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LA SITUATION D'ENSEMBLE EST BONNE

(29 Août.)

A défaut de faits de guerre, dont aucun ne mérite aujourd'hui de mention spéciale, examinons rapidement la situation générale, telle que l'ont faite les derniers événements.

Les coalisés germaniques sont accrochés solidement et simultanément en quatre endroits, dans les Flandres et l'Artois, devant Verdun, à l'est de l'Isonzo et en Moldavie. Sur le premier, ils s'enlizent peu à peu, par le fait d'une pression continue qui lentement le déborde. Sur le second et le troisième, ils reculent formellement. Sur le dernier, ils n'arrivent pas à percer, malgré le mal énorme qu'ils se donnent pour cela.

Il y a une quinzaine à peine, ce front de Moldavie nous causait d'assez graves inquiétudes. La belle résistance de l'armée roumaine, appuyée par des forces russes restées au devoir, a beaucoup atténué

celles-ci, si elles ne les a pas complètement dissipées. Et, chose sur laquelle on ne saurait trop appuyer, elle a brisé dans l'œut les espoirs que l'ennemi nourrissait peutêtre de pénétrer en Bessarabie ou en Podolie. L'archiduc 'Joseph et Mackensen cloués devant le Sereth, c'est l'impossibilité, pour les armées du prince Léopold de Bavière, de se lancer à l'aventure dans les steppes attirantes, mais peuplées aussi de traquenards, que l'approche de l'hiver va rendre inabordables. Elles étaient assez mal défendues par les troupes indisciplinées de Kornilof. Elles le sont beaucoup mieux, quoique d'une façon indirecte, par les courageux soldats du roi Ferdinand et les régiments incorrompus de Tcherbatchef.

Regardons maintenant ailleurs. Sur la Meuse, l'Allemagne a perdu en quelques jours un certain bénéfice moral qu'elle

, , (Cl. Section phot. de l'Armée.)

Le gênerai Guillaumat qui commande l'armée de Verdun, depuis décembre 1916.

U-COLONEL ROUSSET

avait, il est vrai, beaucoup trop largement exploité, et un profit matériel dont on ne peut nier la valeur, puisque, tant qu'il n'était pas aboli, la position de Verdun restait en état d'insécurité. Ce bénéfice et ce profit, eUe les avait péniblement acquis par un effort prolongé et quasi surhumain. Il ne lui reste aujourd'hui que le regret d'avoir sacrifié là 500 000 de ses meilleurs soldats, qui dorment leur dernier sommeil ou sont irrémédiablement perdus pour la guerre, et.dont la disparition paralyse aujourd'hui ses volontés et son bras. Elle avait cherché à Verdun trois choses : ime trouée qui rouvrît les portes à l'offensive manquée en 191 4 sur la Marne ; une paix imposée et surprise, que pouvait lui

donner la marche reprise impérieusement sur Paris ; enfin, comme dernier espoir, l'usure des forces françaises et leur épuisement définitif. Elle n'en a obtenu aucune. La brèche entr'ouverte s'est refermée ; la paix, nous la lui imposerons, nous-mêmes, après la victoire. Et notre armée est si peu usée que c'est elle qui attaque maintenant, de la façon que l'on sait.

Le musoir méridional de la ligne allemande s'effondre. L'autre, en Flandre, est déjà à moitié effrité. Lens ne tient plus qu'à un fil ; et, à l'est d'Ypres, les troupes britanniques viennent, hier, par un vigoureux coup de hache, de saper les troisièmes lignes ennemies, entre Poëlcappelle et Langemarck.

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