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la guerre d'escadre

Exposé des tnnox faits dans les dtfrërcntes marines, de 18*23 k 1876. — Situation actoelle

des flottes cuirassées.

La lutte entre les canons et les cuirasses, dont nous avons essayé, dans un précédent ouvrage, la Marine cuirassée (i), d'indiquer les premières périodes, a continué depuis trois ans avec des alternatives de succès et de déboires de part et d'autre qu'il nous a paru intéressant de retracer dès maintenant, en enregistrant pour ainsi dire au jour le jour les efforts infructueux des constructeurs pour résister à la puissance indéfinie,

sans doute, des canons de gros calibre. Déjà, en effet, en 1871, le

comité chargé d'examiner, en Angleterre, les plans des nouveaux navires de guerre, déclarait que le moment ne

(I) Grtnd iD-8, avec 7 pbnches; 1873. Pans, Gauthier-Villars. (Eputte.)

semblait pas éloigné où le canon remporterait déQnitivement sur l'armure; malgré cette prédiction trop justifiée, les ingénieurs ont continué la lutte avec plus de constance que de chances de réussite, et pendant que leurs plaques de blindage jonchaient de leurs débris les champs de tir de tous les polygones, pendant que les plaies béantes des massifs cuirassés montraient le danger des voies d'eau auxquelles ne résisteraient probablement pas les dispositions incomplètes des cloisons étanches, de nouveaux projectiles plus puissants venaient détruire les derniers massifs et avec eux les dernières espérances des défenseurs du cuirassement. Pendant que les ingénieurs mettaient en avant la difficulté des pointages, la lenteur du tir, le peu de chance des coups heureux, la presque impossibilité de manœuvrer à bord les canons géants, les artilleurs perfectionnaient les procédés de pointage et de chargement, et substituaient à la force humaine la puissance des appareils mécaniques. Alors qu'on surchargeait, enfin , les derniers cuirassés sans mâture d'une ceinture de 60 centimètres de fer, les canons de 35 tonneaux, lançant des projectiles de 272 kilogrammes, cessaient d'être les engins de guerre les plus puissants : Woolwich terminait son canon de 82 tonneaux, Armstrongen entreprenait de 100 tonneaux pour l'Italie, etKrupp annonçait la construction de la pièce de 150 tonneaux.

C'est, en effel, à ce point que l'on est arrivé aujourd'hui, et depuis la Dévastation, armée en 1872 de canons de 35 tonneaux, protégée à la flottaison par des plaques de 305 millimètres, on a construit VInflexible, qui portera des pièces de 82 tonneaux et qui recevra sur ses flancs deux plaques de 305 millimètres cha-

cune. Il est vrai que cette cuirasse n'existe plus que sur une partie très-réduite de la ceinture à la flottaison, et il est d'ailleurs indispensable de remarquer que, si Tartillerie est un élément parfaitement précis, sur Timportance duquel il est facile d'être fixé rapidement, il n'en est pas de même de la puissance défensive: sur la plupart des navires que nous aurons à examiner, l'épaisseur indiquée du cuirassement ne se rapporte qu'à une partie plus ou moins développée de la muraille ; elle ne représente, par suite, trop souvent, qu'une illusion de chiffres, dont on cherche à se contenter, mais que l'on ne saurait trop signaler au marin, à celui qui doit conduire au feu ces nouveaux monstres flottants. Nous reviendrons sur cette question, mais il était nécessaire de signaler dès à présent cette nouvelle supériorité de l'attaque sur la défense.

La période qui vient de s^écouler ne nous a offert aucune occasion d'étudier quelles seront les véritables qualités au combat des navires cuirassés, quelles conséquences on pourra tirer de la nouvelle tactique ; on est encore aux souvenirs de la bataille de Lissa, et les expériences de polygones sont les seuls champs clos où l'on puisse constater la résistance des divers modes de cuirassement. Seules, les frégates cuirassées espagnoles se sont trouvées engagées au feu lors des événements de Carthagène ; la Numancia et la Resohicion (actuellement Mendez- Nuûez) ont reçu plusieurs obus qui ont éclaté en tuant ou blessant quelques hommes; mais aucun fait intéressant n'a été signalé: les réparations ont môme pu être exécutées à bord.

Si les enseignements à tirer des combats offrent peu d'intérêt dans cette période, tout autres, au contraire, sont ceux qu'offrent

les expériences, où Ton a vu les massifs considérés comme les plus résistants détruits rapidement sous les coups des canons même des calibres relativement modérés, où l'importance essentielle du rôle du matelas en bois sous la cuirasse a été démontrée de la manière la plus précise, où l'on a vu enfin que les ponts blindés ne présenteraient probablement pas une protection comparable à celle des autres parties de la cuirasse du navire.

Nous passerons successivement en revue les principaux types qui ont été créés dans ces dernières années, sans distinction de pavillon, classés uniquement par genre et par espèce ; aussi commencerons-nous par indiquer ce que chaque nation a fait depuis 1872 pour conserver à sa flotte le rang qu'elle occupait alors, ou pour en développer les éléments conformément à ses besoins et à ses aspirations.

Marine française. — En France, les principaux types de navires cuirassés venaient d'être déterminés à l'époque que nous prenons comme point de départ ; les chantiers ont donc été naturellement occupés à exécuter un certain nombre de navires sur les types du Redoutable^ cuirassé de premier rang, du Tonnerre^ garde-côtes de premier rang (1), et de la Tempête^ garde-côtes de second rang (2); mais on a considéré comme nécessaire d'augmenter la puissance défensive des navires de combat au delà de ce qu'elle était sur le Redoutable^ et, grâce à une augmentation de 800 tonneaux environ dans le déplacement, on a pu assurer à la Dévastation et au Foudroyant, que l'on met

(1 ) Sur le même plan, le Fulminant et le Furieux. (2) Sur le même plan, le Tonnant et le Vengeur.

actuellement en chantier, des conditions de protection supérieures à celles du premier type.

Le programme de la flotte adopté en 1872 comprend seize cuirassés de premier rang, douze cuirassés de second rang, vingt garde-côtes de premier et de second rang. Jusqu'à présent, nos anciennes corvettes des types Aima et La Galissannière^ à flot ou en chantier, suffisent pour assurer le service confié aux cuirassés de second rang; aucune décision n'a encore été prise relativement au type des navires qui, peu à peu, devront plus tard les remplacer dans les rangs de la flotte. Les budgets des dernières années et la liste de la flotte contiennent d'ailleurs à ce sujet divers renseignements qu'il est intéressant de résumer ici, pour indiquer d'une manière précise la situation de nos escadres de combat.

CUIRASSil D*B8CADRE.

CniBASSÉS OB STATIOR.

6akdb-g6tcs.

Procramne «la 1872. . . \q

^^ FHedland,

La Galiseonniêre^

Onondaga,

Colbêrt,

VktorieuUt

Taureau^

Richelieu^

Belliqueuse,

f Bélier,

( Marengo,

1 AlWM,

\ Bouledogue^

Océan,

1 Armide,

1 CerbérOf

( Suffren,

1 Atalanie,

[ Ttgre,

Solferino,

I Jeanne d^Arc,

f Arrogante^

Flandre,

j Monicalm,

j Implacable^

Gaulaiu,

1 Rotne-Blanehe,

i Opiniâtre^

GuyefifM,

[ Thétis.

Embuteade^

Hérotne,

Imprenable,

MagnamiMf

Proteelriu,

Provence,

Refuge.

Revanche^

Savoie,

Surveillante,

\ Valeureuie,

Gloire,

Cauroufte.

En chantier.

CUIRASSÉS D*B8CÀDRB.

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