‹ La guerre de libération, 1914-1918Chapitre 8 sur 50 · DÉCLARATION DE QUERRE DE LA ROUMANIE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE QUERRE DE LA ROUMANIE

Vers la fin d'août, sous l'influence de son brillant succès de Gorizia, et aussi de l'échec retentissant des Allemands devant Verdun, l'Italie avait mis un terme aux difficultés de sa situation vis-à-vis de l'Allemagne, dont celle-ci avait du reste fortement abusé : Notre alliée était en guerre avec l'Autriche; elle ne l'était pas avec l'Allemagne. Le gouvernement italien comprit que cet état de choses ne pouvait durer et déclara la guerre à l'Allemagne le 28 août 1916.

Le môme jour, la Roumanie suivit l'exemple de sa sœur aînée et déclara la guerre aux puissances centrales. Ce fut un gros événement, très bien accueilli dans le camp des Alliés, car l'armée roumaine leur apportait un appoint de 500 000 hommes armés, instruits, ayant derrière eux une réserve de 3 à 400 000 hommes, aptes à marcher.

C'était aussi une indication qu'on pouvait regarder comme très favorable. Cette jeune nation devait nécessairement agir avec une extrême prudence et songer à sauvegardcM- ses propres intérêts,

l'offensive italienne. 19

dont les racines n'étaient pas encore bien profondes, bien solides. Elle avait attendu jusque-là, désireuse de ne se lancer dans la guerre qu'à coup sûr, quand la victoire de Tun des partis lui paraîtrait certaine. Elle venait à nous. C'était un très bon signe, car elle passait pour être remarquablement renseignée sur ce qui se faisait dans les deux camps.

Dès le mois de septembre 1916, nos nouveaux alliés se mettent en campagne dans la Transylvanie pour délivrer leurs compatriotes, et dans . la Dobroudja au sud du Danube.

Leurs armées ont vite fait de passer les cols des montagnes qui les séparent de la Transylvanie et progressent vers Parajd, Fogaras, Hermannstadt, appuyées de loin par l'armée russe qui s'est avancée dans les Carpathes. Les Autrichiens reculent, laissant entre les mains des Roumains 7 000 prisonniers. '

Dans la Dobroudja, le début fut moins engageant. Les Russes avaient envoyé quelques secours aux Roumains. Et néanmoins, nos alliés furent bientôt en mauvaise posture. L'armée bulgaro-turco-alleraande de ce côté était aux ordres du maréchal Mackensen, qui s'empara de Turtukaï et de Silistrie sur le Danube, puis marcha sur les Russo-Roumains et les força à se replier sur une position couvrant la ligne de chemin de fer de Cernavoda sur le Danube à Gonstanza sur la mer Noire.

L'offensive roumaine était terminée de ce côté. Klle l'était aussi en Transylvanie, où les Allemands avaient mis rapidement sur pied une forte armée, commandée par l'ancien chef du « grand état-

major », remercié après Verdun. Le général Falkenhayn, dès la fin de septembre, attaqua vivement nos alliés et les força à repasser les cols des montagnes de la Transylvanie.

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