BATAILLE DE BRESLAU
et le maréchal Daun, leur aile droite, sous les ordres de Nadasdy, avait un rôle important à jouer. Le général hongrois s’acqu'tta très mollement de sa tâche; aussitôt la Loke franchie par le gros de son corps, il lança une avantgarde sur Kleinburg; ce village, défendu par un bataillon prussien, fut facilement enlevé. Mais les Autrichiens en furent chassés à leur tour par un retour offensif que dirigea le duc de Bevern en personne; dans leur retraite, ils furent chargés par une partie des escadrons de Ziethen, perdirent leurs canons, et vinrent se réfugier derrière les troupes de Nadasdy. Celui-ci se contenta de recueillir les fuyards, ne renouvela pas la lutte et resta inactif pendant le reste de la journée. Il est probable que le défaut de confiance dans ses soldats, composés pour un tiers des contingents bavarois et wurtembourgeois, et la crainte de les exposer à la cavalerie puissante qui lui était opposée, furent pour quelque chose dans cette attitude passive.
Au centre, l'attaque confiée au général Sprecher, et surveillée par le prince Charles et le maréchal Daun, eut un plein succès et décida du sort de la bataille. « Nous passämes tous la rivière, écrit un témoin (1), sur un pont au-dessus de Gros Mochbern, au son de tous les instruments militaires et d'une bonne grosse batterie qui était occupée à répondre à la furieuse canonnade de l'ennemi qui nous emportait bien du monde à ce passage, car il y pleuvait des boulets... Klein Mochbern fut bientot en feu, et on ne peut pas dire qu'il fit de ce côté-là une résistance bien forte; il était beau de nous voir former en ordre de bataille au sortir du pont sous le feu de la mousqueterie. »
Sur ce point, les Prussiens n'avaient pour garder leurs retranchements que les 4 bataillons de Schulz, tandis que grâce au coup d’œil du commandant autrichien, ou par