OBSERVATION VI
(in Diday Hist. Nat. Syph. p. 248).
Un jeune homme de 30 ans a eu, le 8 février 1855, un chancre du reflet. Je l’avais, de bonne heure, cautérisé; mais il persista et s’indura. 1° avril, roséole générale, adénopathie sous-occipale. Il ne suit aucun traitement, ne me consulte que le 30 mai. Je constate les traces, encore reconnaissables, de la roséole; plaques muqueuses amygdaliennes. Il n’accuse pas de prodromes (huile de foie de morue, bains sulfureux). Le 9 juin, je ne vois plus de roséole, l’huile répugne (sirop de raifort iodé). Le 27 juin, provoquée par des lotions froides réitérées, une légère plaque muqueuse existe à l’anus$ (lotions chlorurées et pommades au calomel). Le 27 juillet, il est, depuis, huit jours, revenu des plaques muqueuses, amygdaliennes et anales, La récidive n’ayant lieu qu'aux mêmes endroits et les ganglions occipaux et inguinaux avant beaucoup diminué, je me borne à cautériser, Une fois ma prescription faite, le malade me montre quelques squames palmaires et plantaires qu'il a depuis la première poussée et qui, m'affirme-t-il, ont été, depuis lors, en diminuant. Ces détails m’autorisent à persister dans l’abstention de spécifiques. Le 9 août, plus rien au gosier, les squames diminuent. Le 1° septembre, depuis 3 jours, il est encore revenu de faibles plaques muqueuses amygdaliennes (chocolat iodé, bains sulfureux, gargarisme alumineux). Le 7 septembre, amélioration marquée et apparente de l’état des forces. Le 28 septembre, il vient par précaution, se soumettre à mon examen; je ne constate rien de morbide sur aucun point. Il me dit cependant qu’il lui est, depuis la dernière visite, revenu un peu de roséole; je n’en découvre pas de vestiges. Le 2 novembre, il a beaucoup fumé; une plique muqueuse au gosier, je la cautérise. Le 31 janvier 1856, retour, depuis 15 jours, d’une seule plaque à l’amygdale droite, cautérisation.
J'ai revu ce jeune homme plusieurs fois, notamment le 15 juillet 1856; puis le 26 février et le 17 mars 1857, pour une blennorragie. Jusqu'à ces derniers temps enfin, j’ai eu avec lui des rapports qui m'ont permis de constater la solidité de sa guérison. (La publication de l’Histoire Naturelle de la Syphilis est de 1862.)
3° Diminution progressive de la virulence de l'infection.
Enfin l’observation suivante montre d’une façon concrète l'affaiblissement progressif, sans aucun traitement, de l’infection syphilitique chez une femme. Cette diminution de la virulence de l'infection est manifeste, en effet, dans l’atteinte de plus en plus légère des produits de la conception : 1° fausse couche; 2° accouchement avant terme d’un enfant chez qui apparaissent des convulsions et une hémiparésie, puis 3° accouchement à terme d’un enfant atteint seulement
d’inégalité pupillaire et 4° pour finir, accouchement à terme d’un enfant sain.
Ces faits sont d’ailleurs bien connus. Mon maître M. MixraN y fait souvent allusion dans son enseignement, et les oppose aux syphilis qui vont s’aggravant.