‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 91 sur 303 · ASSAUTS DU SPITZBERG · texte numérisé non relu

ASSAUTS DU SPITZBERG

n fi - Ë corps qui accouraient au feu ne pouvaient se déployer et

-Ci, n'avaient d'autre ressource que de se masser derrière les

sti- premiers combattants, dont ils triplaient ou quadruplaient

rer | la profondeur. Dans les amas d'huinmes ainsi entassés, les

nts boulets russes ouvraient à chaque coup des percées san-

du, | glantes.

nes De l'autre côté de Kunersdorf, entre ce village et le

eux Spitzherg, il y avait un peu plus d'espace, mais les déclime vités nues qui s'y déroulent sur une longueur de près d’un

ant kilomètre présentaient pour la défense les avantages d'un

ur- glacis naturel, et offraient à l'artillerie moscovite un ad-

mirable champ de tir. Aux abords du Spitzberg, tous les

pè- élans de l'infanterie prussienne allaient se briser, comme, ne- À un siècle plus tard, ils devaient échouer sur les pentes de née Saint-Privat, >W, C’est contre cette position redoutable que Frédéric tenta

uc- un suprème effort, qui devait décider le sort de la bataille. Jois Pendant que la droite continuait à se fusiller avec les Au-

or. trichiens sans pouvoir prendre pied sur le coteau qui doain L mine le Tiefe Weg, la gauche prussienne mettait tout en nts œuvre pour emporter le Spitzherg. « À peine notre infan- ' cer 1 terie, relate une des narrations (1), avait-elle dépassé le l til- 4 village de Kunersdorf, qu’elle reçut un feu de mitraille il re 1 épouvantable; il en résulta un tel désordre dans nos ba- À is- 1 taillons, qu'ils se pelotonnèrent sur une profondeur qui | Ju- | atteignait jusqu'à 10 rangs, et restèrent ainsi exposés au | pu- 1 feu sans qu'on essayât de leur faire reprendre leurs forma-

tte 1 tions ou de les retirer de la zone de feu. » C'est ainsi que

les 1 la brigade Knobloch et celle de la seconde ligne qui lui

is- 4 servait de soutien, tout en se maintenant péniblement en

-il 1 avant des ruines de Kunersdorf, ne purent déboucher sur

de le plateau qui fait suite au village.

£S 1 Le Roi disposait encore, comme réserve d'infanterie,

(1) Relation appartenant à la collection du duc de Brunswick, citée par Laubert,

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de l’aile gauche, soit environ 16 bataillons, composés il est vrai pour les trois quarts des régiments de Wedell à cadres incomplets, et dont le mor«: se ressentait encore de récentes défaites; la cavalerie, à l'exception de celle du corps de Finck, était massée derrière les étangs de Kunersdorf, entre la route de Drossen et la forêt, et n'avait pas pris part à l'engagement. Seul le prince de Wurtemberg avait été détaché pour faire des démonstrations vers l'extrème droite des alliés, mais il avait trouvé le passage de la Faule Brucke coupé, et n’osant pas s’aventurer dans les défiiés de la forêt de Francfort, était revenu se joindre aux régiments de Seydlitz.

À Kunersdorf, Frédéric montra une fois de plus qu'il avait à la guerre le tempérament du joueur qui r'que tout sur une carte, dans l'espoir de doubler son bénétice. Peutêtre eût-il gagné la partie sans l’admirable ténacité des soldats russes et sans l'initiative hardie du général autrichien, mais n’anticipons pas. Le Roi jeta successivement dans la bagarre toutes les brigades de l'aile gauche : Yung Stutterheim, Grabow, Dericke, et enfin celle du général Rebentisch; stimulés par l'exemple de leurs camarades, « les peaux d'ours » paraissent avoir fait leur devoir, mais leur courage fut dépensé en pure perte. Il n’y avait qu'un seul chemin pour monter au Spitzherg ; à gauche le chapelet des lacs ferme la route, et les espaces étroits que laissent entre eux les étangs étaient réservés à la cavalerie; aussi fallait-il tout d'abord traverser les ruines fumantes de Kunersdorf. À la sortie du village, les têtes de colonnes veuaient donner sur la cohue des troupes déjà engagées, et, dans l'impossibilité de se frayer un passage, se confondaient avec elles et tourbillonnaient inutilement sous le feu des batteries russes. Du côté du Spitzherg, comme sur les pentes du Tiefe Weg, le spectacle était celui que nous décrit Gaudi (1) : « Tous les régiments avaient souffert,

(1) Journal de Gaudi, Archives de l'Etat-major général. Berlin, XXVII, n°31.

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