MUNSTER RÉOCCUPÉ PAR LES FRANÇAIS
pris, que mon infanterie avait fait 7 lieues, devant me rendre le lendemain à Warburg, dont la direction de Detmold m'éloignait de 10 lieues, je n'ai pas cru devoir me porter à Detmold pour essayer d’en tirer quelques équipages. » L'opération semblait délicate; en fait elle eût probablement réussi; quelques escadrons de cavalerie soutenus par de l'infanterie qu'on aurait pu transporter en chariots, eussent suffi sans doute pour chasser le détachement du colonel Freytag qui était encore seul à Detmold, et pour sauver une partie des voitures. Le lendemain Armentières changea d'opinion comme il l'avait fait pour Munster, et envoya Melfort qui revint avec l'avis que l'ennemi était en force et qu'il avait enlevé son butin.
En ce qui concerne Munster, Comeiras montra irès heureusement plus d'initiative que son chef; cet officier général qui rétrogradait après son échec d'Osnabruck, en passant à Munster le 3 août, trouva la ville dégarnie de troupes; il la fit réoccuper par son infanterie qu'il y amena en chariot. IL était temps; deux heures après, les hussards hessois se présentaient aux portes. Le 7, Gayon revint avec la garnison, reprit possession de la ville et la mit ainsi à l'abri du coup de main du colonel Boyd. Quoiqu'on fût bien loin de l'ennemi, ou tout au moins de son corps principal, l'évacuation de la Westphalie avait été signalée par lä confusion et l’incurie qui étaient à cette époque les caractéristiques d’une armée francaise en retraite. Le commissaire de Crancé nous raconte (1) ses expériences. Parti de Munster le 3 avec Gayon, ilse rend le # à Dulmen;il n°y rencontre ni soldats ni employés; personne n'avait songé à déblayer le magasin de farines dont les habitants s'étaient emparés; grâce à des perquisitions dans les maisons particulières, il retrouve 1.480 sacs qu'il fait porter à Wesel;
1) Crancé à Belleisle, Munster, 8 août 1759. Archives de la Guerre. Alle- «ne, 3520,