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CHARGES DE LA CAVALERIE FRANÇAISE

de Maulbergen (1), Maugiron, avec les brigades de Condé et d'Aquitaine, faisait un mouvement analogue sur la gauche: enfin les batteries françaises reprenaient leur tir qui battait en écharpe les bataillons anglais. A la suite de cette canonnade le second échelon de la cavalerie chargea à son tour, il y eut du flottement parmi les Anglais de la première ligne, mais Ferdinand les fit soutenir par la deuxième, augmenta ses batteries du moulin de Héhlen et envoya officier sur officier à Lord Sackville, commandant des 24 escadrons de l'aile droite, pour l'inviter à accourir sans retard au secours de l'infanterie. L'appel ne fut pas entendu, mais les autres mesures amenèrent l'effet désiré.

La seconde charge de la cavalerie française ne produisit pas plus de résultat que la première, aussi le maréchal eut-il recours à sa réserve composée des 18 escadrons de gendarmes et carabiniers. Cette masse de 2,000 cavaliers d'élite, lancée à fond de train, aborda l'infanterie ennemie de flanc et à revers et remporta quelque succès; elle perça la première ligne, mais échoua contre la deuxième que venaient de renforcer les 6 bataillons du général Scheele et une partie de ceux de Wutgenau. Secondée par des troupes fraiches, peut-être cette charge eût-elle réussi; mais il n’en fut rien; toute la cavalerie avait donné, et les régiments qui avaient livré les premiers combats n'étaient pas en état d’en tenter un autre. Les gendarmes et les carabiniers furent très maltraités; M. de Poyanne, qui les commandait, reçut plusieurs blessures; sur 778 gendarmes présents à l'affaire, 153 furent tués ou pris, 205 blessés; des huit escadrons, il ne restait, le soir de la bataille, que 315 soldats armés, montés, et prêts à servir. L'action des 63 escadrons du centre se termina par un dernier assaut de M. de Vogué sur la droite, aussi infructueux que les autres.

(1) Ou Maulbeerkamp.

Si, à ce moment, les 24 escadrons de Sackville avaient paru sur le champ de bataille, il est probable que la déroute de Contades eût été aussi complète que celle de Soubise lors de la néfaste journée de Rossbach. Même sans cette intervention, la situation était fort critique; les entreprises de Beaupréau et Maugiron n'avaient pas mieux réussi que les charges de leurs camarades de la cavalerie. Les brigades de Touraine et Rouergue trouvèrent le hameau de Maulbergen occupé par les fantassins ennemis et furent accueillies par une fusillade qui les arrèta net; l’hésitation que cette réception occasionna fut transformée en débandade par la cavalerie hessoise du prince de Holstein, qui tomba sur elles à l’improviste. Leur général « Beaupréau fut blessé de plusieurs coups de sabre, le brigadier Monty de deux coups de feu, et elles se replièrent sur les brigades d'Auvergne et d’Anhalt que M. le maréchal placa à la hâte dans les haies en arrière de la bruyère. » Profitant de cet avantage, les confédérés installèrent auprès de Maulbergen une batterie qui tira avec beaucoup d'activité.

L'échec de la division Beaupréau fut dû, parait-il, à une erreur de son chef. Ce dernier, soucieux de se maintenir en ligne avec Nicolaï, qui de son côté cherchait à se rapprocher de Broglie, « ordonna de rompre par quart de rang ». La manœuvre fut exécutée si près de la cavalerie ennemie que celle-ci pénétra dans les intervalles de nos bataillons avant qu'ils fussent remis en bataille. Cette surprise semble les avoir privés de tous moyens de défense, aussi furent-ils sabrés à l'exception de 2 bataillons de la gauche que la brigade de cavalerie de droite (Mestre de Camp) dégagea par un mouvement en avant. Le seul régiment de Touraine perdit, dans cette malheureuse affaire, en tués et pris, #5 officiers et 86% sous-officiers et soldats sur un effectif de 1.230.

