Observation Clinique
Mme. K...... 26 ans. No 399. 44.11.26.
Antécédents — Un accouchement normal à terme en 1922. Menstruation — Premières règles à 13 ans, toujours régulières, rythine 4 semaines, durée de 3 — 4 jours, peu abondantes, non douloureuses. Dernières règles le 6 septembre.
Anamnèse — Le 14 octobre a ressenti des docloure abdominales assez violentes, accompagnées d’une perte de sang qui ont duré 24 heures . Le 28 octobre, reprise des mêmes douleurs mais pas de pertes sanguines, température 330 3, poul 120, en quelques heures tout est rentré dans l’ordre. Le 30 octobre, remarque qu'elle est d'une pâleur extrême, ses muqueuses sont décolorées, se sent faible, a des bouffées de chaleur. Le 31 octobre, pertes de sang abondantes avec douleurs dans le petit bassin. Le 2 novembre, elle consulte un médecin, car elle est encore plus faible et plus pâle, celui-ci nous l'adresse pensant à une hématocèle d’origine extra-utérine.
Examen — Femme de bonne constitution, d'une grande pâleur aussi bien de ses téguments que de ses muqueuses. Température 380 5, poul 9%.
L'abdomen ast légèrement ballonné, très douloureux dans la région sous-ombilicale droite et le flanc
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gauche. A ce niveau existe une grande défense de la paroi qui est très dure. Dans le flanc droit il y a du météorisme. La percussoin révèle une matité dans la rég'on sous-ombilicale et le flanc droit, elle est invariable avec la position de la malade. Au toucher vaginal, le col est petit, fermé, l'utérus pas augmenté de volume. A gauche et dans le Douglas on découvre une tuméfaction molle, très douloureuse, qu’on ne peut délimiter vers le baut et atteignant le volume d'un poing.
Quoique le diagnostic) d'hémorragie interne soit indiscutable, on n'intervient pas immédiatement à cause de la température, d’ailleurs le poul est bon, peu rapide et bien frappé.
Le 3 novembre, l’état général est meilleur, et le soir il v a toujours de la température.
Le 4 novembre, à 8 heures, en allant à la selle est prise brusquement d’une syncupe, on ne sent plus le poul. les mains et les pieds sont froids. Au toucher vaginal, le Douglas bombe fortement, il est très sensible. Il faut intervenir sans tarder.
IT. Opération.
Laparotomie médiane sous-ombilicale. Il n'y a pas de sang libre dans la cavité abdominale. L'utérus est accollé aux anses intestinales, il se forme ainsi une barrière qui le limite de cette dernière. En détachant l’u-
térus de ses adhérences il apparaît alors un amas considérable de sang coagulé. Aussi bien que possible on retire les caillots. L’utérus paraît normal, les trompes sont intactes, les annexes un peu oedématiées des deux côtés. Mais en relevant l'utérus on aperçoit cachée dans des débris de membranes, une petite tumeur grosse comme “une noix insérée à la corne utérine gauche, mais empiétant fortement sur la face postérieure de l'utérus. Le fond de ce dernier n’est pas relevé, la tumeur semble être en plein tissu musculaire, le bord latéral de l'utérus
n'est pas dévié non plus par elle. En outre, sur sa face postérieure, là où étaient accollés les intestins la tu- . méfaction porte une ouverture de 3 mm. de diamètre d'où émerge un caillot sanguin.
Excision de la corne utérine gauche avec ablation des annexes gauches. Le restant des caillots est enlevé aussi bien que possible; dans le Douglas on trouve du sang liquide. Suture du muscle utérin, ligature et péritonisation du moignon.
Fermeture en 3 plans.
La rupture interstitielle se trouvant sur la face postérieure de la corne utérine s'est peut-être faite d'une façon lente et sa localisation particulière a favorisé un accollement rapide des anses intestinales. La barrière constituée vers le haut, l’hémorragie s’est faite dans le Douglas, d’où la syncope au service.
Suites — S. p.