LE PRINCE HENRI ENTRE EN FRANCONIE
ministre sur le danger d'une incursion des confédérés qui n'attendront pas pour agir le 10 juin, date indiquée par Contades et Monteynard comme celle de la mobilisation générale, Mème langage à Contades (1) qu'il prie de faire une diversion : « Je dois vous observer de nouveau qu'il me semble que vous n'avez pas un moment à perdre... et peut-être même qu'en donnant sur-le-champ ordr: aux troupes que vous vous êtes proposé d'assembler à Cologne. de se porter à Limbourg, elles y arriveront à peine à temps. » Bientôt une demande d'aide de l'évèque de Wurtzhurg vint confirmer les craintes du duc; puis ce fut Deux-Ponts qui appela au secours (2) : Le prince Henri marche contre lui avec 30.000 hommes: les Hanovriens en ont 10.000 à Bischoffsheim, localité au sud de Fulde ; l'armée des Cercles va rétrograder sur Bamberg.
Ces bruits, en ce qui concerne le détachement de larmée du prince Ferdinand, étaient exagérés. Celui-ci n'avait participé à l'entreprise du prince Henri que par l'envoi de 5 ou 6.000 hommes, sous le général Urff, dans la partie supérieure de la vallée de la Werra. Le 16 mai, cette division était parvenue à Rômhild près de Künigshofen; elle poussa ses éclaireurs jusqu'à Schweinfurt sur le Mein, mais ne prit aucune part aux engagements qui eurent lieu entre Prussiens et Impériaux et retourna peu après en Hesse.
Quant au mouvement du prince Henri, il eut une autre importance; l'opération débuta le 8 mai par une rencontre près de Hoff entre Finck et l'Autrichien Mac Guire ; ce dernier, battu et coupé, ne put rejoindre l'armée de l'Empire qu'à Nuremberg après un long détour par la Bohème. Deux-Ponts dont le quartier générai était à Culmbach, très ému de l'approche des Prussiens et des
(1) Broglie à Contades. Francfort, 5 mai 1759. Archives de la Guerre. (2) Deux-Ponts à Broglie, 10 mai 1759. Archives de la Guerre.
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Hanovriens, ne parlait de rien moins que de se retirer sur le Danube. La Touche que nous avons vu ministre français à Berlin et qui éfait chargé d'une mission en Allemagne (1) et Goertz obtinrent avec l'appui de Hadick, le remplaçant de Serbelloni, que la retraite fût dirigée sur Bamberg. Elle coûta cher aux Impériaux : «€ Nos troupes s’éparpillent, raconte Goertz (2), sans pour &insi dire tirer un coup de fusil. » Renseignements identiques de La Touche (3) : «Le régiment d'infanterie de Cronaich du cercle de Franconie, attaqué ce matin par 200 hussards, à mis bas les armes sans tirer un coup de fusil et 3 escadrons de dragons palatins n'ont pas fait une meilleure défense et se sont dispersés. Que peut-on espérer de pareilles troupes qui ne peuvent que décourager et embarrasser les Autrichiens? » On n'atteignit Bamberg le {mai que pour fuir à Nuremberg où finit la reculade. Les Prussiens suivirent à loisir, ramassant les trainards, recueillant les déserteurs et s'emparant des magasins que les Impérinux n'avaient pas eu le temps de détruire; le 16 mai, ils entrérent à Bamberg et auraient pu continuer leur course victorieuse, S'ils n'avaient pas été rappelés par les aouvelles de la diversion du général autrichien Gemmingen sur les frontières de Saxe et des progrès des Russes vers Posen,
Dans toute la Franconie et jusque dans Févêché de Wurtzburg la panique fut générale parmi les autorités; la population, par contre, fit bon accueil aux Prnssiens. « L'ennemi, écrit Ryhine: (4), a trouvé le moyen de mettre
les peuples dans ses intérêts; ils se louent de la discipline, du peu de torr qu'il occasionne par son séjour, et paraissent dégoûtés de fa manutention et des procédés de
(1) La Touche à Belleisie. Culmbach, 10 mai 1759. Archives de la Guerre. (2) Goertz à Broglie. Cassendorf, 11 mai 1759, Archives de la Guerre, (3) La Touche à Belleisle, Cassendorf, 11 mai 1759. Archives de la Guerre. (4) Ryhiner à Belleisle, Wurtzhurg, 17 mai 1759. Archives de la Guerre,
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