‹ La guerre allemandeChapitre 52 sur 59 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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APPENDICE

temporaine : l'alliance franco-rasse, l’entente cordiale franco-anglaise, Tentente anglo-russe.

A. — VaUiancâ franco-russe.

L'idée première d'où est sortie ralliance franco-russe : créer un groupement capable de faire contre-poids aux puissances de TEurope centrale, afin d’amener un élat d'équilib^'ê et d'assurer ainsi une paix digne et bonorable pour toutes les nations vivant sur le vieux continent, cette idée est très ancienne et peut être même attribuée à Pierre le Grand.

Pour des raisons diverses et successives, les guerres de la Révolution et de l'Empire d'abord, la question d’Orient ensuite^ certaines considérations d'ordre monarchique enliH;, la réalisation n'en apparut comme possible que vers 1886, au moment où la Bulgarie occupa la Boumélie orientale. C'est à M. de Freycinet, alors président du Coa» seil et ministre des Affaires étrangères, que revient l'hoEneur d avoir préparé dès celte époque les voies à un rapprochement entre les deux grandes nations latérales de l'Europe.

Les premiers pourparlers mirent d’ailleurs un très long temps à aboutir. La Russie, avant de prendre quelque eogagement que ce fût avec la France, devait se dégager des liens politiques qui l'attachaient à rAllemagne. C’est ce qui se produisit, vraisemblablement en 1890, lorsque survint l’échéance probable du fameux traité dit de contre-assurance russe, signé en 1884 par Bismarck. Ce traité ne fut pas renouvelé, et la tension diplomatique s'accentuant entre l'Allemagne et la Russie d'une part, et, d'autre part entre la France et l'Allemagne, M, Alexandre Eibot, alors ministre des Affaires étrangères, et M. de FreycLnet, devenu ministre de la Guerre, donnèrent, d'accord avec l'empereur Alexandre III et son gouverne-

LA TBiPLE-KNTENTE

mentj une nouvelle impulsion aux négociations anté- ' Heures.

Le fl août 1891. ^— ainsi que M. de Freycinet Ta raconté . dans ses Souvenirs — M. llibot et M. de Mohrenheim, i ambassadeur de Russie h Paris, signaient une décla7^atio7i par laquelle la France et la Russie s'engageaient à se concerter chaque fois que le maintien de la paix et l’équilibre européen seraient menacés. La portée et les conditions de cette entente ont été expliquées par M. Ri bot à la séance du Sénat du 6 avril 191 î,

Un an après, au mois d’août 189S, sur Tinitiative de M. de Freycinet, et avec la collaboration technique des généraux de Boisdeffre et Obroutchef, cette entente diplomatique était complétée par une eonventi07if conclue entre les départements ministériels compétents des deux pays, et destinée à assurer une entente militaire se proposant le même but.

Au printemps de 1894 et vraisemblablement au mois de mars, les deux conventions diplomatique et militaire étaient rendues parfaites par la conclusion d’un véritable Irailé d'alliance, portant les signatures de M. Casimir Périer, ministre des xAffaires étrangères, pour la France, et de M. de Giers, son collègue russe. Les deux puissances contractantes étaient désormais tenues de se porter réciproquement secours au cas où elles seraient attaquées. Le texte du traité désigne sans doute nommément la puissance dont l’agression était prévue. Mais, précisément pour cette raison, aussi bien que pour des motifs de haute convenance, ce texte et celui des deux conventions qui i l’avaient précédé, n’ont jamais été publiés.

Le pacte franco-russe, que les gouvernements intéressés avaient seulement laissé tout d’abord soupçonner, fut proclamé le 23 août 1897, à bord du PolhuaUf dans deux toasts portés respectivement par l’empereur Nicolas 11 et par M. Félix Faure, Président de la République française.

