‹ La guerre de Russie [microforme]Chapitre 15 sur 39 · PREMIERS COMBATS · texte numérisé non relu

PREMIERS COMBATS

les deux empereurs, à ce que me dit un de mes amis qui avait été de service ches le colonel au moment où l’aide de camp russe Bachaloff était venu, au nom d'Alexandre, faire une dernière démarche pacifique.

Cet émissaire avait la haute direction de la police moscovite. Il demanda à l’empereur pourquoi il avait franchi la frontière et dans. quel but il faisait la guerre à un peuple qui ne demandait qu’à vivre en paix avec tout le monde.

Napoléon s’emporta; iltraita Alexandre d’officier de parade et se moqua des généraux

russes, qu’il déclara pour la plupart fous ou incapables.

Bachaloff partit et les événements suivirent leur cours.

Nous étions à peine sortis de Wilna, que l’enthousiasme et la gaieté quittèrent nos rangs. Beaucoup de soldats murmuraient tout haut et le nombre des traînards augmentait chaque jour. On n’avait plus en Napoléon ette confiance aveugle qui nous faisait marcher autrefois sans calculer les distances ni mesurer les dangers.

On eût dit que la fatalité planait sur nous. Un escadron polonais de la garde périt jusqu’au dernier homme dans une rivièro qu’il essayait de traverser ; cinq jours de pluies torrentielles qui nous empêchèrent de prendre : le moindre repos, firent brusquement baisser la température et des maladies contagieuses enlevèrent grand nombre de soldats. Plus de dix mille chevaux moururent en quarante-huit heures et ceux qui ne succombèrent pas étaient si faibles et fatigués qu’ils ne pouvaient plus nous rendre de grands services.

Cependant nous avancions toujours, chassant devant nous l’armée russe, que seuls nos éclaireurs apercevaient de temps en temps.

. Le général russe Barclay de Tolly remontait la vallée de la Dwina, son infanterie sur la #iye droite, sa cavalerie sur la gauche, et se dirigeait vers Witepsk. Nous comptionsle rejoindre aux environs de cette ville et trouver enfin l’occasion de nous battre.

La marche fut longue et pénible. Les fortes chaleurs étaient revenzen et nous n’avions pas de vivres.

Enfin, le 25 juillet, nous vimes, près d’Ostrowno, l’arrière-garde + l’armée ennemie, c’est-à-dire l’artillerie et la cavalerie.

VIE DE NAPOLÉON ler

Une charge exécutée sous les ordres de Murat eut bientôt déblayé le terrain.

Nous poussions des cris de joie. Notre cavalerie, toujours admirable malgré le piteux état des chevaux, serrait les Russes de près et l’infant'1e ‘suivait en bon ordre, au pas gymnastique.

En peu de temps, nous eumes gravi une petite côte d’où le regard plongeait au loin dans la campagne.

A nos pieds se tenait un nombreux corps d’armée russe, massé entre une forêt qui s’étendait au loin, et la Dwina, et protégé par une artillerie formidable. Les baïonnettes, les sabres et les lances brillaient au soleil, -æsrrés comme des épis dans un champ de blé.

En avant!

Murat, le sabre au poing, galoppait en tête et nous électrisait par son ‘exemple,

Malheureusement l’ennemi courait plus vite qüe nous et au moment où nous comptions sur une bataille réglée, il disparut dans la forêt en nous ‘sor ‘raitant le bonsoir à coups de fusil.

I1 nous fallut donc nous contenter de quelques petits combats partiels qui ne produisirent aucun effet,

Murat était furieux et s’en prenait à tout le monde ; il alla jusqu’à dire que la cavalerie n’avait pas fait son devoir.

En parlant ainsi, ilse montrait injuste à notre égard et surtout à l’égard de nos chevaux. Les pauvres bêtes n’avaient plus que la peau et les «68 et on les entendait râler pendant la charge.

Pour mu part, j’ai reçu ce jour-là un coup de lance quine me fit pas grand mal. Cependant un bon bouillon m’eût fait plus de bien que cette ‘#aignée, car notre cuisinier ne nous avait offert rien de bien nourrissant pendant toute la journée.

J'ai su plus tard que le brave commandant des cuirassiers, Nansouty, fit à Murat cette belle réponse :

— Nos soldats se sont battus comme des héros, mais leurs chevaux n’ont pas de patriotisme; on ne peut les faire marcher sans foin et sans avoine.

C'était bien ainsi. Muis Murat ne connaisssit pas de plus grand plaisir que de sabrer l’ennemi; il fatiguait inutilement ses troupes en poursuivant

. les Cosaques dont le mot d’ordre était de nous attirer dans le cœur du pays ‘t de nous fatiguer par des marches forcées.

C’est pendant cette journée que deux cents voltigeurs parisiens, engagés volontaires ou recrues de l’année, se distinguèrent en attaquant à la baïonnette un régiment de la garde russe appuyé par d’autres régiments. C'était plus que de la bravoure, c'était de la témérité, Et cependant bien peu de ces jeunes héros succombèrent dans cette lutte inégale,

Le vaillant Davoust, avec ses soldats d'élite, avait jeté le désoräre dans l’armée ennemie, et il eût remporté de grands avantages sans le mauvais vouloir de Jérôme, le frère de l’empereur, qui, avec ses 80,000 hommes, pouvait écraser le corps de Bagration. Mais ce roi de fortune, pour ne pas ‘obéir à un simple maréchal, refusa de quitter ses positions et finit par planter là ses soldats pour retourner en Westphalie.

Pendant la nuit, nous eumes la chance de faire un repas très-copieux sinon très-délicat. De l’eau plus ou moins claire et les cadavres des DHAYAIER nous fournirent un bouillon, auquel il ne manquait que des :

ôt déblayé le

rs admirable t l’infant- 4e

regard plon-

, Massé entre ne artillerie nt au soleil,

isait par son

au moment orêt en nous

bats partiels jusqu’à dire

surtout à 1’6- : peau et les

e me fit pas on que cette nourrissant

s, Nansouty,

1rs chevaux foin et sans

and plaisir poursuivant œur du pays

bn, engagés quant à la régiments.

bndant bien

soräre dans le mauvais 0 hommes, our ne pas it par plan-

ès-copieux davres des it que des

Page 1