‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 114 sur 230 · RÉPARTITION DE L'ARMÉE AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DE L'ARMÉE AUTRICHIENNE

En Saxe, Montazet avait rallié le 7 juin le quartier général de Daun à Dresde; deux jours après, il faisait son rapport (1) à Choiseul; tout y est aussi tranquille qu'il l'avait imaginé ; la cavalerie est encore dans ses cantonnements : Daun a de #0 à 45.000 hommes avec lui ; O’Doune!l est à Zittau avec 15 à 20.000 ; Laudon en a 50.000 (2) pour le moins à opposer à l’armée du Roi qui, y compris le corps de Goltz, en compte à peu près autant; le prince Henri n’a pas un eifectif supérieur à 30 ou 35.000 combattants. L'’attaché français ne prévoit pas le début des hostilités avant le 15 ou 20 juillet

Revenons maintenant à la Silésie : A la veille du jour de son départ pour l'expédition vers Posen, Goltz était tombé gravement malade d’une fièvre qui l’emportait en 3 jours; de suite Zieten le remplacait et aussitôt connu, le changement du plan russe était porté par le Roi à la connaissance des intéressés.

En parcourant les dépèches échangées entre Frédéric et ses lieutenant:, on se rend compte que celui-ci avait été bien renseigné sur les fluctuations des projets de ses adversaires. Caramelli avait été chargé de proposer à l'état-major russe un plan d’après lequel le point de jonction des Russes avec Laudon serait fixé non plus dans la Haute-Silésie, mais à Crossen sur l'Oder; le général 0'Donnell avec 20.000 hommes irait à leur rencontre et se joindrait à eux pour une marche en commun sur Francfort et Berlin. Comme variante, il fut question d’une action indépendante de Butturlin, tandis qu’un corps de 20 à 25.000 Russes s’unirait aux Autrichiens de Laudon. Les idées défendues par Caramelli furent repoussées le 19 juin dans un conseil de guerre des généraux

(1) Montazet à Choiseul, Dresde, 9 juin 1761. Archives de la Guerre. (2) Au 1°" juin, son effectif était de 50 bataillons, 72 compagnies de grenadiers et 80 escadrons. Janko, London's Leben, Vienne, 1869.

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russes (1) qui revint au projet primitif de Butturlin de marcher sur Breslau. Un rescrit impérial {2) mit Laudon au courant des hésitations moscovites : « Vous vous rendez compte que tout le souci du commandement russe consiste à esquiver une bataille sérieuse... le général Caramelli recevra communication confidentielle de leurs projets. » La cour demandait à Laudon si avec un renfort de 15 à 20.000 hommes, il se trouverait en état de risquer une bataille avec le Roï, « étant bien entendu que ‘outes entreprises de guerre sont douteuses et que personne ne peut garantir leur issue ».

Laudon était entré en rapports directs avec Butturlin; il avait insisté pour la jonction des deux armées, avait engagé les Russes à se diriger sur Militsch, tandis que lui se posterait à portée de l'Oder; cette double opération amènerait probablement le Roi à quitter son camp de Kunzendorf, à rappeler Goltz à lui et à se mettre à cheval sur l’Oder dans les environs de Breslau. La jonction des deux armées alliées pourrait s'effectuer, selon les manœuvres du Roi, soit près de Breslau, soit près de Brieg et Schargast. Butturlin accepta en principe ces propositions, mais ne s’y conforma gucre. Dans une lettre à Kaunitz du 18 juillet, Laudon (3) se plaint amèrement de l’indécision du général russe qui annonce la marche de son armée le long de la frontière polonaise sur Wartemberg, entrainant par son allongement une perte de 6 à 8 jours, et qui pose à nouveau des questions déjà résolues; il est persuadé que l'état-major russe reçoit des instractions secrètes et qu'il n’y a rien à espérer de leur coopération. Au dire de l'adjudant du général Caramelli, le général en chef russe a reçu de sa souveraine l’ordre de se retrancher en toute occasion en même temps que le

(1) Schaefer, vol. IF, 2, p. 229.

(2) Cabinet Schreiben à Laudon, 19 juin 1761. Archives de Vienne. (3) Lettre citée par Janko, p. 237.

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INDÉCISION DE BUTTURLIN. 225 Le souhait de voir rentrer ses troupes intactes dans leur nn patrie. Butturlin est aussi irrésolu que son prédécesseur il n- Soltikoff ; il ne fait rien sans consulter ses lieutenants, se Panin et Czernitchew, dont le premier est très opposé | val à la cause de l'alliance. La plupart des Russes vou- || 1rs | draient que le passage de l’Oder fût précédé d’une CR n- bataille entre les Autrichiens et le Roi et en cas de | de défaite des premiers, ils se retireraient le plus vite pos- A du sible derrière la Vistule. hr

| ; . : 1 que La marche de Butturlin sur Breslau paraît avoir tranché à définitivement le choix du général quicommanderait l’ar-

in: mée autrichienne de la Silésie. Le décret impérial (1) tout | vait en exprimant les regrets de l’Impératrice de ne pas profi- À que ter de l'expérience de Daun, considérait qu'après la con- (

duite extraordinaire de l'état-major russe, elle ne pouvait infliger au feld-maréchal le fardeau du commandement en Silésie, d’ailleurs le bien du service imposait son 1 maintien en Saxe et dans ces conditions rien ne serait il

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