APPENDICES

Depuis cette époque, raüiaoce franco-russe ou Duplice est toujours allée s^affeFinissant*

En Allemagne, elle a d*abord été accueillie dans un sen^ timent où un scepticisme, trop systématique pour être sincère, se mêlait à une grave appréhension* Lorsqu'au mois d'août 1898, Tempereur Nicolas II proposa la réunion d'une conférence destinée ù étudier la grave question de la limitation des armemerits, la presse allemande, comme si elle obéissait a une inspiration unique, présenta rinitia-^ tive du Tsar sous un jour faux et injurieux pour la France* te Voyez, semblait-elle dire, Fattilude du souverain russe i en dépit du traité d'alliance autour duquel on fait tant de bruit chez nos voisins de l'ouest, la proposition de Nicolas Il revient k imposer aux Français une nouvelle et irrévocable accepLation, dans toutes ses conséquences, de leur défaite de 1870. Que signifie, en effet, cette proposition de fixer la proportion des armements entre les nations européennes, si elle ne tend pas à consacrer le slaéu quo territorial créé par le traité de Francfort qui a enlevé l'Alsace-Lorraîne à la France? »

Cette interprétation de la pensée du Tsar était tout à fait erronée et injuste* Par cela même qu'il était strictement défensif, le traité d'alliance excluait, cela va sans dire, toute idée que la France aurait pu attendre un secours quelconque de la Russie, au cas où elle aurait entrepris une guerre de revanche contre T Allemagne* Mais, parce que dans la généreuse pensée de soulager les nations du fardeau que faisaient peser sur elles des armements croissant chaque année, l'empereur de Russie proposait une limitation volontaire de ces armements, était-ce une raison pour que la France, si jamais TAIlemagne se livrait sur elle à une agression qui précisément fU jouer Talliance russe, renonçât à Ta van ce à tirer de cette lutte réouverte contre son gré, toutes les conséquences qu'elle était eo droit d'espérer ? Le caractère du

LA TRlfLl-EKTENTE

Tsar, sa loyauté protestent contre une telle interprétation.

Depuis 1898, ralliance franco-russe a été pratiquée en maintes circonstances graves, et notamment pendant les crises marocaines de 1905 et 191 i et pendant les crises orientales de 1908, 1909 et 1913; à ces différentes époques, d’ailleurs, ralliance franco-russe s’était fortifiée de Tentente franco-anglaise, puis de l’entente anglo-russe, dont nous allons parler.

B* — Ventente franco-anglaûe^

Colonisatrices toutes les deux depuis la découverte de l’Amérique et les explorations en Afrique et en Asie, il était inévitable que l’Angleterre et la France aient vu leurs rapports profondément affectés par cette rivalité. Des guerres auxvin® et au commencement du xjx'" siècles, des périodes de tension répétées an cours des cinquante dernières années, tel fut le résultat de cette situation. L’occupation de FEgypte et de la vallée du Nil par T Angle terre en marque le point culminant.

Mais au fur et k mesure que les explorations et les prises de possession diminuaient dans le monde la superficie des teJTes libres, les sujets à controverses et à litiges se réduisaient en même temps en étendue. Sauf pour la vallée du Nii, ii n’y avait plus entre les deux pays que des contestatiens de moins en moins graves sur des questions de délimitation.

Ainsi, dès 1890, une convention réglait entre les deux pays la question du Niger, En 1898, l’incident de Faclioda se résolvait en une acceptation par le gouvernement franç^ais de la thèse anglaise suivant laquelle la vallée du Nil se trouvait dans la zone politique de l’Egypte. Cette solution, acceptée sans arrière-pensée par la France, a été, comme le remarque très justement le prince B. de Bülow dans son livre sur Im polUique allemande, le véritable

APPENDICES

point de départ de la récondliation entre les deux pays. Quelques mois après, au printemps de 1899, un accord délimitait leurs sphères respectives d*influence au Soudan central.

La guerre du Transvaal empêcha pendant quelques années cette convention de porter ses fruits naturels. Mais au début du règne d'Edouard VII, et lors du voyage du président Loubet à Londres en 1903, des conversations très précises s'engagèrent entre lord Lansdowne etM. Delcassé. Les négociations, poursuivies pendant plusieurs moiSj aboutirent, le 8 avril 1904, à la conclusion d'un ensemble é'arrangements qui supprimait définitivement les plus graves causes d'opposition entre les deux pays i

La France acceptait le fait accompli de l'occupation anglaise en Egypte et s'engageait à ne pas faire obstacle aux réformes que TAngleterre jugerait opportun de proposer au gouvernement khédivial. De son côté TAngleterre prenait un engagement analogue vis-à vis de Ja France en ce qui concerne le Maroc. Seulement, pour asmrer la liberié des grandes voies de communication maritimes, préoccupation qui a toujours dominé sa politique, elle obtenait, an centre d'une zone réservée à l'Espagne, rinternationalisation de la ville de Tanger, sur le détroit de Gibraltar,

D'autres conventions réglaient dans des conditions également avantageuses pour les contractants d’anciennes questions, litigieuses relatives à Terre-Neuve, aux Nouvel 1 es -Hé bri des, etc.