La défaite de Beaupréau eut pour corollaire le recul de la

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DÉFAITE DE MAUGIRON ET DES SAXONS. 6i

division Nicolaï et la capture des batteries francaises établies en face de Maulbergen. Ces dernières, vainement attaquées à plusieurs reprises par l'infanterie du général Imhoff, furent enfin enlevées grâce à une évolution habile des escadrons du prince de Holstein qui enfoncèrent les troupes de soutien. Dans ces rencontres, qui doivent avoir eu lieu entre Kutenhausen et Maulbergen et aux abords de ce hameau, figurèrent non seulement les 19 escadrons de Holstein, mais aussi les 18 de Wangenheim; les dragons de Holstein et deux régiments hanovriens, Hammerstein et du Corps, s’y distinguèrent et subirent des pertes sérieuses. Ce fut probablement dans la mêlée avec la brigade de Mestre de Camp que le colonel du régiment du Corps fut fait prisonnier. Sauf cette exception, la cavalerie francaise ne croisa pas le fer sur cette partie du champ de bataille.

Pendant que ces incidents se passaient au centre et à la droite de l’armée de Contades, à sa gauche l'offensive de Maugiron avait également échoué : ce général fut blessé de deux coups de feu. Ses deux brigades, repoussées par les Anglo-Hanovriens de Sporcken et de Scheele auxquels s'étaient joints quelques bataillons de la division Wutgenau, tombèrent sous les feux de la batterie du moulin de Hahlen et de celle que le colonel Braun venait d'amener sur les positions conquises, elles reculèrent en désordre et entrainèrent une partie du corps du comte de Lusace accouru à leur aide. Quelques bataillons saxons, ayant formé le carré, sans doute dans la crainte d'une charge de cavalerie, qui d’ailleurs ne se produisit pas, souffrirent beaucoup des boulets et de la mitraille que les canons ennemis firent pleuvoir sur leurs rangs serrés.

Il était à peine neuf heures, et Contades était complètement battu. Presque toute la cavalerie française, et deux divisions d'infanterie, celles de Beaupréau et Maugiron, étaient en pleine déroute: kes brigades de Nicolaï et la

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moitié des Saxons avaient été entamées. Les Anglais et Hanovriens qui constituaient la droite de l’armée confédérée gagnaient du terraïn; les batteries francaises si efficaces au début de l’action avaient été prises ou retirées de la zone de feu; l'artillerie du prince Ferdinand, dont la supériorité n’était plus contestée, accablait de ses projectiles les masses confuses des Français. Guerchy, dont les troupes étaient encore intactes, n'avait plus participé au combat depuis l’abandon du village d'Hahlen et se contentait d’échanger quelques coups de fusil avec les tirailleurs ennemis. Du côté de Todtenhausen, en dépit des pertes que lui infligeait le canon ennemi, supérieur en nombre et cn calibre, Broglie se maintenait erme. Seuls de ses troupes, les grenadiers de France envoyés au secours de Nicolaï avaient été sérieusement engagés. D'après le rapport du général, ces soldats d'élite se distinguèrent par leur fermeté; ils perdirent deux de leurs colonels tués et 300 hommes hors de combat.

Dans de pareilles conditions, il n’y avait d'autre parti à prendre que celui de la rentrée au camp; aussi Contades dut-il en donner le signal. Elle fut couverte par le corps de Broglie. « Toute la réserve, rapporte ce dernier, se retira sur deux lignes, protégeant la retraite de Picardie et de Belzunce ; les ennemis débouchèrent alors sur 6 cclonnes et montèrent le rideau d’où ils canonnèrent la réserve avec beaucoup de vivacité, et de très grosses pièces, jusque dans les haies de Minden; elle (la réserve) s'arrêta vingt fois depuis le champ de bataille jusque-là et ne borda la haie qu'après que toute l’armée eut repassé le ruisseau. Alors voyant que les troupes étaient inutiles dans cette position, et qu'elles allaient y être très maltraitées par la canonnade des enne’nis qui commencaient à leur y faire du mal, je les fis repasser par la ville et fis placer quelques pièces de gros canon sur un cavalier pour empèêcher les ennemis d’en approcher. On vint alors me cher-

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