UNE APPARITION DE ZEPPELINS SUR PARIS
annoncé qu'ils empêcheraient notre mobilisation, qu'ils démoliraient des établissements militaires, qu'ils détruiraient des ponts, qu'ils anéantiraient des régiments entiers, et le comte Zeppelin est devenu l'homme le plus populaire d'Allemagne. Il le serait encore, si le maréchal de Hindenburg n'était pas monté au-dessus de l'horizon comme une étoile encore plus brillante. Nous reconnaissons les qualités manœuvrières du second, quant à la machine du premier, elle a encore besoin de faire ses preuves. 11 n'est pas douteux que, dans des conditions plus favorables, elle puisse démolir plus de maisons et tuer plus de malheureux inoffensifs qu'elle ne l'a encore fait, mais ce sera peu de chose à Paris, au milieu d'une population de plus de deux millions et demi d'habitants, et, au point de vue militaire, ce ne sera rien. Quel but poursuit donc l'Allemagne avec ses zeppelins ? Toujours de faire peur, de semer l'épouvante, dans l'espoir d'arriver par ce moyen à faire fléchir nos volontés et à nous amener à implorer la paix avec une angoisse impatiente. Il est surprenant qu'après tant d'expériences renouvelées de l'inefficacité de pareils procédés l'Allemagne en use encore avec une confiance que rien ne peut ébranler.
La France a supporté d'autres épreuves, et son âme en est sortie plus fortement trempée. Il y a quelque puérilité à compter spécialement sur les zeppelins pour changer ses dispositions.