De la signature de ces arrangements date ce qu'on a appelé VEnlenie cordiale. Depuis lors, en effet, non seulement tous les engagements stipulés ont été loyalement observés par les deux diplomaties, mais encore la récon* ciliation a été chaque jour plus complète entrée les deux peuples.

En 1905 et 1911, l'intervention menaçante de T Allemagne auMaroc trouva TAngleterre aux côtés de la France.

LA TRIPLE-liNTEKTE

A la Conférence d*AIgésiras, aussi bien qu'après Tenvoi d'an croiseur dans les eaux d’Agadir, le gouvernement britannique appuya vigoureusement la légitime prétention de la France à faire reconnaître ses inlérêis spéciaux dans Tempire chrétien.

La crise de 1911 amena même les deux gouvernements à resserrer encore les liens qui les unissaient* D’alliance proprement dite, il ne pouvait être question. Elle eût été contraire à Tesprit de la constitution aussi bien qu’à Topi" nion publique anglaises.

Mais le danger d’une menace allemande, plus prompte chaque jour à se dresser pour tirer des avantages matériels de Tétaiage de la force allemande, avait fait apparaître la nécessité d’envisager une conflagration qui aurait contraint les deux pays à défendre en môme temps leurs patrimoines respectifs.

11 fat donc convenu qu’un accord conditionnel serait conclu, en vertu duquel certaines mesures seraient prévues pour rhypothèse d’une agression.

D’oû les lettres échangées le novembre 1912 et dont voici le texte :

FOREING OFFICE

Londres, 2â novembre 1912* ‘

Mon cher Ambassadeur,

A dUTérentes reprises, au cours des dernières années, les étatsmajors militaires et navals de la France et de la Urande-Bretagne ont échangé leurs vues. 11 a toujours été entendu que ces échanges de vues ne portent pas atteinte à la liberté de Tun et de Fautre gouvernement de décider à n/im porte quel moment, dans l'avenir, shl doit ou non soutenir l'autre avec ses forces années.

PEous avons arlmîs que des échanges de vues entre techniciens ne conslituaierit pas et ne doivent pas être regardés comme constituant un engagement qui obligerait l’on ou l’autre gouvernement à intervenir dans une éventualité qui ne s'est pas présentée et qui peut ne jamais naître.

APPENDICES

Paf exemple la répai?Ution actuelle des flottes française et anglaise ne repose pas sur un engagement de collaborer en cas de guerre.

Vous avez cependant fait l'e marquer que si T un ou T autre g ou ver' nement avait de graves raisons de redouter une attaque de la part d’une tierce puissance sans aucune provocation, il pourrait être essentiel de savoir si, dans cette circonstance, il pourrait compter sur Tassistance militaire de Tautre puissance.

J'accepte que si l'un ou l’autre gouvernement a de graves raisons de craindre une attaque sans provocation de la part d'une tierce puissance ou tout autre événement menaçant pour la paix générale, ce gouvernement devrait examiner immédiatement avec 1 autre s ils n& doivent pas agir tous deux ensemble pour empêcher ragression et maintenir la paix, et dans ce cas recliercber les mesures qudls seraieat disposés à prendre en commun.

Si ces mesures comportaient une action militaire, les plans des états-majors généraux seraient aussitôt pris en considération et les (leux gouvernements décideraient alors la suite qu'il conviendrai! de leur donner.

Signé : Edward Grey.

A cette lettre du secrétaire d’État anglais, l’ambassadeur de France à Londres répondit :

Londres, le S3 novembre ISIS.

Cher Sir Edward,

Par votre lettre eu date d'hier, 22 novembre, vous m'avez rappelé que, dans ces dernières années, les autorités militaires et navales de la France et de la Grande-Bretagne s’étaient consultées de temps en temps ; qu’il avait toujours été entendu que ces consultations ne restreignaient pas la liberté pour chaque gouvernement de décider, dans l'avenir, s’ils se prêteraient l’un l'autre le concours de leurs forces armées ; que de part et d'autre ces consultations entre spécialistes n’étaient et ne devaient pas être considérées comme des engagements obligeant nos gouvernements à agir dans certains cas ; que cependant, je vous avais fait observer que si l'un ou l’autre des deux gouvernements avait de graves raisons d’appréhender une attaque non provoquée de la part d’une tierce puissance, il deviendrait essentiel de savoir s'il pourrait compter sur l'assistance armée de Tauti^e.

