RETRAITE DE CONTADES LE LONG DU WESER
à 9 heures: il n'a rien laissé derrière; elle n'a été suivie que par des chasseurs; nous avons eu une vingtaine d'hommes blessés qui ont tous été rapportés ; il n’y a eu personne de tué. » Le maréehal était sans avis d'Armentières, Chevreuse (1) et Begenval (2), mais il ne doutait pas que, conformément aux instructions, ils se fussent dirigés sur Warburg et Cassel, Citons un détail qui prouve la courtoisie des relations entre les belligérants : « M. le comte de Lützelburg qui avait été pris dans l’action est revenu hier au soir. M. le p'ince Ferdinand lui a permis de reprendre ses fonctions en attendant qu'il fût échangé... Les 300 hommes que j'avais laissés à Minden pour y capituler se sont rendus prisonniers de guerre. M. le prince Ferdinand m'annonce qu'il va me les renvoyer. »
Si le flegmatique Contades se tranquillisait déjà sur la suite des événements, il n’en était pas de même à Cassel où l'on était dans les transes au sujet de l’armée, « Rien n'est si dangereux que notre position, mande Dumouriez (3) qui s'acquittait avec beaucoup de zèle et d'intelligence de ses fonctions de commissaire. Nous ne savons pas encore de nouvelles de l'armée et ne pouvons asseoir de conjectures jusqu'à ce que nous apprenions qu'elle ait gagné Eimbeck, mais depuis le 1°’ nous n’en avons pas la moindre nouvelle ni de ce qui s’est passé... Si elle (l'armée) était à Eimbeck je la regarderais comme sauvée ; jusque-là il n’y a rien à envisager que de terrible. Elle doit être sans pain. J'en fais faire nuit et jour, j'assemble quantités de chariots et au premier avis ils voleront. Nous avons eu la première nouvelle hier à 8 heures du matin. M. de Bezenval va arriver avec la brigade de Castella et Hericy (#); nous en avons
(1) Chevreuse avait été chargé de masquer Lippstadt.
(2) Commandant des troupes françaises en Hesse.
(3) Dumouriez au Ministre. Cassel, 4 et 6 août 1759. Archives de la Guerre, 3920,
(4) Le régiment de cavalerie d'Hericy.
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} grand besoin n'ayant ici que deux bataillons et le seul | canon de Courten.. Le soint d'appui est la Hesse, mais | l’arinée a pris une route bien scabreuse pour y parvenir. » Deux jours plus tard le ton devient rassurant : « M. le maréchal est à Eimbeck et sera sans doute demain à Northeim. J'aurai demain #00.000 rations de pain à Güttingen et je vois que ce secours sera bien nécessaire. Les ordres qu'on avait envoyés pour en faire dans cette ville pour le 5 n’y sont parvenus que le 6. Je voudrais pouvoir faire voler les pi caissons. Nous ignorons encore tout détail, mais je ne
puis imaginer ce qu'est devenu le prince Ferdinand... | Demain nous en saurons davantage, mais nous respirons du moins et il était temps. » La nouvelle de l'arrivée de Contades à Eimbeck était prématurée, car il n'y fut rendu {ll que le 7 août au soir.
Jusqu'à Oldendorf, les progrès de l’armée avaient été sin- } gulièrement lents, aussi Broglie qui s'appropriaït de plus en plus le rôle de mentor officieux du maréchal, prit-il sur lui d'appeler ({, son attention sur les dangers d’un plus grand retard : « Je crois, Monsieur le maréchal, et M. de Saint- Germain le pense comme moi, qu'il n’y a pas de temps à perdre pour vous déterminer à faire marcher légèrement votre armée à Cassel, saus quoi vous vous commettriez au plus grand malheur qui serait celui d'être prévenu en Hesse, et le salut de l’armée semble mériter la préférence { sur toute autre considération. C’est par attachement pour {! 1 vous et pour le Roi que j'ai l'honneur de vous parler ainsi; songez, je vous prie, que vous n'avez fait que 8 lieues depuis le 2 au matin ; il vous en reste 28 pour aller à Cassel. Le prince Ferdinand a été lier avec son armée à Hervorden, il peut facilement être le 10 ou le 11 à Cassel ou à Munden; il faut done qu’une partie de votre armée force
(1) Broglie à Contades. Près d'Hameln, 5 août 1759. Archives de la Guerre. Allemagne, vol. 3520.
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