‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 155 sur 361 · BELLE RETRAITE DES PRUSSIENS · texte numérisé non relu

BELLE RETRAITE DES PRUSSIENS

pour sa propre süreté, Retzow s'empressa d’obéir à l'ordre de rappel que le Roi lui avait adressé dès qu'il s'était rendu compte de la gravité de la situation. L'avant-garde, sous le prince de Wurtemberg, repassa le Lobauwasser à Weissenberg et marcha sur Wieha et Nechern; comme elle débouchait de ce dernier village, le général Buccow, qui commandait la cavalerie impériale de l’aile droite, fit mine de la prévenir; mais il suffit de quelques coups de canon pour le faire renoncer à ce dessein. Le prince continua sa route par Wurschen et vint finalement se placer à Dreska pour protéger la retraite du Roi et en imposer aux cavaliers de Laudon qui battaient l'estrade dans la plaine. Retzow, avec le gros, put suivre son avantgarde sans être sérieusement inquiété par son indolent antagoniste. [| gagna Wurschen, se porta sur les hauteurs de Kanwurtz, et garnit avec une partie de ses forces le retranchement, souvenir des guerres suédoises, aux abords du bourg. Ainsi posté, il couvrit le défilé de l’armée royale qui rentrait fort éprouvée de la bataille du matin. En résumé, la marche rétrograde se fit en bon ordre : L'arrière-garde, composée du corps de Retzow et de quelnes bataillons du centre ou de la gauche restés intacts, +: retira par échelons, tandis que le général Seydlitz, qui “it réuni sous sa direction toute la cavalerie, arrèta par su. ittitude résolue toute velléité de poursuite. Les Prussiens franchirent sans difficulté la rivière de Bautzen (la petite Sprée) et s'établirent à Doberschutz dans une position excellente. Daun, toujours fidèle à ses maximes de prudence, ne troubla la manœuvre de Frédéric que par le feu de son artillerie légère qu'il fit avancer de hauteur à hauteur, et par la mousqueterie des infatigables Croates. L'affaire avait duré environ 5 heures et coûtait cher aux vainqueurs et aux vaincus.

Aucun document officiei n’a été publié sur la perte générale des Prussiens. D'après Gaudi, dont les chiffres

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ont été adoptés dans le récit de l'état-major, elle se serait montée à 116 officiers et 5.381 soldats tués, prisonniers ou disparus, et 127 officiers et 3.470 soldats blessés, soit. en tout plus de 9.000 manquants (1) à l'appel. Dans ces totaux, la cavalerie, d’après un état officiel (2), ne figurerait que pour 1.079 de tous rangs. À ce propos, rappelons que le corps de Retzow tout entier et & à 5 bataillons de la gauche ou du centre ne furent presque pas engagés et n’eurent que peu de monde hors de combat. Ce fut donc sur les 33 bataillons réguliers et 2 bataillons francs de l’armée du Roi, donnant un total d'environ 20.000 hommes, que porta un déchet qu'cr peut évaluer à 7.500 environ. En autres mots, l'infanterie prussienne qui prit réellement part à l'action laissa sur le champ de bataille ou aux mains de l'ennemi 37 % de ses effectifs. Certains corps furent encore plus éprouvés : les régiments de Benkendorf et de Doringshofen furent presque anéantis; les 2 bataillons du margrave Charle” perdirent 916 officiers et soldats sur 1.200 présents; Wedell fut réduit au tiers de son total de la veille; Kanaker eut un déficit de 50 %. Pour l’armée autrichienne, les rapports officiels accusèrent #1 officiers, 1.030 soldats tués, 156 officiers, 3.972 soldats blessés, 21 officiers prisonniers; en ajoutant à ces chiffres 7 ou 800 prisonniers ou disparus, on aurait un total un peu supérieur à 6.000 (3) de tous rangs. Si l'écart entre le déchet des deux armées ne fut pas considérable, il n'en fut pas de même des trophées de la victoire. Les Impériaux s'emparèrent de 101 canons, 80 caissons,

(1) Hohenemser, Arilik der Quellen zu Schlacht bei Hochkirch. Frankfurt, 1899, p. 10.

(2) Une note francaise sur l'affaire parle de 5.000 morts sur le champ de bataille, de 4.300 blessés prussiens trouvés à Bautzen et de 1.800 prisonniers non blessés. Archives de la Guerre. Allemagne, vol. 3184.

(3) Streffleur's Oesterreichische mililärische Zeitschrift, XXXVWIT. Januar 1897. L'auteur d’un article sur Hochkireh porte le nombre des disparus autrichiens à 2.270 et évalue la perte totale à 8.000 en chiffres ronds.

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