Votre lettre répond à cette observation et je suis autorisé à vous déclarer que dans le cas où l’un de nos deux gouvernements aurait

, un motif grave d'appréhender soit l’agression d’n ne tierce puissance^ soit quelque événement menaçant pour la paix générale» ce gouver- . ûcnaent examinerait immédiatement avec l'autre si les deux gouvernements doivent agir de concert on vue de prévenir l’agression ou de sauvegarder la paix.

Dans ce cas, les doux gouvernements délibéreraient sur les mesures [ju'iJs seraient disposés à prendre en commun.

Si ces mesures comportaient une action, les deux gouvernements prendraienl aussitôt en considération les plans de leurs états-majors ei décideraient alors de la suite qui devrait être donnée à ces plans.

Signé : Paul Gasibon,

C’est en verto de cet accord que le gouTernement britannique, ayant jugé comme un casm belli la violation de la neutralité belge par TAllemagne^ déclara la guerre a cette puissance, et devint effectivement ralliée de la France.

G. “ L*entente anglo-russe.

On a quelque peine, aujourd'hui que les armées anglaises et russes combattent un ennemi commun, à se représenter œ que fut naguère encore la rivalité anglo-russe. Une expression populaire, qui caractérisait parfaitement cette rivalité, est cependant restée dans toutes les mémoires. Lorsqu’on parlait il y a vingt ans de Féventualité d’une lutte entre la grande puissance navale et la grande puissance continentale, on attendait, disait-on, « le duel de Péléphant et de la baleine », ou encore de cc l'ours et de la baleine ».

La rivalité anglo-russe était née de la politique d'expansion suivie par les deux nations sur le continent asiatique. Leur activité respective s'exerçait et se rencontrait, au point de vue commercial, en Chine. Politiquement, Tune pour couvrir Pempire des Indes, l'autre pour s’assurer l’Asie centrale et s’ouvrir un débouché vers TOcéan Indien? elles se heurtaient au Thibet, en Afghanistan, en Perse.

Alqin. Agadir-Sarajevo.

la

APPENDICES

La récondliatioB anglo-française de 1904 d’abord, la fin ^ ^ de la guerre russo-japonaise ensuite, contribuèrent à rap- ÿ piocher peu à peu la Russie et TAngleterre* Des pour- ' parlers s'engagèrent. Ils aboutirent, le 3t août 1907, a une série d’arrangements qui supprimèrent les points de friction les plus importants existant entre les deux pays.

Un premier arrangement yisait la Perse, qui était divisée en trois zones. Au nord, une zone était réservée à l'influence russe. Dans cette zone, l'Angleterre s’engageait ^ <( à ne pas rechercher pour elle-même et è ne pas appuyer ^ en faveur de sujets britanniques, aussi bien qu’en faveur de sujets de puissances tierces, de concessions quelconques de nature politique ou commerciale, telles que les concessions de chemins de fer, de banques, etc,,, et à ne pas s’opposer, directement ou indirectement, à des demandes v. de pareilles concessions soutenues par le gouvernement russe ». La Russie prenait un engagement identique pour une zone méridionale attribuée à Tinfluence britanuiqua / Entre ces deux zones, une troisième zone se trouvait en « quelque sorte neutralisée : les deux contractants s'enga- , geaient à ne pas s'opposer, sans un concert préalable, ace que des concessions politiques ou économiques y fussent • attribuées à des sujets russes ou britanniques. Certaines clauses réglant des questions d'ordre financier complétaient j ces stipulations.

