‹ La Grossesse Interstitielle: Etude Synthétique Suivie De 18 Observations Et De 3 PiècesChapitre 4 sur 71 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La grossesse interstitielle, c’est-à-dire une grossesse qui se développe dans la partie de la trompe contenue dans le muscle utérin, est connue depuis peu longtemps.

D'après Carus le premier cas de grossesse interstitielle a été publié par Schmitt en 1801, mais la première observation appartient peut-être Mauriceau. S'il ne l'a pas baptisée du même nom, la figure qu'il représente dans son «Traité des femmes grosses» ne laisse de doute qu'avec une grossesse développée dans une corne rudimentaire.

Mayer, en 1825, compte 4 cas. Mondini, en 1840, en observe un autre.

Hecker, en 1859, décrit 26 cas, mais Baart de la Faille, après une critique sévère, réduit ce nombre à 17. Popel, dans la même année, ajoute 3 cas et porte le nombre à 20. :

En 1898 Beckmann donne 40 cas que v. Holst réduit en les examinant sérieusement à 22. En comptant les observations de Fitz, de Maschka, de Rosenthal, de Braxton-Hicks, de Lawson-Tait, de Bandl, de Eiermann de Bar et Mercier, de Bar et Bufnoir, nous arrivons à 40.

.. Werth, en 1904, dit lui ne connaître que 40 cas, mais 17 cas nouveaux sont apportés par Finsterer en 1908. Depuis cette époque, le nombre des observations

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augmente lentement. Couvelaire, Brindeau, Bonnaire et Brac, Bar, Lequeux, Waegeli, Vandescal, en publient quelques nouveaux. .

Rübsamen présentait, en 1920, à la Société de Gynécologie de Dresden, deux pièces de grossesse interstitielle qu'il disait être les 65e et 66e cas sûrs.

Avant de terminer cette énumération nous tenons à citer les deux cas de Schmitt Walther qui sont les deux derniers parus.

Il peut donc être admis qu’une grossesse interstitielle est très rare, puisque depuis 1801, malgré les innombrables opérations faites pour grossesse extra-utérine il fut observé tout au plus 80 à 100 cas sûrs.

Si le nombre des cas publiés est assez restreint, les travaux d'ensemble sur ce sujet le sont encore plus. Après les travaux déjà anciens de Carus et de Simon, ceux de Lequeux, de Glaesmer, de Baart de la Faille, de Waegeli, il ne reste comme étude récente et encore date-t-elle de 1919, que l'ouvrage de Vaudescal.

Sous l’instigation de notre Maître, Monsieur le Professeur Reeb, qui ayant remarqué dans ses dernières années une recrudescence des cas de grossesse interstitielle opérés à la Clinique, un travail d'ensemble sur cette question méritait d'être fait. Quant à la cause de cette recrudescence qui va contre l'opinion classique, nous la signalons simplement, sans nous efforcer de l'expliquer. Nous avons aussi été poussé à faire ce travail ayant constaté que les recherches françaises sont en retard sur celles de bien des pays étrangers.

En réunissant les très nombreuses observations de grossesse extra-utérine faites depuis 1912 dans le servi- . ce, nous avons pu recueillir 18 cas de grossesse interstitielle; en examinant les pièces opératoires du musée de Ja Clinique nous avons pu ajouter à ces obser-

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vations 3 pièces très bien conservées et indiscutables de grossesse interstitielle du 4e et 5e mois, pièces qui nous le savons, sont d’une grande rareté. Malheureusement, les observations correspondantes n'ont pas été retrouvées.

Les 18 cas que nous publions sont tous des grossesses interstitielles jeunes, du 2e mois environ pour la plupart. Tous les cas douteux ont été éliminés, pour les admettre sûrement comme des grossesses interstitielles, nous nous sommes basés sur les 4 signes suivants;

1) insertion du ligament rond sur la paroi antérieure et à l'extérieur de la tumeur.

2) asymétrie des annexes. La trompe du côté gravide étant plus élevée que celle du côté opposé.

3) insertion de la trompe sur la face latérale de la tumeur.

4) implantation par une base large de la corne gravide sur l'utérus.

Lorsque ces signes existent et lorsqu'il s’agit de grossesses jeunes, nous sommes presque certain qu'il s'agit d'une grossesse interstitielle, mais pour être plus sûr encore, nous avons fait un examen histologique des pièces opératoires conservées dans la formaline.

Parmi les observations mentionnées, il y en a 6 qui ne possèdent pas de pièces opératoires, elles nous serviront néanmoins pour préciser la symptomatologie d'autant plus qu'à l’époque un examen anatomo-pathologique minutieux a été pratiqué, qui nous permet de les accepter comme étant des grossesses interstitielles.

Nous avons divisé notre travail en deux parties bien distinctes; la première a trait à une étude d’ensemble de la grossesse interstitielle, la deuxième est

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consacrée aux observations et à la description des pièces anatomiques.

Dans la première partie, nous nous sommes efforcé d'être aussi complet que possible. Nous résumons tous les travaux récents et anciens qui ont une réelle valeur, c’est ainsi que nous étudions successivement la classification, l'anatomie, l'étiologie, la symptomatologie, l'évolution, le pronostic, le diagnostic et le traitement des grossesses interstitielles.

Dans la deuxième partie, les observations ne sont pas critiquées; elles sont transcrites teiles qu’elles, sans aucun commentaire. Nous n'avons rien ajouté qui serait en faveur d’une grossesse interstitielle, ni rien enlevé qui parlerait contre. Nous ne nous dissimulons pas que des critiques sont possibles, mais nous expo- : serons pourquoi nous les avons classées comme grossesse interstitielle.

Avant de commencer ce travail, dès maintenant nous tenons à remercier notre Maître, Monsieur le Professeur Reeb, l’inspirateur de notre sujet, le directeur de nos recherches. Tout particulièrement, nous le remercions d’avoir bien voulu nous ouvrir son laboratoire. Qu'il veuille bien accepter ce travail en témoignage de notre indefectible dévouement, pour son enseignement, ses conseils et sa bonté.

Nos remerciements et notre reconnaissance s’adressent aussi à Monsieur le, Docteur Kreis, à qui nous devons en grande partie notre formation obstétricale, grâce à son enseignement clair et substentiel.

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