui prolonge la gestation et permet au fœtus de séjourner le plus possible dans le sein maternel, en lui assurant ainsi le plus de chance possible à la viabilité.
L'accident survient habituellement du 4e au 5e mois et
l’accouchement est de règle vers la fin du 6e ou au début du
8e mois au plus tard. La délivrance se fait naturellement et rapidement,
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Le trait le plus caractéristique de l’anomalie est fourni par l'examen de l’arrière-faix; on est surpris de son aspect très particulier.
Généralement sur le placenta largement marginé, s’insère une poche des eaux rudimentaire, non déchirée, percée d’un orifice régulièrement arrondi, et qui certainement étant : donnéses capacités les plus infimes, n’a pu contenir le fœtus
au terme actuel de la grossesse, depuis longtemps.
Le sort du produit de conception est compromis et quoique dans un très grand nombre des cas l’enfant naît vivant, il meurt rapidement, succombant aux diverses lésions dont ilest porteur ou encore simplement à sa débilité congénitale.
Le pronostic maternel est toujours bon.
Voici les faits.
Les cas que nous allons étudier concerneront donc strictement la rupture simultanée des deux membranes de
’œuf, de l’amnios et du chorion; consécutivement à cette
rupture le fœtus est sorti des membranes et il s’est développé en dehors de l’œuf à même dans la cavité utérine.
Nous ne nous occupons pas de la rupture de l’amnios seul.
La rareté de l’anomalie et surtout la grande difficulté de donner une explication suffisante de son étiologie et de sa pathogénie, nous ont fait hésiter d'entreprendre son étude, Néanmoins nous estimons qu'il y a là matière à des considérations qui peuvent intéresser l’accoucheur à de nombreux points de vue. La question est séduisante par son côté étio-
logique et pathogénique; elle constitue un des points les plus curieux et les moins connus de la vaste question de la rupture prématurée des membranes, mise au point par
Shapher, Poullet, Tarnier, Budin, Bar, Oui et tant d’autres.
L'étiologie de ces faits est fort obscure, la pathogénie l’est
également. On a invoqué comme cause de la rupture des
membranes l'influence de la caduque et la friabilité consé-
cutive des membranes ovulaires; l’hydramnios aïgu déterminant un éclatement précoce de l’œuf ou au contraire, loligohydramnios avec déchirure des membranes par le fœtus lui-même; les contractions utérines précoces, le développement insuffisant de la caduque réfléchie, etc. Il est difficile de ‘se prononcer hardiment pour telle ou telle interprétation, au moment où des maîtres illustres ont observé une prudente réserve. Aussi sans vouloir prétendre à une interprétation définitive des faits si obscurs, nous nous contenterons d'admettre l’hypothèse qui nous semble la plus vraisemblable. Ces faits étant assurément très rares, ne le sont pas toutefois autant qu’on a pu le croire autrefois. Au début ces phénomènes ont paru comme une bizarrerie de la nature, mais les observations se succèdent et chaque année nous comptons des nouvelles.
Etudier de nouveau le fait, en insistant sur ses caractères, tel est notre but, et nous sommes convaincu que le dernier mot sera dit sur cette question comme sur tant d’autres, étant donné les progrès incessants de l’obstétrique.
La grossesse extra-membraneuse constitue de nos jours une entité qui a sa place propre dans la science, alors qu’autrefois par le fait même de la rareté des observations, elle
n’était considérée que comme une anomalie étrange, presque une monstruosité,
Nous avons pensé utile et intéressant de réétudter la question telle qu’elle se présente à nos jours; il nous a semblé que les diverses monographies qui ont paru ne peuvent nuire en aucune façon à la valeur personnelle de ce travail, étant donné qu’il est presque impossible de raisonner et conclure sur un cas isolé, alors que sur une série d'observations il est permis de baser des conclusions et d'avancer des idées générales.
Aussi nous avons estimé très intéressant de regrouper les faits et de publier ce travail en face de la multiplication des
donne aux femmes huis ue un 1 eaux fo repos! aulitet le traitement calmant ayant pour but de reculer le En 4 ébut du travail. Nous avons cru bon d’ approfondir de nouveau la question, de recueillir les éléments épars pus en | présenier un tout bien déterminé. : TES Après avoir rappelé les caractères des membranes de l’œuf, amnios et chorion, leur disposition, leur structure et die physiologie, 1 nous ANT l "exposé des nos observa- à | “tions. . ÿ A Noié étudierons te la Détfoaene et l’ étiologie en L résumant les diverses causes qui pautent Heu la grosx ee sesse extra-membraneuse. qu Nous consacrerons un ‘court chapitre sur le diagnostic À d’ailleurs difficile et sur les conséquences de la note | d’abord pour la mère et ensuite pour l'enfant W Nous ‘terminerons par l’étude du traitement et l’exposé NAT nos conclusions.