RÉPONSE DE L'UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DE PARIS
un hommage implicite à la valeur, à la puissance de l'absolu, peut-être une concession aux catholiques dont on a obtenu la signature. Mais que l'on y prenne garde! Quand on prétend avoir raison à tout prix, quand on est si sûr de soi qu'il devient impossible de reconnaître ses erreurs et ses torts, quand on identifie ses propres idées avec le vrai, sa propre conduite ou celle des siens avec le juste, on n'est pas loin de méconnaître en pratique cet absolu que l'on admet en principe ; on le plie à soi au lieu de se régler sur lui et on se fait la mesure des choses.
Les signataires du manifeste ont bien voulu parler au monde comme des hommes à des hommes. Mais ils ont trop montré qu'ils ne savent ni voir les faits qui les contrarient, ni reconnaître le droit qui les condamne.
Au nom du véritable esprit scientifique, nous démentons leurs assertions ; au nom du véritable esprit chrétien, nous les réprouvons et nous les dénonçons.
Avec l'approbation de S. E. le cardinal-archevêque de Paris, chancelier de l'Université catholique, et au nom de tous les professeurs :
Le recteur : Alfred Baudrillart.
Le doyen de la Faculté de théologie : J. Bainvel. Le doyen de la Faculté de droit canonique : A. Bou-
DINHON.
Le doyen de la Faculté de philosophie : E. Peil-
laube.
Le doyen de la Faculté de droit ; J. Jamet. Le doyen de la Faculté des lettres ! H. Froidevaux. Le doyen de l'Ecole des sciences : E. Branly.
Paroles de S. S. le Pape Pie X prononcées le 29 novembre 1911 au Consistoire où il imposa la barrette à treize nouveaux Cardinaux.
Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de ses fils qui prêchent la vérité de l'Évangile dans le monde presque entier et dont beaucoup l'ont scellée de leur sang, les prières de tant de saints qui sont pressés d'avoir pour compagnons dans la gloire céleste les frères bien-aimés de leur patrie, la piété généreuse de tant de ses fils qui, sans s'arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique, par-dessus tout les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les tabernacles, répandent leur âme dans les expressions que Dieu même met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes divines. Les fautes ne resteront pas impunies, mais la fdle de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes ne périra jamais.
Un jour viendra, et Nous espérons qu'il ne tardera guère, où la France, comme Saùl sur le chemin de Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste, où elle entendra une voix qui lui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur » la voix répliquera : « Je suis Jésus que lu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, frémissante et étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? » El lui : « Lève-toi et lavetoi des souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance et va, fille première-née de l'Eglise, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et devant les roit de la terre. »
Lettre du Cardinal Secrétaire d'État de Sa Sainteté au Cardinal Archevêque de Paris.
Dal Vaticano, le 23 avril 1915.
Kminbntissimb Seigneir,
Vous n'ignorez pas quel douloureux retentissement ont eu dans le cœur du Saint-Père les désastres causés par la terrible guerre qui étend ses ravages sur l'Europe entière; Vous n'ignorez pas non plus combien Sa Sainteté s'est appliquée à faire tout ce qui était en Son pouvoir pour en adoucir les funestes conséquences, sans aucune distinction de parti, de nationalité, ni de religion.
Toutefois, il est bien naturel que la sollicitude du Père commun des fidèles se tourne de préférence vers ceux de Ses fils qui témoignent plus vivement leur respect et leur affection à Son égard.
Parmi eux méritent une mention particulière Ses Fils de France, les enfants de cette Nation qui, à juste titre, a été appelée la fille ainèe de l'Église, qui donna toujours des preuves splendides de sa générosité pour les œuvres catholiques, spécialement pour les Missions, et qui présente en ce moment, et depuis plusieurs mois, d'un bout à l'autre de son territoire, à l'aimée, comme dans les ambulances et les hôpitaux et jusque dans la moindre bourgade, des manifestations éclatantes de foi et de piété, dont le Saint-Père est grandement consolé.
Aussi est-ce à bon droit qu'au milieu de tant de maux, Sa Sainteté s'est sentie attirée avec une commisération particulière vers certaines populations de la France, plus durement éprouvées par le fléau de la guerre, au point que, malgré les efforts de la charité nationale et universelle, elles ont encore grand besoin de secours matériels et moraux.
Ému de leurs souffrances au plus intime de Son âme, le Souverain Pontife, tout en continuant d'adresser au Très-Haut des prières et des supplications pour obtenir la fin de cette ère de sang, sollicite instamment de la Bonté céleste, qu'Elle accorde aide et réconfort aux douleurs de cette partie si affligée du peuple de France.
A ces vœux et à ces prières, le Saint-Père désire joindre une attes-
tation sensible de l'affectueux intérêt qu'il porte à ces populations malheureuses.
C'est pourquoi Sa Sainteté m'a chargé d'envoyer avec cette lettre, à Votre Éminence, pour être employée à leur soulagement, la somme de quarante mille francs, offrande assurément inférieure à l'étendue des désastres, mais qui du moins manifestera avec évidence le paternel empressement que, dans Son Auguste pauvreté, rendue plus étroite encore par la difficulté des temps actuels, le Vicaire de Jésus- Christ veut témoigner à la France, Sa fille bien-aimée. Et comme nous avons appris qu'il doit y avoir le Dimanche et le Lundi de la Pentecôte prochaine, au bénéfice des régions occupées, une grande souscription, par les soins d'un Comité constitué avec le concours de Votre Éminence, le Saint-Père se plait à espérer que cet acte de Sa libéralité pourra servir de prélude à la générosité de tous les Français en faveur d'une initiative si chrétienne et si patriotique.
Heureux de penser qu'il aura ainsi pour coopérateurs, dans la charité de la prière et de l'offrande, tous ses chers fils de France, rangés sous la conduite de leurs Évêques vénérés, l'Auguste Pontife invoque sur eux, avec toute l'effusion de Son cœur, l'abondance des récompenses célestes, et, comme gage des faveurs divines, Il accorde à Votre Éminence, à l'Episcopat, au Clergé et à tout le peuple de France la Bénédiction Apostolique.
Il m'est très agréable, Eminentissime Seigneur, de saisir une occasion aussi propice pour Vous renouveler l'expression des sentiments profondément respectueux avec lesquels je Vous baise humblement les mains et demeure,
de Votre Éminence,
le très dévoué et affectionné serviteur,
P. Card. Gasparri.
19 — Fr.