OBSERVATION X
(publiée par E. Schulmann in Etudes cliniques de syphiligraphie, p. 237).
W. Georges, 32 ans.
Syphilis en 1919, vu à la consultation de l’hôpital Saint-Louis, chancre induré du sillon balano-préputial avec présence de tréponèmes (Marcel Bloch), ne reçoit qu’une seule injection de 0 gr. 15 de novarsénobenzol, car on lui détermine au lieu de sa piqûre une petite eschare et il abandonne tout traitement.
I est revu à Saint-Louis en 1928, neuf ans plus tard, à l’occasion d’un zona. Il n’existe aucun signe clinique, les examens sérologiques sont négatifs. Avec beaucoup de peine, nous obtenons du malade qu'il accepte une tentative de réactivation. Deux injections de 0 gr. 15 et de 0 gr. 30 de novarsénobenzo!l ne modifient pas la réaction,de Wassermann.
À propos de ces syphilis peu traitées, il est intéressant de citer deux groupes d'observations qui sont rapportées :
Les unes, par L. Fucus et R. ScHmipT à l’occasion de leurs recherches faites sous la direction du Pr. G.-L. DREYFUS, de Francfort, sur la signification pronostique des caractères du liquide céphalo-rachidien dans les premières années de la syphilis.
Les autres par ROEDER dans son travail sur « le traitement insuffisant de la syphilis » inspiré par M. SEZARY.
Les observations publiées par Fucs (4) et ScHMiDT (2) concernent un groupe de syphilitiques peu ou pas traités dont le liquide céphalo-rachidien présentait des réactions positives (FucHs) ou négatives (SCHMIDT) quelques années après le début de leur infection. De ces malades revus en 1922 (Fucus) ou en 1926 (SCHMIDT), certains présentaient des accidents nerveux, d’autres des accidents viscéraux (aortites, etc...); chez d’autres indemnes de tout accident clinique, la réaction de Wassermann était positive; chez quelques-uns enfin, non seulement l’examen clinique mais aussi l'examen du sang et du liquide céphalo-rachidien, lorsqu'ils purent être faits, donnèrent des résultats négatifs.
() Fucns (L). Uber die pronostische Bedeutung pesitiven Liquors bei spätlatenter Syphilis ohne neurologischen Befund. Deutsch Zifschr. f. Nervenheilk. Leipz., 1922, LXXV, pp. 70-92. |
.(2) SCHMIDT (R.). Uber die prognostiche Bedeutung primär negativen Liquors bei Syphilis. Dfsch. Z. Nervenheilk, 1926, 91, 128 :
Ce sont les observations de ces malades que je donne ici, traduites de l’allemand (1) : |
OBSERVATION XI (obs. 9 de L. Fuchs.)
Kr. J., né en 1862, infection en 1911 (1.).
Ponction en 1912, examen clinique: crise de neurasthénie S.W.(2) — Liquide céphalo-rachidien : pression 400, 2 piqûres de Salvarsan. ouvel examen neurologique [1922] : aucun signe pathologique {3),° S. W. — liquide céphalo-rachidien normal; aucun traitement depuis la [première] ponction. Etat sans changement.
OBSERVATION XII {obs. 29 de L. Fuchs.)
E. P., né en 1886; infection : courant 1913.
Ponction : milieu 1914, examen clinique : neurasthénie; S. W. — liq. céphalo-rachidien : pression 260, 12 piqûres de Salvarsan et 2 séries de frictions.
Nouvel examen neurologique (1922); aucun signe pathologique, il a fait toute la guerre, S. ‘W. —; liq. céphalo-rachidien : normal; traitement depuis la [1°] ponction : été 1914, trois séries de frictions. Etat sans changement.
OBSERVATION XIII (obs, 30 de L. Fuchs.)
F. G., né en 1869; infection : 1892.
Ponction 1914; examen clinique : tuberculose pulmonaire (1902); S. W. Liq. céphalo-rachidien : pression 260; cure d’iode en 1902.