Un deuxième arrangement visait l'Afghanistan : Russie , et Grande-Bretagne s'engageaient à ne pas en modifier le statut politique. i

Le troisième et dernier arrangement réglait la question i duThibet. Les deux parties contractantes reconnaissaiert j les droits suzerains de la Chine sur le Thibet, dont elles | s'engageaient k respecter l’indépendance et L’intégrité ter- f ritoriale. Elles s'engageaient également « à n'y rechercher ou obtenir, ni pour leur propre compte, ni en faveur de

LA TfîlPLE-ENTENrE

leurs sujetSj aucune concession de chemins de fer, routes, télégraphes et mines »,

Cet arrangement était complété par trois annexes. Tune visant l’occupation de la vallée de Ghambi par TAegleterre ; la seconde portant engagement de la part de rAngieteiTe de ne pas envoyer de mission scientifique au Thibet pendant trois ans, sans accord préalable avec la Russie ; et la troisième constatant un engagement semblable de la part de la Russie,

Depuis la signature des accords de 1907, la confiance n'a cessé de régner dans les rapports anglo-russes, et la France, alliée do Tune et amie de Fautre, a servi de lien entre les deux anciennes rivales, réconciliées à leur tour, La Triple-Entente est née et a donné, au cours des crises diplomatiques les plus graves, notamment de celles survenues en Orient, les preuves les plus manifestes de l'efficacité de son action et de son attachement à la paix. Lagression austro-allemande Ta naturellement changée en alliance, La déclaration de Londres du 4 septembre UÏU a scellé cette alliance ^ la Grande-Bretagne, la France et la Russie ont pris le solennel engagement de ne pas conclure avec Fennemi de paix séparée. Le sang qu'elles versent en commun pour la cause de la liberté et du droit des nations garantit que leur amitié réciproque survivra aux terribles événements qui les ont si intimement rapprochées.

L ALLIANCE ÂNCLO-JAPONAISE

Le 16 août 1914, d'ordre de son gouvemement, le chargé d’affaires du Japon à Berlin remettait à l’Office extérieur allemand rultimatum suivant :

Le Gouvernement impérial japonais estime qu’il est^ dans les circonstances actuelles, d'une nécessité urgente de prendre des mesures pour supprimer^ en Eïtrôme-Orient, toutes les causes qui peuvent t troubler la paiv et pour sauvegarder Tintérêt général qui fut envisagé par le traité d’alliance conclu entre le Japon et la Grande-Bre- i? tagne, en vue d'assurer dans TAsie orientale une- paix solide et durable, dont rétablissement est le but même dudit accord.

Il considère donc comme un devoir de conscience de donner au Gouvernement impérial allemand le conseil d'exécuter les deux propositions suivantes :

1® Retirer sans retard des eaux japonaises el chinoises les vais- ï seaux de guerre allemands et bâ-üments armés de toute espèce et de dcsarmer immédiatement ceux qui ne peuvent pas être retirés;

2® Livrer, jusqu'au 15 septembre î914 au plus tard sans conditions ^ et sans indeDinité, aux autorités impériales japonaises l^ensemble du territoire all'ermé de Riao-Tchéou, en vue d’une restitution éven- ' tuelie de ce territoire à la Chine.

Le Gouvernement impérial japonais annonce en même temps qm, V si jusqu’au 23 août iyi4 à midi, il n'a pas reçu du Gouvernement impérial Allemand une réponse qui slgnihc l’acceptation sans condition des conseils ci-dessus à lui donnés par le Gouvernement Ixnpérial Japonais, il se verra dans Tobligation de prendre telles mesuras que la situation lui imposera comme nécessaires. J.

Cet ultimatum était en même temps communiqué à ; l'ambassadeur d'Allemagne à Tokio. |

Le 23 août, rofiice extérieur allemand faisait au chargé If d'afïairesdu Japon à Berlin la déclaration Yerbâle suivante:

Le Gouvernement allemand n’a aucune réponse à donner aux ; 1

ALLIANCE A N GLO-japonaise

exigences du Japon. Tl sô voit donc dans l’obligation de rappeler son ambassadeur à Tokio et do remettre passeports au chargé d’affaires japonais à Berlin.

La guerre européenne s’étendait donc à rExtrême- Orient. Le 7 novembre, Tsîng Tao, forteresse de Kiaoïchéou, capitulait* La base de la politique d’expansion allemande en Chine était ruinée à jamais* La flotte japonaise assurait en outre la sécurité des mers de Chine et du Pacifique*

Cette entrée en scène du Japon a suscité d’innombrables commentaires. Elle était cependant toute naturelle*

L'alliance anglo-japonaise, qui en était la raison d’être, datait en effet de plus de douze ans et s’expliquait par la nécessité dans laquelle s’étaient trouvées, à cette époque, les deux puissances contractantes, de garantir à leurs immenses intérêts en Asie une mutuelle protection.

