PRÉFACE
L'accueil bienveillant fait par la critique francaise ct étrangère au volume que j'ai publié (1) sur le renversement des Alliances, m’encourage à poursuivre mon œuvre et à entreprendre le récit de la Guerre de Sept Ans dont les négociations déjà relatées ont été la préface. Sans doute, les ouvrages militaires sur la grande lutte européenne du milieu du dix-huitième siècle ne font pas défaut; nombreux sont les historiens allemands qui ont traité la question; il y a même quelque témérité à marcher sur les pas d’un écrivain aussi distingué que le re- 5 gretté Chevalier d’Arneth. Cependant, à tort ou à raison, il m'a semblé qu’il y avait une lacune à combler, qu'il ne serait peut-être pas inutile d'étudier les faits à un point de vue plus spécialement national, de retracer, d'après des sources étrangères à la Germanie, des événements qui ont eu un contre-coup si fâcheux sur les destinées de notre pays. Les archives de la Guerre, des Affaires Étrangères, pour ne citer que celles-là, sont si . riches qu’il est possible d’y glaner encore des matériaux précieux. Le Musée britannique, le Record Office de Londres, contiennent des documents peu connus parmi
(1) Louis XV et le Renversement des alliances. Firmin-Didot et Cr.
Paris, 1896.
il PRÉFACE.
lesquels figure au premier rang la correspondance inédite du duc de Newcastle. À Vienne, les dépèches de Kaunitz et de l’ambassadeur Stahremberg, dans lesquelles M. d'Arneth a si largement puisé, renferment encore des renseignements détaillés et parfois nouveaux sur la politique de la cour de Louis NV. Enfin les grandes batailles de Frédéric ont été l'objet, de la part de narrateurs locaux, d'ouvrages où se révèlent, à côté de l’enthousiasme patriotique, Pétude consciencieuse et la critique impartiale propres aux érudits allemands. Il nous a paru bon d'en faire profiter le chercheur français,
Le volume livré aujourd’hui à la publicité contient la relation des événements politiques et militaires de la premiére phase de la Guerre de Sept Ans, peut-être la plus attachante de toutes. Cette alternative de victoires et de défaites se succédant à quelques jours d'intervalle, qui marqua lannée 1757, a été rarement reproduite dans Phistoire; elle donne au récit un cachet dramatique qui en rehausse singulièrement l'intérêt.
Mes travaux n'auraient pu s’accomplir sans l’obligeance «les fonctionnaires qui dirigent les Archives de Paris, de Londres et de Vienne; aussi est-ce pour moi un devoir aussi bien qu'un plaisir d'adresser mes remerciements à MM. Deluns Montaud, Farges et Bertrand des Affaires Étrangères, au colonel Krebs, chef de la section historique au ministère de la guerre, à MM. Lesage et Marinier, ses collaborateurs, à M. Delisle, administrateur général de la Bibliothèque nationale, à ML. Marchal, conservateur des Imprimés, à M. Louis Favre,
bibliothécaire en chef du Sénat, et à ses auxiliaires