Nouvel examen neurologique [1922] : aucun signe pathologique; S. W. —.; liq. c. r. normal; aucun traitement depuis la [1°] ponction. Etat sans changement.
OBSERVATION XIV (obs. 55 de L. Fuchs.)
Klem. Fr., né en 1898; infection en 1914.
Ponction en 1916; examen clinique : hystérie; S. W. —; liq. c. r. : pression 225, album 1/2 %; plusieurs cures combinées.
Nouvel examen neurologique [1922] : aucun signe pathologique; S. W.—; depuis la [1] ponction : plusieurs cures combinées. Etat sans changement.
(1) d'adresse mes plus vifs remerciements à M. le Prof. G.-L. DREYFUS qui a eu l’obligeance de me communiquer la .référence bibliographique exacte des publications de ses élèves ainsi que l’explication de certaines abréviations utilisées dans ces travaux.
@) S. 'W.=Réaction de Wassermann, dans le sang.
(3) Aucun signe pathologique signifie que lors du nouvel examen le sujet est non seulement indemne au point de vue neurologique et psychique, mais aussi, apte au travail. (Note de L. Fuchs.)
OBSERVATION XV (obs. 55 de L. Fuchs.)
B. A., né en 1898; infection en 1914. 4 Ponction en 1919; examen clinique : épilepsie généralisée; S. W. +; liq. c. r.: pression 260; une cure combinée. ; Nouvel examen neurologique (1922); aucun signe pathologique; S. 'W. —; liq. c. r. : normal; traitement depuis la ponction : plusieurs cures combinées. Etat sans changement.
OBSERVATION XVI (obs. 131 (1) de Schmidt.)
E. J., né en 1876; infection en 1897; cure de frictions.
En 1911: examen clinique : tuberculose pulmonaire inactive, autrement, aucun signe pathologique; S. W. +; liq. c. r. normal, cure de frictions.
En 1925 : examen clinique : tuberculose pulmonaire inactive, pyélite, S. W.—; liq. c. r. normal, pas d’autre signe pathologique.
OBSERVATION XVII (obs. 17 de Schmidt).
G. L., né en 1871; infection en 1892 (chancre, adénopathies inguinales).
En 1921, douleurs dans la jambe gauche. Examen clinique : aucun signe pathologique, S. (W.—; liq. c. r. normal.
En 1925 : se trouve bien; examen clinique : pas de signe pathologique.
OBSERVATION XVIII (obs. 27 de Schmidt).
E. S., née en 1886; infection en 1910 (chancre), mari mort de paralysie. En 1914: maux de tête; examen clinique : pas de signe pathologique; $S. W.+; liq. c. r. normal; a été opérée du nez à ce moment; plus de maux de tête depuis.
En 1924, examen clinique : pas de signe pathologique, S. W.—; liq. c. r. normal. PAPE
OBSERVATION XIX (obs. 30 de Schmidt).
E. W., né en 1887; infection en 1914.
1919 : maux de tête; examen clinique : pas de signe pathologique; S. W.+; liq. c. r. normal; à cette époque, 2 cures combinées de mercure salvarsan.
& in : plus de maux de tête, examen clinique : pas de signe patho)l.;
(1) Ces numéros concernent les observations qui appartiennent au groupe I des malades de Scamipr (malades ne présentant au dernier examen aucune atteinte du système nerveux central).
OBSERVATION XX (obs. 33 de Schmidt),
E. B., né en 1887; infection en 1909, 60 piqûres de mercure. En 1918, examen clinique : pas de signe pathologique; S. 'W.—; liq. c. r. normal.
OBSERVATION XXI (obs. 38 de Schmidt).
E. F., né en 1877; infection en 1898 (chancre, exanthème), cure de mercure jusqu’en 1899...
1921 : maux de tête et de reins. Examen clinique : pas de signes pathologiques; SiW.; liq. c. r. normal.
1925 : plus de douleurs et état sans changement; S.W.—.