TOUS DROITS • RÉSERVÉS
En Belg
Phoi. N.-S. Boon. Awderdan
Ruines de LOUVAIN.
La Bibliothèque de LOUVAIN avant la guerre.
Phot. •■ The Sphe
L"Universilé et la Bibliothèque de LOUVAIN après le passage des Allemands.
A Louvain, qui fut en proie pendant trois jours aux horreurs d'une destruction systématique, les Allemands n ont épargné ni l'antique Université, gloire incontestée du catholicisme, avec sa riche bibliothèque contenant près de 300,000 volumes et plus de 500 manuscrits
LOUVAIN. — Église Saint-Pierre (à droite) avant la guerre.
LOUVAIN. — Église Sainl-Pierre la droite). Ce qu'en ont fait les .Allemands.
d'un prix inestimable, ni la magnifique église Saint-Pierre, dont il ne subsiste plus que les murs. Si l'Hôtel de Ville qui se trouve attenant à cette église n'a point subi le même sort, l'explication de cette prétendue "magnanimité", dit un témoin impartial, le Hollandais L.-H. Grondijs, se trouve dans ce fait que " les bureaux de la Kommandantur y étaient installés, et qu'une grande partie de la garnison (allemande) y logeait". {Les Allemands en Belgique, p. 52.)
MALI NES. — La Calhi-drale de SAINT-ROMBAUT. bombardée par les Allemands (exlerieur).
Inlentionnellement, dit encore M. Grondijs (qui appartient à la religion réformée) rapportant ici les propos d'un soldat bavarois {ibiJ., p. 13), les régiments protestants ont été envoyés vers la Belgique catholique, tandis que les troupes catholiques ont été de préférence dirigées vers la catholique Pologne, contre les Russes orthodoxes.
Aussi, les Allemands, poursuivant avec une implacable logique leur œuvre de guerre anti religieuse, se sont-ils également acharnés contre la cathédrale de Malines, dont le célèbre carillon de quarante-huit cloches n'avait point de rival dans le monde entier.
Si, à Louvain, ils témoignèrent à l'égard du clergé — prêtres, religieux et religieuses — d'une haine satanique, massacrant les uns sans pitié, infligeant aux autres les traitements les plus ignominieux, ils ne craignirent point, à Malines, de s'en prendre à la personne même
La Cathédrale de MALINES. Intérieur aprè« le 2 bombardemeni.
s. t le Lardmal MERCILK. Archevêque de MAl.INt^
d'un Prince de l'Église, vénérable à la fois par son âge, par l'éclat de ses dignités ecclésiastiques et par sa grande renommée de philosophe et de théologien. Et c'est ainsi que le Cardinal Mercier, qu on voit ici s'entretenant publiquement avec M. T. P. O'Connor, député irlandais, fut pendant plusieurs jours, au mépris des droits de l'Église, pour être demeuré fidèle à son Roi et à son devoir d'évèque, maintenu prisonnier de fait dans son palais archiépiscopal.
Kuines de DINANT.
En Belgique, les Allemands ont d'ailleurs ruiné presque toutes les églises qu'ils trouvèrent sur leur passage. L'aspect de celle de Dinant, écroulée devant son décor montagneux, est particulièrement émouvant. Mais les cœurs chrétiens se serreront davantage encore en contemplant les ruines de celle de Pervysè, où la dévastation s'accompagna d'une odieuse profanation.
PERVYSE. — \'e.l.-e^ ■iv rEgUi
PERVYSE. — L'aulel el les objels du culle profanés.
Mêmes scènes de désolation à Ypres, à Nieuport, à Ramscapelle, à Caëskerke et à Visé... Dans les plus humbles villages aussi bien que dans les cités les plus opulentes, la maison de Dieu demeure, pendant la période d'occupation comme au cours de l'mvasion, à travers les Flandres et la Wallonie, l'objectif favori de l'artillerie des armées allemandes.
Et M. Grondijs ( op. cit., p. I I 6 1 fait, à ce propos, cette juste remarque : " Je suis convaincu qu'ils eussent hésité beaucoup plus à détruire quelque brillant café sur les grands boulevards ide Bruxelles) qu'à incendier une de ces délicieuses petites églises..., dans lesquelles les simples âmes des paysans vont chercher des consolations spirituelles. "
Cathédrale d'YPRES Sacrilège el vandalisme.
En face de tels attentats, on ne peut pas ne pas se demander quel sens l'armée allemande et son chef attachent à la formule " Dieu est avec nous", et si le " Vieux Dieu allemand" qu'ils invoquent n'est point celte même divinité païenne qui, dans les forêts de la Germanie, inspirait à leurs ancêtres barbares la hamé du Christ et de ses missionnaires.