MAX, DANIEL
DANIEL. A présent, voilà mon cœur soulagé, car je peux dire avec certitude qu'il n’y a plus rien à craindre pour toi.
max. Oui... grâce* à ton infatigable dévouement. I II (end la main d Daniel.)
* ILiuiel, Jodoque, Max,
DANIEL le regarde et ne prend pas sa main.
Il y a trois ans, je l’ai dû la vie. . . et celledettelâ, aujourd'hui surtout, me pesait rudement. .. enfin, par bonheur, nous sommes quittes.
MAX. De quel ton tu me dis cela, Daniel...
tu semblés avoir une arrière-pensée.
damel. Tu n’enaspas, toi, Max?
max. Si fait... la volonté de te garder, ainsi qu'à Berthe, une éternelle reconnaissance dans mon cœur, et l'espérance de rentrer il Ruge.n aussitôt qu’une victoire ou la paix nous en aura ouvert les portes.
Daniel. Ah! tu as le projet de revenir nous voir?..,
MAX. Oh ! oui, car je ne pourrais pas me résigner à ne plus entendre parler de vous... Sans l'espoir du retour, Daniel, je ne partirais pas !
Daniel, éclatant. Ah ! voilà le mot que j’attendais.
max. Daniel, pourquoi ce mouvement de colère?
damel. En effet, j’ai tort... Quand tu t’es avisé d’aimer d’amour celle qui l’a protégé, tn ne savais pas qu'elle était ma promise.
max. Tu me crois ton rival ?
Daniel. Ose donc jurer que je me suis trompé.
max. Au moins, tu n’accuses pas mam’sellc Berlbe, j’espère?
DANIEL. Pas du tout... elle ne confiait plus sur moi... j'étais en retard... je pouvais ne pas revenir... je l’aurais dû même...
alors, tout était dans l’ordre... on ne trompait que Jodoquc... Mais puisque je suis revenu... puisque j’ai tout appris; maintenant que ma vieille dette est payée, il s’agit de régler un autre compte entre nous deux.
max. La jalousie t’abuse, Daniel; jamais je n’ai dit à Berthe que je l’aimais.
DANIEL. Non, mais lu le lui as écrit... à preuve que j’ai intercepté la lettre... la voici I...
max, avec joie. Elle ne fa pas reçue!...
Ah ! sois béni, Daniel.. . car j’avais honte du désespoir qui m’a forcé à cet aveu... Je te le jure, c'était pour lui demander pardon de ma faute que je voulais la revoir... mais il vaut mieux pour nous trois qu’elle ignore à jamais mon amour.
Daniel. C'est d’un honnête homme, ce que tu dis là... mais le mal n'en existe pas moins.. . On peut lui cacher que lu l'aimais ; mais moi je ne peux plus ignorer qu'elle t'aime.
max. Que dis-tu?
DAMEL Je dis que Max et Daniel ne peuvent pas être sous le même soleil, quand il y en a un de préféré par Berthe et qu’ils uni tous deux le même amour dans le cœur.
MA\ Tu ne réfléchis pas à ce que lu me proposes, Daniel.
Daniel. Au contraire. .. c’est pour avoir le droit de te faire cette proposition, que j'ai tenu à te solder l'arriéré... A mon sauveur en danger, je devais ma protection contre ses ennemis... à Max préservé du péril par mes soins, je ne dois plus rien... Tour le passé, nous sommes quittes ; pour le présent, il n’y a plus qu’une femme entre nous, et le sort va décidera qui elle appartiendra,
c'est-à-dire qui de nous deux va survivre à l’autre.
max. Ainsi, c'csl un duel que tu veux?
DANIEL. A mort !
max. Et coimneut combattre?... noos n’avons pas d'armes.
Daniel. Quand l'intention est bien positive, on trouve toujours moyen de se tuer.
Mais il faut que noire rivalité reste un secret entre nous... Berthe ne pourrait plos être heureuse,. si elle croyait avoir à se reprocher ta perte ou la mienne...
max. Tu as raison, Daniel.. Pour le repos de toulc sa vie... il faut qu'on puisse attribuer à un accident le malheur qui doit arriver ici.
dan iel remonte. Un accident .. c’est ça...
j’ai notre affaire. [Il regarde vers le fond.)
max. Je te comprends... tu penses à ce nue Jodoque nous disait tout à l’heure... Si I un de nous se jetait d'ici sur les récifs qui bordent la falaise...
Daniel. Sa mort serait infaillible... et pas de crainte qu'on en puisse deviner la véritable] cause... La roche est glissante; un faux pas explique tout... Cela te va, n’est-ce
pas ?. ..
max. Un seul mot, camarade. St le sort me désigne, peux-tu me promettre que la jalousie ne fera pas un crime à Berthe de regrets qu’elle me donnera peut-être ?
DANIEL Ohl ça, je te le promets, aussi vrai que, moi vivant, je jure de ne pas souffrir qu’il y ait au monde quelqu’un qui l'aime et puisse se croire aimé d’cUc.
max, faisant un mourmmf vers le fond.
Alors, laisse-moi mourir l
damel, U retenant. Un moment... c'est de la déloyauté... chacuu son droit, èl que le sort prononce.
max. Mais comment l’interroger? * Daniel. Rien de plus simple .. une pièce de monnaie lancée eu l’air... pile ou face.
max. C’est juste. (// tire une pièce de sa poche.)
danif.l, r arrêtant. Non, pas toi... je me souviens de ton mouvement vers la falaise.
tu as voulu tricher tout à l'heure... ta me tromperais encore...
max. Ta défiance autorise la mienne... cl si c’est toi qui fais parler le sort, j’aurai k droit de ne pas accepter la chance qui le coudamne.
herthe, dans l’escalier souterrain, à droite. C’est par ici. . . Clète, viens donc ! MAX et DANIEL. BerlllG I DANIEL EUe est la bienvenue... C’est par elle que le sort va se prononcer.
max. Par elle 1
DANIEL Oui... le premier de nofts deux à qui elle adressera la parole n’aura plus qu'à dire adieu à l'autre et à sauter le pas.
max. C’est entendu... (Allant au-derant de Berthe.) Je ne mourrai pas sans l'avoir revue.
* banni, Ma*.
dakIfx, U retenant.
Au.
Arrête uo peu in pi,- C' que tu fait est indigne...
Tou« deux sur la même ligne :
Fûe, cl ne bougeons pas.