Le premier traité d’alliance fut conclu le 30 janvier 1902. Il fut renouvelé le 12 août 1903. C’est ce derniér texte qui se trouve encore en vigueur. En voici les passages essentiels :

Les gouvernoiuonts de la Grande-Bretagne et du Japon, désireux de remplacer l’accord conclu entre eux, le CO janvier lÜOS, par de nouvelles sLipulations, ont accepta, d’un commun accordâtes articles suivants, qui ont peur but :

iffl) Le raffermisse meut {eonsolidalio/i\ et le maintien de la paix générale dans les régions de l’Asie orientale et des indes ; .

i) Le maintien des intérêts communs de toutes les puissances en Chine, en assurant l’indépendance et l’intégrité de l'empire chinois et le principe de T égalité [equal oppor£u?îilies] pour le commerce et pour l’industrie de toutes les nations en Chine ;

c) Le maintien des droits b^rrlloriaux des hautes parties contractantes daris les régions de T Asie orientale et des Indes, et la défense de leurs intérêts spéciaux dans lesditrs régions.

AnTict.e rRÊMunt, — Il est convenu que, toutes les fois que la Grande-Bretagne ou le Japon croiront voir les intérêts plus haut cités en danger, les deux gouvernemeuts s’en leront part en toute franchise et étudieront, d'un commun accord, les mesures à prendre pour sauvegarder lesdits intérêts*

Art. 2 , — iji, suite d’une attaque ou d’une agression quel-

APrENDlCES

conque d'une ou plusieurs puissances quelconques, une des hautes H parties contractantes se trouvait en état de guerre pour ia défense J de ses intérêts temtoriauï ou d'un des intérêts spéciaux mentionnés j* dans le préambule ci-dessus, Tautre partie contractante se portera rimmédiatement au secours de son alliée au titre de belligérante, et ne signera la paix que d’un commun accord avec elle.

Art. 3. — Le Japon ayant en Corée des intérêts prépondérants 'i; aux points de vue politique, militaire et économique, la Grande- y Bretagne lui reconnaît le droit de prendre telles dispositions de contrôle, de protection ou de direction qu'il jugera convenable de ; prendre pour sauvegarder ses intérêts dans la mesure où Icsdites 1 dispositions ne seront pas contraires au principe des facilités égales pour le commerce et Tindustrie de tontes les nations. -

Art. 4. — La Grande-Bretagne ayant des intérêts tout parliculiors 5 sur toute la frontière des Indes, le Japon lui reconnaît le droit de | prendre dans les environs de cette frontière telles mesures qu’elle i jugera nécessaires pour la protection de ses possessions dans Tlnde, 1

Art, 5. — Ni Tune ni rautre des baules parties contractantes ne I conclura, sans consulter Vautre partie contractante, avec une autre J puissance quelconque, des arrangements indépendants préjudiciables ^ aux buts qu'expose le préambule de cet accord. '

Art. 7. — Les conditions auxquelles Vuno des deux puissances devra accorder à l'autre des secours militaires dans les circonstances 'À auxquelles il est fait allusion dans cet accord, ain.si que les moyens | par lesquels les secours devront être rendus disponibles, seront ï réglés par les autorités navales et militaires des parties contractantes, qui se consulteront de temps en temps Vune Vautre, pleinement et librement, au sujet de toutes les questions ayant un intérêt commun. j

Art. 8 . — Compte étant tenu des termes de L’article 6, Vaccord % : actuel doit entrer en vigueur immédiatement après la date de la f signature et demeurera en vigueur pendanl une période de dix ans, ' à partir de cette date. Dans le cas ou ni Vune ni Vautre des hautes | parties contractantes n'aurait signalé, douze mois avant Vexpiration desdites dix années, rïntentïon de le terminer, l’accord doit demeurer f en vigueur jusqu'à expiration d’un an, à partir du jour où Vune eu < ■ Vautre des deu.v hautes parties contractantes l’aura dénoncé. Cep en- ÿ

dant, dans le cas où, au moment où la date fixée pour Vexpiration 4 sera arrivéCj l’un ou Vautre des alliés sera en train de faire la guerre, -g ^ l'alliance sera maîntenue ipso faoio jusqu'à conclusion de la paix.

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